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La DGA voit un potentiel à l'export pour le Rafale Marine

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La DGA voit un potentiel à l'export pour le Rafale Marine

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En service dans l'aéronautique navale française, qui en a commandé 60 exemplaires, le Rafale Marine pourrait trouver des débouchés sur le marché international. C'est en tout cas ce que pense Laurent Collet-Billon. Auditionné le 5 octobre à l'Assemblée nationale, le directeur général de l'armement a rappelé que le Rafale Marine était « le seul avion naval, avec le F-18 qui est aujourd'hui en fin de vie ». Plus récent que le Hornet américain, qui doit toutefois être remplacé par le Joint Strike Fighter (JSF), sans oublier les derniers modèles de Super Hornet toujours en cours de livraison à l'US Navy, l'avion français est, en effet, l'un des rares appareils modernes à avoir été conçu pour être embarqué sur porte-avions. En dehors bien sûr des appareils de conception russe (ou copiés), retenus par la Chine et l'Inde, mais qui ne sont pas catapultables (ils appontent au moyen de brins d'arrêt comme les avions catapultés mais sont lancés grâce à un tremplin). L'Inde, qui a pour le moment prévu de doter ses nouveaux porte-avions Vikramaditya et Vikrant avec des MiG-29K, pourrait à terme s'orienter vers des porte-avions à catapultes. Quant au Brésil, qui a racheté en 2000 l'ex-Foch, datant de 1963, ce pays envisage de se doter, à l'avenir, d'un ou deux nouveaux porte-avions. « Il ne faut négliger aucune piste d'exportation, même si c'est à long terme. Je suis par exemple persuadé que l'Inde et le Brésil se doteront de capacités aéronavales (à catapultes, ndlr). Nous serons alors les seuls, avec les Américains, à proposer un avion navalisé », affirme Laurent Collet-Billon, qui rappelle que l'Eurofighter, par exemple, n'est pas navalisable.
Pour le Rafale Marine, le DGA perçoit même une opportunité éventuelle de l'autre côté de la Manche. Car les Britanniques, confrontés à d'importantes difficultés budgétaires, ont été contraints d'abandonner l'avion à décollage court et appontage vertical F-35B, ainsi que l'un de leurs deux nouveaux porte-avions. Seul le second bâtiment, livrable en 2020, sera conservé par la Royal Navy, en étant modifié pour la mise en oeuvre d'avions catapultés. Pour l'heure, c'est le F-35C américain qui doit être acquis mais, à Paris, on ne désespère pas de pouvoir, éventuellement, placer l'appareil de Dassault. Pour cela les Français misent sur les retards et surcoûts du JSF, ainsi que sur le rapprochement souhaité par Londres et Paris en matière de défense, et notamment de groupes aéronavals. « Si le programme JSF naval tournait court, il pourrait arriver que nos partenaires britanniques soient amenés à se rapprocher de nos industriels », estime ainsi le DGA.
En attendant, c'est toutefois le Rafale Air qui présente les meilleures chances de commandes à l'export sur le court terme. L'appareil est notamment proposé au Brésil, à l'Inde, aux Emirats Arabes Unis et à la Suisse. « Les discussions avec certains pays sont actives : les Suisses ont relancé une procédure énergique à l'initiative du parlement ; en Inde, nous sommes en compétition directe avec l'Eurofighter ».

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