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La DGA qualifie l’intégration du drone Camcopter S-100 sur le PHA Dixmude

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Attendus par la Marine nationale pour accroître ses capacités aériennes de surveillance, de détection et d’identification à partir d’un navire, les premiers drones tactiques capables de décoller et d'apponter sur un navire seront bientôt admis en service opérationnel. A cet effet, la Direction générale de l’armement (DGA) vient de qualifier l’intégration du drone Camcopter S-100, drone à décollage vertical de la gamme 200 kg, à bord du porte-hélicoptères amphibie (PHA) Dixmude. C’est la première fois en Europe qu’un drone à voilure tournante sera pleinement opérationnel et connecté au système de combat d’un navire de guerre.

L’intégration d’un drone sur un navire militaire déjà en service est une opération très complexe qui nécessite une connaissance très précise des deux systèmes et de leur interaction. Il est avant tout indispensable d’assurer la compatibilité électromagnétique entre le drone et les différents capteurs, radars et systèmes de communication du navire. Le domaine de décollage et d’appontage du drone sur le navire doit être aussi précisément établi.Ensuite, il est important que le drone soit connecté au système de combat du navire pour exploiter tout son potentiel en temps réel. Enfin, la mise en œuvre du drone à bord doit être prévue au travers de procédures et d’installations spécifiques.

Maître d'ouvrage de l’intégration matérielle du système à bord, la DGA a piloté toutes les étapes techniques, en étroite collaboration avec la Marine nationale et les industriels Naval Group et Schiebel, de la collecte des besoins opérationnels jusqu’aux essais de validation réalisés en conditions réelles. A cette fin, la DGA s’est appuyée sur ses experts techniques (architectes du navire et du système de combat du PHA, spécialistes de l’aviation embarquée et de la compatibilité électromagnétique) et ses capacités d’essais qui ont permis la réalisation de nombreuses analyses et opérations de contrôle minutieuses pour valider les choix techniques.

Après une phase de plus de deux ans d’expérimentation opérationnelle in situ, la modification du navire a été effectuée par Naval Group sous pilotage de la DGA à l’occasion de son arrêt technique du printemps 2019. Outre les indispensables câblages et antennes, un espace de travail pour les opérateurs du drone a été installé au central opérations (CO), avec une console de gestion de mission spécifiquement conçue pour exploiter en direct les informations recueillies par le drone et enrichir la situation tactique du navire. Une connexion a aussi été opérée avec le réseau vidéo du bord, pour diffuser les images du drone en zone de commandement de l’état-major embarqué. Ce dispositif permet de faciliter, par exemple, le suivi d’une opération amphibie.

L’intégration du drone a également été pensée pour faciliter sa mise en œuvre au quotidien. Quelques exemples : le PHA est désormais équipé d’un box pour abriter la maintenance et stocker le drone avec ses pièces de rechanges ; une zone dédiée sur le pont d’envol permet de le ravitailler rapidement en carburant et en toute sécurité vis-à-vis de l’activité aéronautique sur le navire ; un système de communication spécifique a été mis au point pour s’insérer dans les communications radio du bord dans le respect des contraintes aéronautiques.

Au-delà de la maîtrise d’ouvrage, la DGA assure également le rôle d’autorité technique (1) pour les aéronefs militaires d’Etat ainsi que pour les navires de la Marine. C’est cette vision transverse qui a permis à la DGA de relever le défi de l’intégration de ce drone à bord du PHA Dixmude, en garantissant l’absence d’impact de l’exploitation du drone sur les performances du navire et la sécurité à bord.

Grâce à ce savoir-faire unique en Europe, la Marine nationale dispose désormais d’une première capacité de drone tactique : le Camcopter S-100 pourra être mis en œuvre de jour comme de nuit, dans un rayon d’action de plusieurs dizaines de kilomètres.

(1) Le rôle d’autorité technique consiste à s’assurer que l’intégration et la mise en œuvre d’un tel système sur un navire ne remet pas en cause la sécurité des biens et des personnes.

Source : Direction Générale de l'Armement, 13/11/19