Croisières et Voyages
La flotte de MSC Cruises battra-t-elle un jour pavillon français ?

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La flotte de MSC Cruises battra-t-elle un jour pavillon français ?

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Historiquement immatriculés au Panama, les paquebots de MSC Cruises changent de pavillon. Le MSC Meraviglia, mis à l’eau en fin de semaine dernière au chantier STX France de Saint-Nazaire, sera le premier à naviguer sous registre européen. Pour l’heure, la compagnie a choisi Malte mais, alors que les relations continuent de se renforcer entre MSC et la France, la perspective de voir un jour les navires sortant de Saint-Nazaire arborer le pavillon tricolore n’est pas exclue. « Nous avons des discussions en ce sens. Il faudrait faire évoluer un certain nombre de choses pour que nous puissions passer au pavillon français », explique le président de la compagnie, Pierfrancesco Vago, qui précise que la décision de changer de registre en passant de Panama à Malte a été prise « pour des questions de transparence et du fait que l’Europe agit pour que les armateurs européens ramènent du tonnage ».

Les casinos autorisés

Sur la question du registre tricolore, certaines évolutions cruciales vont déjà intervenir. Ainsi, l’exploitation de casinos à bord des navires de croisière battant pavillon français a été inscrite dans l’article 12 de la nouvelle loi sur l’économie bleue. Concernant la composition des équipages, on se rappelle par exemple que le registre international français (RIF) imposait initialement 35% de personnel français (25% sans aide fiscale attribuée au titre de l’acquisition des navires) mais, pour se mettre en conformité avec les textes européens, il s’agit désormais de navigants originaires de pays membres de l’UE. Ce qui est compatible avec l’activité croisière compte tenu notamment du nombre croissant de membres d’équipage venant d’Europe de l’Est.

Un registre qui doit être compétitif

Pour le reste, le choix éventuel du pavillon français dépendra évidemment de sa par rapport aux autres registres européens, en particulier sur le plan fiscal. Or, la croisière étant une activité très spécifique, on peut imaginer la création d’un registre répondant à ses contraintes, à l’image de ce qui a été fait pour Ponant, dont les bateaux sont immatriculés à Wallis et Futuna avec des avantages permettant à l’armement marseillais de faire face à la concurrence des pavillons internationaux.

36.000 personnes à recruter sous 10 ans

Pour mémoire, MSC Cruises, filiale du groupe Mediterranean Shipping Company, basé à Genève, exploite actuellement une flotte de 12 paquebots, tous réalisés à Saint-Nazaire et mis en service entre 2001 et 2013. D’ici 2026, la compagnie prévoit d’en faire construire 11 autres (6 déjà commandés), dont 8 en France. Une croissance considérable qui va entrainer un développement tout aussi impressionnant de ses effectifs. Ainsi, MSC Cruises, qui compte aujourd’hui 1800 collaborateurs à terre (dans 20 pays) et 13.000 membres d’équipage (d’une soixantaine de nationalités) sur ses 12 navires, prévoit de recruter 36.000 collaborateurs dans les 10 prochaines années pour armer sa future flotte.

MSC Cruises