Croisières et Voyages
A la découverte du paquebot Carnival Freedom

Reportage

A la découverte du paquebot Carnival Freedom

Croisières et Voyages

Nous vous emmenons aujourd'hui à la découverte du dernier géant de la croisière entré en service. Construit par les chantiers italiens Fincantieri de Marghera, nous avons pu découvrir le Carnival Freedom lors de ses premiers jours d'activité commerciale. Baptisé le 4 mars, à Venise, par la compagnie américaine Carnival Cruise Lines, le paquebot a débuté une saison de croisières en Méditerranée et dans les îles grecques. Aboutissement de 36 années d'expérience sur le marché de la croisière, la cinquième unité de la classe Conquest est un navire impressionnant.

Avec ses 290 mètres de long pour une jauge de 110.000 tonneaux, le Freedom est doté de 1.483 cabines, dont 60% avec vue sur la mer. Relativement sobres au regard de la décoration réputée osée des unités de Carnival, les cabines sont très fonctionnelles. Plutôt bien finies, elles sont servies par un personnel très souriant et serviable, l'accueil étant un aspect sur lequel les compagnies sont particulièrement sensibles. Véritable ville flottante, le paquebot peut accueillir 2974 passagers et 1170 membres d'équipage. Premier enseignement du court séjour à bord, le personnel est très européen pour un navire américain ! Dès l'embarquement, Laura, une jeune Française, répond aux questions à la réception. Deuxième surprise, Roman, son collègue moldave, parle également notre langue. De manière générale, le passager habitué à évoluer au milieu d'un personnel originaire en grand nombre d'Asie du sud-est sera surpris. Sur le Freedom, les équipes affectées aux restaurants, aux bars, et aux distractions sont en grande partie occidentale. Les tâches plus ingrates, comme le lessivage des ponts, ne sont par ailleurs pas réservées au Philippins, comme on pourra le constater en voyant travailler ici un Ukrainien et là un Polonais. Qu'ils soient français, britanniques, sri-lankais ou estoniens, à grade égal, tous reçoivent le même salaire, tient d'ailleurs à préciser la compagnie. L'Europe de l'Est est très présente, de la Tchécoslovaquie à la Lituanie en passant par la Pologne. Cette tendance semble devoir trouver ses origines dans les difficultés de recrutement face à l'explosion du marché de la croisière et du nombre de paquebots, toujours plus nombreux à sillonner les mers... Pour les passagers européens, cette situation permet de dialoguer peut être plus facilement avec de nombreux serveurs, hôtesses ou stewards originaires du continent.

De la période disco à la Babylone antique : Une décoration à la Joe Farcus

Comme tous les paquebots de la flotte Carnival, le Freedom a hérité d'une décoration imaginée par Joe Farcus, l'architecte de la compagnie. Depuis 1972 et le tout premier navire de la compagnie, le TSS Mardi Gras, cet homme jovial, qui ne manque pas d'humour, s'amuse à créer la surprise en s'attaquant au mélange des genres. Avant que les navires ne se dévoilent, la lecture du descriptif de la décoration des espaces intérieurs laisse souvent dubitatif, pour ne pas dire inquiet, sur le résultat final. Ce fut notamment le cas pour le Carnival Freedom, placé sous le thème des « décennies à travers les siècles » et présenté comme une machine à remonter le temps. Au fil des salons, coursives, salles de spectacles, restaurants et autre casino, le passager est propulsé de l'ancienne Babylone à l'apogée de la période Disco, en passant par le style victorien du 19ème siècle, la cour de Louis XIV ou l'atmosphère contemporaine des années 90. « J'ai pensé qu'il serait intéressant de faire un retour en arrière pour trouver l'inspiration de la décoration des espaces publics », explique Joe Farcus, très fier de l'atrium, le vaste hall d'accueil s'étalant sur plusieurs ponts. Moquettes et motifs muraux rappelant les années 70, vastes balcons d'aspect cuivré entourant un puit de lumière, lampes marines... Plus que la décennie 2010 recherchée, on aurait presque l'impression de se trouver dans le Nautilus du Capitaine Némo. Le Millennium Atrium est un espace d'autant plus impressionnant que l'éclairage ne cesse de changer, passant du vert au bleu puis du violet au rouge. « L'Atrium est un endroit très dangereux à réaliser. J'ai utilisé différents matériaux, différentes peintures et les différentes formes font qu'avec la lumière, l'impression n'est jamais la même suivant l'endroit et le moment où l'on regarde », note l'architecte. Ce jeu de l'éclairage est également repris dans les vastes coursives du pont 5 et dans certains restaurants, comme le Posh, vaste et élégante salle de restaurant située sur l'arrière. « Là aussi, le changement de couleurs donne un esprit différent ».

