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La fin des arsenaux…

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La fin des arsenaux…

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C’est la conséquence directe du changement de statut intervenue fin 2003 et de la décision d’ouvrir son capital il y a un peu moins d’un an. On ne parle plus que de « DCN ». Le terme arsenal, si cher à Colbert et qui a prévalu pendant trois siècles et demi pour la navale militaire est désormais prohibé. On parlera donc d’ « Etablissement » ou mieux, de « Business Unit » pour qualifier les différents sites (mieux vaut parler de « pôles ») du « concepteur de plateformes de combat intégrée ». L’entreprise ne souhaite d’ailleurs plus s’appeler Direction des Constructions Navales mais simplement DCN. Bref, une révolution lexicale qui accompagne le bouleversement connu depuis deux ans, des cales de construction aux bureaux d’études. Une mutation difficile ? Moins qu’on aurait pu l’imaginer si l’on écoute les cadres de l'entreprise. Il faut dire que l'âge moyen des salariés a considérablement baissé avec l'arrivée de nombreux jeunes à la faveur de recrutements d'ingénieurs et de techniciens. En parallèle, DCN a connu depuis 10 ans des milliers de départs en retraite anticipés dans la génération des ciquantenaires. Le changement de culture s’est donc opéré plus facilement et la direction, forte de cette situation, affiche son enthousiasme et d’excellents résultats. Après une belle année 2004, le chiffre d’affaire consolidé du premier semestre s’est établi à 1,5 milliard d’euros, en augmentation de 15% par rapport à la même période l’an passé. Ces chiffres sont d’autant plus importants que l’ancienne entreprise publique est en pourparlers avec Thales pour un rapprochement des deux groupes. Il sera temps ensuite de rêver à un EADS naval, à moins que le projet de Boeing européen ne prenne le dessus. Et puis, pour que l'essai soit tranformé, il faudra surtout "conquérir", comme le dit Jean-Marie Poimboeuf, les programmes FREMM et Barracuda.

Démolitions, ventes, séparations et changements de plaques

Restructurer les anciens arsenaux pour en faire une société compétitive et un acteur majeur de la défense européenne, c’était l’objectif de l’ouverture de capital. Pour y parvenir, les effectifs ont été compressés (non remplacement de nombreux départs en retraites) mais les embauches de salariés à « forte valeur ajoutée » continuent à un rythme soutenu. Ainsi, en 2004, DCN a connu 1200 départs et 800 recrutements (en majorité des ingénieurs) avec une part toujours plus importante des cadres (objectif : 30% en fin d’année contre 20% en 2003) par rapport aux ouvriers. La jeune garde, qui n’a pas connu l’époque des arsenaux, participe donc grandement au mouvement impulsé par Paris. Devenue entreprise de droit privée, le groupe, présent aux quatre coins de la France, est désormais assujetti à de lourdes taxes foncières. Un vaste programme de vente et de démolition a donc été entrepris. Ainsi, l’établissement de Ruelle, spécialisé dans les systèmes d’armes, verra la disparition de 400.000 m² de surface couverte, soit près d’un tiers de sa surface totale. Dans le Cotentin, le plan est encore plus radical : DCN se sépare de la moitié de l’ancien arsenal. Les plaques « Arsenal de la Marine » qui ornaient les portes d’entrée viennent d’être démontées à Cherbourg. Pendant ce temps, des tranchées se creusent au cœur du site. Il s’agit de séparer d’ici la fin de l’année les réseaux techniques (électricité, gaz, eau…) de DCN de ceux de la Marine nationale. Après les réseaux, la vraie coupure physique interviendra en 2006 avec la séparation des infrastructures et un accès pour chaque partie de l'ancien arsenal.