Science et Environnement
La Flotte Océanographique Française
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Issue d’un processus d’unification initié en 2006, la Flotte Océanographique Française (FOF) regroupe depuis deux ans les moyens auparavant gérés par l’Ifremer, le CNRS, l’Institut polaire français Paul-Émile Victor (IPEV) et l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD). Ce regroupement a pour objectif d’optimiser, mieux coordonner et développer les activités de cette Très Grande Infrastructure de Recherche (TGIR) dépendant du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.

La FOF est opérée depuis janvier 2018 par l’Ifremer, qui a créé en son sein une direction de la flotte en charge du pilotage des structures d’armement des navires, ainsi que de la programmation et du développement de cette flotte, des engins sous-marins et équipements. Elle rend compte à un Comité directeur et un Comité scientifique réunissant les principaux organismes utilisateurs.

 

Le Pourquoi Pas ? (© JEAN-CLAUDE BELLONNE

Le Pourquoi Pas ? (© JEAN-CLAUDE BELLONNE)

 

Depuis ce mois de janvier 2020, l’ensemble de la flotte est gérée et armée (hors Marion Dufresne propriété des TAAF) par Genavir, dont les unités qui étaient encore opérées l’an dernier par la division technique de l’INSU pour le compte du CNRS. Les moyens de l’IRD avaient déjà été transférés en 2019. La nouvelle structure regroupe 80 personnes au sein de l’Ifremer et s’appuie sur 380 marins et sédentaires chez Genavir.

La TGIR FOF compte quatre unités hauturières, deux semi-hauturières déployées outre-mer, cinq navires côtiers et sept navires de station. Du côté des hauturiers, il y a les navires océanographiques Marion Dufresne, Pourquoi Pas ?, L’Atalante et Thalassa ; pour les semi-hauturiers l’Atea et l’Alis ; pour les navires océanographiques côtiers L’Europe, le Côtes de la Manche, le Téthys II, le Thalia et l’Haliotis ; et enfin du côté des navires de station les Antédon II, Néréis II, Sépia II, Sagitta III, Neomysis, Planula IV et Albert Lucas.

 

Le Marion Dufresne (© IFREMER - OLIVIER QUEDEC

Le Marion Dufresne (© IFREMER - OLIVIER QUEDEC)

 

 

Le Côtes de la Manche (© MARC OTTINI

Le Côtes de la Manche (© MARC OTTINI)

 

 

S’y ajoutent de nombreux équipements scientifiques : le sous-marin habité Nautile, les robots télé-opérés Victor 6000 et Ariane, les drones sous-marins AsterX et IdefX des robots et drones, ainsi que tous les systèmes embarqués, à poste ou mobiles, nécessaires aux travaux océanographiques.

 

L'Antea mettant à l'eau le ROV Ariane (© IFREMER - OLIVIER DUGORNAY

L'Antea mettant à l'eau le ROV Ariane (© IFREMER - OLIVIER DUGORNAY)

Le Nautile (© IFREMER - OLIVIER DUGORNAY

Le Nautile (© IFREMER - OLIVIER DUGORNAY)

 

 

Centre de commande du Victor 6000 (© IFREMER - MICHEL GOUILLOU)

Centre de commande du Victor 6000 (© IFREMER - MICHEL GOUILLOU)

L'Atalante déployant le ROV Victor 6000 (© IFREMER - STEPHANE LESBATS

L'Atalante déployant le ROV Victor 6000 (© IFREMER - STEPHANE LESBATS)

 

Intervenant sur toutes les mers du globe, des zones côtières jusqu’à des profondeurs de 6000 mètres, la FOF conduit au profit d’une communauté de plus de 3000 scientifiques un ensemble de programmes de recherche, d’observation et d’expérimentation pour approfondir la connaissance des océans, de leurs écosystèmes et des mécanismes qui les régissent, y compris dans le domaine climatique. La flotte conduit également des missions de service public, comme l’évaluation des stocks de poissons et des campagnes hydrographiques contribuant à la mise à jour des cartes marines. Elle intervient également suite à des évènements. Ainsi, en 2019,  des campagnes menées à Mayotte ont permis de découvrir que les séismes secouant l’île étaient liés à la formation d’un nouveau volcan sous-marin, désormais sous surveillance. La FOF mène enfin des projets de R&D en collaboration avec les industriels et a un rôle important en matière de formation universitaire. 

 

 

Le Thalassa déployant le chalut mésopélagos 

Le Thalassa déployant le chalut mésopélagos (© IFREMER - STEPHANE LESBATS)

 

La FOF conduit chaque année environ 30 campagnes hauturières, généralement de 2 à 5 semaines et 90 autres avec ses navires côtiers, sur des périodes d’environ une à deux semaines. L’un des grands enjeux de la nouvelle direction de la flotte est d’optimiser les programmes afin d’éviter au maximum les temps inutiles. Ce qui n’est pas simple car la nature et de la saisonnalité des campagnes sont parfois très différentes. « Nous travaillons de manière très fine pour enchainer au mieux les campagnes et éviter les temps morts », explique-t-on à la FOF. Les temps de transit sont ainsi, autant que possible, mis à profit pour réaliser des travaux complémentaires, via une meilleure coordination des besoins formulés par les acteurs scientifiques et partenaires. Ainsi, L’Atalante a passé le gros de l’année 2019 dans le Pacifique, en particulier en Nouvelle-Calédonie. Alors que les programmes de recherche occupaient à la base six à sept mois, l’activité a été complétée avec d’autres missions, comme des levés dans les atterrages de la Polynésie et des Chesterfield au profit du Service hydrographique et océanographique de la marine (Shom). Le navire, qui a réalisé ses transits via le canal de Panama, est actuellement aux dans la zone des Antilles.

 

Le nouveau drone sous-marin CORAL débutera ses essais cette année 

Le nouveau drone sous-marin CORAL débutera ses essais cette année (© IFREMER)

 

En 2019, le comité directeur de la FOF a validé un plan d’évolution de la flotte à l’horizon 2035, qui est en cours de discussion avec les tutelles. Il prévoit le retrait du Nautile (opérationnel depuis 1984) après 2025, en parallèle de la mise en service du drone CORAL (AUV 6000) qui va débuter ses essais cette année, la modernisation à venir du robot télé-opéré (ROV) Victor 6000 (qui date de 1999) et le développement d’un second ROV profond pour 2024. Le plan prévoit la refonte à mi-vie du Pourquoi pas ?, navire de 107.6 mètres mis en service en 2005 et dont la construction a été cofinancée par l’Ifremer (55%) et la Marine nationale (45%), ce qui donne à cette dernière un droit d’utilisation de 130 jours par an. La rénovation du Pourquoi Pas ? aura lieu vers 2024. Le plan d’évolution de la FOF prévoit aussi le remplacement de L’Atalante à l’horizon 2030 (déjà modernisé en 2009 ce navire doit être remotorisé en 2021), ainsi que la succession, plus urgente, du Thalia (unité de 24.5 mètres mise en service en 1978 et évoluant en Manche et dans le golfe de Gascogne) et de l’Alis (navire de 28.4 mètres construit en 1996 et basé en Nouvelle-Calédonie). Est enfin prévu le renouvellement progressif de différents navires côtiers et de station, les plus anciens en dehors du Thalia étant le Sépia II (12.6 mètres, 1981),  le Téthys II (24.9 mètres, 1993) et L’Europe (29.6 mètres, 1993).  

 

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