Louis XIV vous accueille

Formes arrondies avec motifs anguleux, style ancien sur matières modernes, à bien y regarder, Joe Farcus réussi le tour de force de mêler harmonieusement des éléments qui ne sont, à l'origine, pas vraiment faits pour se marier. L'homme a par ailleurs le souci du détail et, jusque dans les coins des ascenseurs, la décoration mérite le coup d'oeil. Si le passager peut se sentir ébloui, dans un premier temps, par la profusion des formes, styles et couleurs, l'esprit s'habitue en fait rapidement à cet ensemble hétéroclite. Certains espaces prennent, de plus, toute leur mesure à la nuit tombée. Ainsi, la décoration du Scott, le piano bar, très « plastique », n'est guère marquante en pleine journée et serait même quelque peu décevante. Il en va tout autrement à la nuit tombée, lorsque ces mêmes plastiques se tintent de bleu sur une peinture rouge, que le pianiste tourne sur lui-même avec son instrument, environné de fêtards réclamant tel ou tel morceau, qu'il entonne avec un grand sourire de crooner , suivi immédiatement par le public massé autour de lui. L'ambiance est assurée. De même, le Sun King Supper Club, restaurant dédié à la cour du roi soleil, peut paraître un peu clinquant en journée, avec ses multiples moulures, dorures, moquettes, tableaux... et sa statue de Louis XIV trônant à l'entrée. Une fois la salle remplie et le jeu des lumières faisant effet, ce lieu est emprunt d'une certaine magie, la qualité du service étant par ailleurs excellente. Pièces de viande en provenance d'Argentine, queue de homard, velouté de foie gras, les mets, raffinés, sont accompagnés d'une très belle cave internationale et notamment française. Le repas et la soirée valent le détour, bien que le Sun King Supper Club soit seul restaurant du bord nécessitant un supplément, à savoir 30 dollars (environ 20 euros).

Du Hamburger à la langouste, le paquebot compte six restaurants

Comme c'est la coutume en croisière, les formules de restauration sont aussi diverses que variées. En dehors de l'univers versaillais du Sun King Supper Club, les deux restaurants principaux, respectivement nommés « Chic » et « Posh » (snob en français), peuvent accueillir 744 et 1122 convives sur deux niveaux. Dédiés aux années 90, ils sont recouverts de marbre poli et de bois vernis, l'ambiance lumineuse évoluant, comme nous l'avons vu, en permanence. La nourriture y est classique, avec la possibilité de manger « vert » grâce au menu du Spa. Bien qu'allégé en glucides et lipides, ce menu ne procure d'ailleurs pas de sensation de faim après le repas. L'autre grand restaurant du bord, le Freedom, a plus l'allure d'une vaste brasserie de 1396 couverts, présidée par une étonnante statue de la Liberté bleue. Un buffet y est proposé, notamment pour les petits déjeuners. Le matin, brownies, muffins et marmelade y côtoient plats chauds, fromage, charcuterie et fruits, sans oublier les croissants. On notera au passage que ces pâtisseries, bien qu'américaines, ont pour une fois la texture et le goût de véritables croissants français, chose relativement rare sur un paquebot, y compris quand il est présenté comme européen. Sur les ponts extérieurs, il est également possible de « déguster » un hamburger ou une pizza à toute heure. Enfin, on retiendra la présence d'un sushi bar pour les amateurs de cuisine japonaise, un mode de restauration très à la mode actuellement.

