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La flotte fait de son mieux

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La flotte fait de son mieux

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Sollicitée sur toutes les mers du monde, la Marine «fait de son mieux et le mieux possible avec ce qu'elle a», estime un expert des flottes militaires. Même son de cloche, rue Royale. La Marine est sur la corde raide. État des lieux.
La Marine nationale est toujours une marine de premier rang. La seule en Europe à avoir un spectre complet : dissuasion, avec les sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE), les sous-marins nucléaires d'attaque (SNA) et la patrouille maritime, un groupe aéronaval articulé autour du porte-avions Charles de Gaulle, une capacité de projection amphibie, une force de guerre des mines, ainsi que des commandos. La rigueur budgétaire est passée partout. La France n'y échappe pas. Mais les Anglais souffrent plus encore. Les États-Unis caracolent largement en tête de toutes les flottes de combat. Les marines d'Asie, et notamment la Chine, continuent à monter en puissance. L'Europe descend toujours.

Frégates françaises  (© : MARINE NATIONALE)
Frégates françaises (© : MARINE NATIONALE)

Sollicitée partout

La marine britannique est plus forte que la France en tonnage mais ne l'est plus en capacités: tel est l'état des lieux brossé par Bernard Prézelin, auteur de Flottes de combat. «Pour la première fois depuis longtemps, la Marine nationale passe juste en dessous de la barre des 300.000 tonnes, à 295.000 tonnes», souligne l'expert. Sollicitée sur toutes les mers pour des missions de tous ordres, «globalement, elle fait de son mieux et le mieux possible avec ce qu'elle a», souligne Bernard Prézelin. «C'est sur les épaules de la France que repose l'opération Harmattan, l'intervention en Libye», ajoute-t-il. Au large de la Libye, le porte-avions n'est pas seul. Il y a toujours un SNA dans les parages, des frégates qui sont relevées régulièrement, un aviso, actuellement le Brestois Lieutenant de Vaisseau Le Hénaff. La Marne a relevé le pétrolier-ravitailleur Meuse. Le bâtiment de projection et de commandement Tonnerre, qui a embarqué des hélicoptères de l'armée de Terre (Tigre, Gazelle et Puma), est sur zone. C'est un tour de force d'aligner tous ces bâtiments et ces hommes. Les missions de la Force océanique stratégique (FOST) monopolisent quant à elles les Brestois.

SNLE et frégate anti-sous-marine  (© : MARINE NATIONALE)
SNLE et frégate anti-sous-marine (© : MARINE NATIONALE)

Rafale et Hawkeye sur le Charles de Gaulle (© : MARINE NATIONALE)
Rafale et Hawkeye sur le Charles de Gaulle (© : MARINE NATIONALE)

Il va falloir jongler

«Avec les moyens dont on dispose, on couvre 80% du besoin. Pour passer à 90%, il faudrait doubler le volume!», dit-on rue Royale. «On est dimensionné pour faire face à une activité moyenne constatée depuis une dizaine d'années». Mais, là, l'activité est loin d'être moyenne! Ainsi, le Chevalier Paul, belle frégate de défense aérienne qui devait aller à Saint-Pétersbourg, serait contrainte d'annuler et resterait en alerte. La Marine attend ses nouvelles frégates multo-missions, (2012 pour la première, la dernière en 2022) ainsi que son troisième BPC, le Dixmude. Les Barracuda vont remplacer les SNA actuel. L'ensemble de ces nouveaux programmes doit permettre de moderniser l'outil et de corriger les faiblesses : les frégates anti-sous-marines sont fatiguées. Ainsi, le Tourville va être retiré du service. En attendant les FREMM, il va falloir jongler. Ce qui va devenir urgent, c'est l'arrivée de nouveaux patrouilleurs hauturiers et pétroliers-ravitailleurs, ce qui ne se fera qu'après 2015.

Le groupe aéronaval  (© : MARINE NATIONALE)
Le groupe aéronaval (© : MARINE NATIONALE)

Surtout pas d'avaries

La flotte est aujourd'hui utilisée à son maximum. C'est clair: il ne faudrait pas qu'il y ait d'avaries. Chantiers civils ou DCNS: tout le monde est en quête de solutions originales pour pouvoir renouveler la flotte. Ainsi DCNS prête, à titre gratuit à la Marine, l'Adroit, patrouilleur construit à Lorient. En échange, la Marine se fera VRP de DCNS dans tous les ports du monde. Les marins n'ont plus d'états d'âme. Si cela permet de tirer les prix! La Marine n'hésite pas ainsi à externaliser, à faire appel au privé. Avant on ne comptait pas. La Marine avait un besoin, les arsenaux, puis la DCN, devenue DCNS, faisaient. La logique des coûts, personne ne connaissait. La Marine a appris à compter. Une révolution culturelle.

Catherine Magueur, Le Télégramme

La FREMM Aquitaine, actuellement en essais  (© : DCNS)
La FREMM Aquitaine, actuellement en essais (© : DCNS)

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