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La drague Hondarra est arrivée à Bayonne

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La drague Hondarra est arrivée à Bayonne

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La nouvelle drague du port de Bayonne a finalement rejoint le Pays Basque mardi soir. En provenance de Bilbao, l’Hondarra, réalisée par le chantier espagnol de Murueta, reste propriété de son constructeur jusqu’à sa livraison définitive après ses essais et l’obtention des autorisations administratives. Le passage au pavillon français interviendra à l’issue.

Dimensionnée pour les infrastructures portuaires

Commandée en janvier 2014 par la Chambre de Commerce et d’Industrie de Bayonne Pays Basque, gestionnaire du port, l’Hondarra, dont le nom signifie « sable » en Basque, mesure 62.3 mètres long pour une largeur de 12.8 mètres et un tirant d’eau de 4.2 mètres. Un gabarit spécialement adapté pour permettre au navire d’utiliser les infrastructures portuaires, notamment la forme de radoub où seront réalisés ses arrêts techniques. Située sur la zone de Blancpignon, à Anglet, cette cale sèche mesure 94 mètres de long, avec une entrée permettant le passage de navires de 15 mètres de large et 4.3 mètres maximum de tirant d’eau. 

Un navire à benne et à élinde

Pour répondre aux besoins en dragages d’entretien du port de Bayonne, ce navire mixte mettra en œuvre deux techniques pour aspirer ou extraire les sédiments. Il utilisera une élinde trainante à l’embouchure (fosse de garde/chenal) et dans le chenal intérieur jusqu’au pont Grenet, y compris la zone d’évitage et la zone d’approche de Saint Bernard. Le dragage des souilles des différents quais du port se fera, quant à lui, au moyen d’une benne.

Un outil crucial à demeure

L’Hondarra permet au port de Bayonne de disposer enfin de son propre outil de dragage. Jusqu’ici, l’entretien des accès maritimes et souilles était en effet réalisé avec des moyens extérieurs, qui venaient effectuer des campagnes deux fois par an. Une solution peu flexible excluant les imprévus et donc, parfois, certaines opportunités d’accueillir des trafics ponctuels, sans oublier que la météo peut perturber le planning prévu pour les opérations. Disposer d’une drague à demeure permettra donc au port de gérer au mieux son accessibilité aux navires, qui pourront être accueillis toute l’année sur l’ensemble de la zone portuaire. De cette manière, la CCI entend accroître la compétitivité du port et favoriser le développement du trafic.  Dans le cadre du Plan de développement stratégique du port de Bayonne, l’Hondarra constitue, d’ailleurs, un élément clé de l’amélioration des accès maritimes en vue d’accueillir des bateaux de 20.000 tonnes.

Un investissement de près de 14 millions d’euros

Si l’investissement est conséquent, soit 13.8 millions d’euros (11.3 millions financés par la CCI au moyen d’un emprunt sur 20 ans et 2.5 millions d’euros provenant du Conseil régional d’Aquitaine), on notera qu’il sera partiellement compensé par l’économie réalisée suite à l’arrêt des campagnes confiées à des prestataires privés (2 millions d’euros chaque année). L’arrivée de la nouvelle drague, destinée à opérer 200 jours par an, va également générer la création de 10 emplois directs pour l’équipage, auxquels il convient d’ajouter les opérations de maintenance sur site, qui seront assurées par des entreprises locales.

Maintien du trait de côte grâce aux clapages

La mise en service de l'Hondarra doit, par ailleurs, contribuer à limiter l’érosion du littoral d’Anglet. Naturellement soumis à un déficit sédimentaire, celui-ci subit en effet un recul préoccupant du trait de côte. Cela, malgré la reprise en septembre 2010 des clapages, c'est-à-dire le dépôt du sable dragué, devant les plages. En augmentant le rythme des dragages, et donc des apports devant Anglet, les acteurs locaux espèrent endiguer le recul du trait de côte. L’Hondarra devrait, ainsi, acheminer 400.000 m3 de sable par an afin de ré-engraisser les plages d’Anglet. A cet effet, la drague est adaptée au clapage côtier : d’une grande maniabilité, sa taille lui permettra d’aller au plus près des plages pour y déposer le sable récupéré à l’embouchure de l’Adour.

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