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A la découverte du Jules, embarcation d’instruction à l’hélitreuillage

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Bien que livré depuis bientôt deux ans, c’est un bâtiment encore assez méconnu, même au sein de la Marine nationale. Dépendant de la force d’aéronautique navale et rattaché à la base de Lanvéoc-Poulmic, sur la presqu’île de Crozon (Finistère), le Jules est désigné comme embarcation d’instruction à l’hélitreuillage (EIH).

Ayant succédé à deux vieilles chaloupes trentenaires de l’Ecole Navale, il assure la formation et l’entrainement des pilotes d’hélicoptères, plongeurs et personnel naviguant au travers des missions du Centre d’Entraînement à la Survie et au Sauvetage de l’Aéronautique Navale (CESSAN) et de l’Ecole de Spécialisation sur Hélicoptères Embarqués (ESHE/22S).

Plus précisément, l’EIH sert au soutien des stages de survie du CESSAN, à la formation au treuillage des équipages d’hélicoptères de l’ESHE, à la formation et l’entrainement des plongeurs d’hélicoptères, ainsi qu’au soutien et à l’entrainement de l’ensemble des plongeurs de la base d’aéronautique navale de Lanvéoc-Poulmic (plateforme de mise à l’eau et de récupération, surveillance du plan d’eau…)

 

L'EIH avec un hélicoptère Caïman Marine (© : MARINE NATIONALE)

L'EIH avec un hélicoptère Caïman Marine (© : MARINE NATIONALE)

 

Conçu par Bureau Mauric et réalisé par Gléhen

Conçu par les architectes de Bureau Mauric et réalisé par le chantier Gléhen de Douarnenez, le Jules a été commandé par la Direction Générale de l’Armement le 2 février 2015, sa construction débutant dès le mois de juillet. Mis à l’eau le 17 mai 2016, il a été livré le 9 novembre de la même année et officiellement admis au service actif en janvier 2017.

Intégralement réalisée en aluminium, ce qui limite la maintenance de sa coque et permet de disposer d’un bateau plus léger (et explique aussi l'allure de sa coque, qui n'est pas peinte), l’EIH mesure 23.2 mètres de long pour 5.9 mètres de large, son déplacement à pleine charge atteignant 55 tonnes (43 tonnes lège). Elle est mise en œuvre par deux à trois marins de l’Ecole Navale et peut accueillir jusqu’à 27 personnels (25 stagiaires avec 2 membres d’équipage).

Très manoeuvrant, le bateau compte deux moteurs Volvo Penta D13 MH de 550 cv chacun et deux lignes d’arbres avec hélices à pas fixe. Sa vitesse de pointe est supérieure à 15 nœuds.

 

 

Le Jules est doté de deux zones d’hélitreuillage, l’une à l’avant et l’autre à l’arrière, ainsi qu’une plateforme plongeurs à la poupe avec quatre échelles perroquet, permettant aux marins de s’entrainer et se former à l’emploi d’une zone d’hélitreuillage, à la tenue au souffle, à la visibilité en passerelle ou encore à la mise à l’eau et la récupération de personnel. 

La superstructure compte une zone semi-abritée de 10 places et un local humide chauffé pouvant accueillir 15 plongeurs ou stagiaires du CESSAN sortant de l’eau. S’y ajoute une petite salle de réunion (6 places).

 

 

La passerelle du Jules (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La passerelle du Jules (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Surélevée, la passerelle, très haute par rapport à la taille du bateau, offre une vision à 360 degrés, des fenêtres de toit permettant de suivre les évolutions des hélicoptères lors des phases de treuillage. Les équipements électroniques de l’EIH son classiques : radar de navigation, sondeur, centrale GPS avec cartographie numérique et systèmes de communication VHF et UHF.

 

Le Jules en rade de Brest (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Jules en rade de Brest (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Jules en rade de Brest (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Jules en rade de Brest (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Nommé en hommage à l'un des pionniers de l'emploi des hélicoptères dans la marine 

Le Jules est le cinquième bâtiment de la flotte française à porter ce nom. Le premier fut un vaisseau (1647-1662), l'ex-Julius, offert par la reine Christine de Suède au cardinal Mazarin en 1648. Pris par les Anglais le 13 octobre 1650, il servira dans la Royal Navy en tant qu'Old Success. Un autre vaisseau français portera ce nom. Datant de 1661, il fut rebaptisé Indien 10 ans plus tard et fit naufrage en 1673. Le troisième Jules fut un navire corsaire datant de 1808. Il fallut ensuite attendre 1915 pour que ce nom soit réattribué à une unité de la Marine nationale, en l'occurence un chalutier réquisitionné en 1915 et transformé en patrouilleur auxiliaire. Il disparut le 23 juin 1917 après avoir sauté sur une mine. 

Le nouveau Jules doit quant à lui son nom à sa mission, en lien direct avec les hélicoptères. « L’essor de l’emploi opérationnel des hélicoptères par les forces armées a eu lieu pendant la guerre d’Algérie, en particulier pour la souplesse offerte dans le transport tactique, l’évacuation sanitaire et le ravitaillement. Cet emploi opérationnel dans la marine est le fruit de quelques pionniers, dont le capitaine de corvette Barbot, qui s’est illustré sous le nom de code "Jules" et a établi les premières doctrines d’emploi tactique des hélicoptères », explique la Marine nationale. 

Le CESSAN

L’EIH est donc notamment employée au profit du CESSAN, implanté sur la base d’aéronautique navale de lanvéoc-Poulmic. Créée le 12 janvier 1981 sur la BAN de Saint-Raphaël, dans le Var, cette unité a été transférée en Bretagne le 3 mai 1995. Rénové en 2012 puis en 2015, le centre est présenté par la marine comme l’un des mieux équipés au monde. Mis en œuvre par 15 personnes, dont 7 plongeurs assurant l’instruction, le CESSAN dispose d’un bassin couvert de 1500 m3 (6 mètres au plus profond) équipé de 5 simulateurs, dont une cabine immergeable appelée « la Gloutte », un poste d’entrainement au treuillage par hélicoptère et pour plus de réalisme de systèmes reproduisant l’environnement extérieur dans différentes conditions (son, lumières, vent, pluie…) S’y ajoutent des embarcations, dont le Jules.

 

Sujet réalisé en 2015 par la marine suite à la rénovation du CESSAN (© : MARINE NATIONALE)

 

Le CESSAN a pour missions de vérifier l’aptitude initiale (et le contrôle périodique du maintien de cette aptitude) à la survie en mer du personnel navigant de l’aéronautique navale, mais aussi des armées de l’Air et de Terre, d’autres personnels étatiques et ceux de forces étrangères. Le centre est aussi en charge de l’instruction à l’utilisation des équipements de sauvetage des équipages d’aéronefs.

 

Marine nationale