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La dissuasion nucléaire française doit-elle craindre les conteneurs immergés ?

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La dissuasion nucléaire française doit-elle craindre les conteneurs immergés ?

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Vendredi dernier, la Marine nationale annonçait que le sous-marin nucléaire lanceur d'engins (SNLE) Le Triomphant avait été victime d'une collision au large de Brest, alors qu'il naviguait en plongée. L'accident, qui s'est produit alors que le bâtiment rentrait de patrouille, a semble-t-il été provoqué par un conteneur en train de couler. Le SNLE transitait en effet dans une zone où un certain nombre de boites sont tombées de porte-conteneurs, malmenés par les mauvaises conditions météorologiques. Dôme sonar endommagé, Le Triomphant est rentré par ses propres moyens à l'Ile Longue, sans que la marine ait à déplorer de graves avaries ou des blessés dans l'équipage. Cette mésaventure pose néanmoins deux questions : Que se serait-il passé si la collision était intervenue non pas au retour de patrouille du SNLE, mais à son départ en mission ? La Force Océanique Stratégique (FOST) aurait-elle été en mesure de déployer un autre SNLE pour succéder au bâtiment avarié et, par conséquent, assurer la permanence de la dissuasion nucléaire ? « Il y a toujours deux sous-marins capables d'assurer cette mission. Il y en a au minimum un en permanence à la mer et un autre en entretien courant, à quai ou en entrainement, permettant de parer à tout aléa dans des délais compatibles avec un éventuel problème », explique un marin. Avant même qu'un SNLE soit rentré, un autre a déjà appareillé pour assurer sa relève, assurant la continuité du dispositif.

Premier pépin du genre en 400 patrouilles

Ainsi, depuis 1971, date de mise en service du Redoutable (ou plutôt en 1973/1974 avec l'entrée en flotte des Foudroyant et Indomptable), la permanence est assurée. On notera d'ailleurs qu'en 35 ans et quelques 400 patrouilles réalisées, c'est la première fois qu'un tel scénario se produit. Mais, si une collision avec un conteneur devrait demeurer rarissime, la démultiplication du transport maritime conteneurisé et les pertes fréquentes de boites au large de la Bretagne incitent à la vigilance.
Actuellement, la FOST ne dispose plus que de trois SNLE en service depuis le désarmement de l'Inflexible début 2008. Toutefois, ces trois sous-marins ne connaîtront pas, en 2009 et 2010, de longues périodes d'indisponibilité. Alors que le Vigilant est opérationnel depuis 2004, le Triomphant est, en effet, sorti de grand carénage en 2005 et le Téméraire en 2007 (ces Indisponibilités Périodiques pour Entretien et Réparations - IPER - interviennent tous les sept ans). Fin 2010, le quatrième SNLE de nouvelle génération, actuellement en essais, sera pour sa part livré par DCNS. Dès lors, la marine pourra entreprendre la refonte des trois premiers bâtiments de la série, tout en continuant d'aligner, en permanence, deux SNLE en mer ou pouvant y être déployé rapidement.
Pour mémoire, les Triomphant mesurent 138 mètres de long pour un déplacement de 14.000 tonnes en plongée. Ils sont dotés, chacun, de 16 missiles balistiques M45 (puis M51 à partir du Terrible) pouvant embarquer six têtes nucléaires, soit l'équivalent de 1000 fois Hiroshima.

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