Un temple du divertissement

A cent mille lieues des clichés de « la Croisière s'amuse », dont les effets furent dévastateurs sur la clientèle française, les activités proposées sur les paquebots sont nombreuses, l'ennui ne devant jamais gagner le passager. Footing, bain de soleil dans un transat, lecture à la bibliothèque, relaxation dans l'une des quatre piscines ou des sept jacuzzis, partie de basket sur le terrain de sport en plein air sont des grands classiques. Les navires modernes sont également dotés de vastes centres de remise en forme. Le Spa du Freedom s'étale sur 1200 mètres carrés. Une grande salle de sport, avec baies vitrées donnant sur la mer, encadre une piscine intérieure, donnant accès aux salles de soins et de massages, le sauna et le hammam. Alors que sur le pont, à l'avant de la cheminée, un écran géant permet de suivre les grands évènements retransmis à la télévision, l'intérieur du paquebot est une invitation aux dégustations, au divertissement et bien sûr aux achats, avec une série de boutiques détaxées. En tout, le Freedom aligne 22 bars et salons. Aux côtés du Scott's piano bar et du Millennium bar, qui se déploie dans l'immense atrium, on retiendra notamment le Habana Bar. Ambiance cubaine pour ce salon très chaleureux, où les passagers peuvent fumer le cigare sur des sièges en osier ou des fauteuils en cuir. Le Bar nouveau, qui propose une importante carte des vins, offre un style New Art, typique de la fin du XIXème siècle. Beaucoup plus grand, l'International Lounge, de 425 places, peut également servir de centre de conférences. Dans une atmosphère toute autre, le Player's Bar est dédié à l'univers du sport des années 50. Les amoureux des machines à sous, du poker et autres black jack seront, quant à eux, comblés au Babylon Casino, énorme espace conçu en hommage à la célèbre cité antique, mosaïques, colonnes et statues d'antan encadrant les joueurs espérant faire sauter la banque. Pour la discothèque, très réussie, Joe Farcus a opté pour les années 70 et le disco, à base de boules à facettes et de téléviseurs aux angles arrondis, typique des télévisions de l'époque. Une croisière, c'est également des spectacles et un grand théâtre situé à l'avant du navire. D'une capacité de 1400 personnes, le Victorian Show Lounge propose chaque soir des spectacles musicaux variés, avec orchestre et danseurs professionnels. Enfin, les jeunes passagers, très nombreux pendant les traversées, ne sont pas oubliés. En plus du club enfant et de la traditionnelle salle de jeux vidéos, le Freedom dispose d'un salon spécialement dédié aux adolescents. Le club O2, très abouti point de vue décoration, est un véritable lounge, avec ses banquettes, sa piste de danse, ses lampes à bulles et son bar, sans alcool bien évidemment.

Cap sur la Méditerranée

Bien que première compagnie mondiale, juste devant RCCL, Carnival Cruise Line reste peu connue en Europe, l'armement opérant principalement dans les Caraïbes pour sa clientèle américaine. L'an passé, Carnival a néanmoins profité de la livraison du Liberty pour déployer un premier navire en Méditerranée, la clientèle étant de plus en plus friande de « belles escales » et de lieux hautement culturels. Devant le succès rencontré, le groupe a décidé de récidiver avec le Freedom, d'avril à octobre 2007. Le navire assure d'abord des traversées de 12 nuits en Méditerranée et dans les îles grecques et escalera à Naples, Rhodes, Izmir, Istanbul, Le Pirée, Katakolon, Livourne, ainsi qu'une nuit complète à Civitavecchia, permettant de découvrir Rome. Les prochaines dates de départs sont prévues les 7 et 19 avril, 18 juin, 5 août et 22 septembre. Ces croisières permettent, entre autres, de découvrir l'Acropole d'Athènes, le Temple de Poséidon, les anciennes cités grecques d'Olympie, Didyme et Miletus, le détroit des Dardanelles et les innombrables monuments de la capitale italienne. Le Carnival Freedom effectuera, également, des traversées de 12 nuits en Méditerranée occidentale, avec des escales à Naples, Dubrovnik, Venise, Messine, Barcelone, Cannes et Livourne. Les départs sont programmés les 1, 13 et 25 mai, 6 et 30 juin, 12 et 24 juillet, 17 et 28 août, 10 septembre et enfin les 4 et 16 octobre. Le paquebot traversera ensuite l'Atlantique pour débuter sa saison dans les Caraïbes, au départ de Miami.
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- Ecouter l'interview de Micky Arison, président de Carnival

- Voir la fiche technique du Carnival Freedom

- Les itinéraires et les tarifs du Freedom sur Echos du Large

 

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