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La FAO pointe les effets nuisibles de la pandémie sur la pêche

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La FAO pointe les effets nuisibles de la pandémie sur la pêche

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Demande en baisse, conditions de travail difficiles, problèmes pour constituer les équipages ou simplement pour leur fournir les équipements de protection nécessaire… L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a publié un brief analysant notamment comment le Covid-19 affecte les systèmes alimentaires de la pêche dans le monde.

Moins d’activité

La FAO relève la réduction de l’activité, voire parfois son arrêt, en raison d’une baisse de la demande ou des prix. Ce phénomène est perceptible en Europe, mais aussi en Afrique ou en Asie pour des raisons variées. Les flottes reposant sur l’export (comme le Royaume-Uni et l’Irlande, par exemple) sont particulièrement sensibles. Autres difficultés : les mesures sanitaires ou la possibilité de se fournir. Par ailleurs, certaines flottes ayant recours à une main d’œuvre étrangère peinent aussi à constituer leurs équipages. Enfin, elle pointe les obstacles pour se fournir en équipement de protection sanitaire pour les équipages.

En conséquence, la FAO appelle à désigner les pêcheurs comme des « travailleurs essentiels » permettant d’alimenter la nation. L’organisation propose de donner des visas pour la main d’œuvre étrangère, temporaire ou saisonnière. Elle recommande aussi que les gouvernements aient recours aux produits de la mer dans le cadre institutionnel (prisons, hôpitaux…) ou les programmes d’assistance alimentaire. Elle préconise encore de donner des compensations aux armateurs et équipages empêchés de travailler, que les périodes d’autorisation de pêche soient étendues pour couvrir les pertes économiques et d’établir un prix plancher sur certaines espèces importantes lorsque cela est possible.

Moins de demande

Le document souligne que le secteur est affecté par une baisse de la demande obligeant à s’adapter. Restaurants, université, hôtels, écoles, cantines ont fermé, laissant les grossistes sans débouchés. Des achats de poisson conditionné ou surgelé ont pu connaître augmenter lors de la constitution de stocks par la population. Mais la matière-première risque de venir à manquer en raison de problèmes logistiques, alors que les pays ferment leurs frontières, compliquant le transit des marchandises et le coût du transport. Le poisson risque de devoir être conservé plus longtemps, menaçant, le cas échéant, d’être perdu.

En conséquence, la FAO appelle à maintenir le commerce aussi libre que possible, à assurer l’accès la chaîne d’approvisionnement, ou encore à traiter le poisson invendu.

De dures conditions de travail

Pour les pêcheurs, la crise du Covid-19 complique aussi le travail. Sur les navires industriels, en mer plusieurs semaines, se posent des problèmes de relèves d’équipage. En conséquence, certains travaillent plus longtemps ce qui augmente la fatigue, le stress et le risque d’accidents. Sans compter que ces navires peuvent eux aussi être confrontés à la maladie à bord alors qu’ils sont loin en mer.

La FAO note aussi que les communautés de pêcheurs sont amenées à voyager ou à accueillir de la main d’œuvre étrangère, ce qui les expose particulièrement. Elle relève encore que les restrictions de déplacement peuvent perturber des récoltes, les femmes qui vendent le poisson sont particulièrement exposées au risque d’infection, et le secteur étant largement informel à travers le monde, les pêcheurs n’ont que peu de protection sociale.

Pour protéger les plus vulnérables, elle propose notamment d’empêcher les navires n’ayant pas leurs équipages au complet d’appareiller ou encore d’accompagner les pêcheur ayant peu de protection sociale.

La gestion des pêcheries également impactée

Enfin, cette synthèse relève que l’épidémie a des conséquences sur la gestion des pêches. Si la baisse de l’activité peut aider certaines espèces à se reconstituer, les programmes scientifiques et de surveillance sont aussi affectés. La FAO, citant l’exemple de l’épidémie d’Ebola, en Afrique de l’Ouest, entre 2013 et 2016, pointe le risque de voir des activités illégales se développer alors que l’effort national est tourné vers la gestion de la pandémie et non la surveillance des pêches.
Face à cela, elle recommande de soutenir autant que possible la surveillance à distance tout en maintenant un niveau suffisant de contrôles des activités de pêche.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

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