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La flottille des nouveaux remorqueurs-pousseurs de la marine s'étoffe
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La flottille des nouveaux remorqueurs-pousseurs de la marine s'étoffe

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Confié au groupe BMA via son chantier Merré de Nort-sur-Erdre et au constructeur cherbourgeois CMN, le programme des 29 nouveaux remorqueurs-pousseurs de la Marine nationale monte en puissance. Le Vanneau, septième et dernière unité de la première tranche du programme, est désormais achevé et prêt à être livré. Réalisé à Brest par CIB, filiale comme Merré du groupe BMA, le bateau a quitté la pointe Bretagne jeudi dernier afin de rallier l’estuaire de la Loire via Lorient, où il s’est ravitaillé durant son transit. Arrivé à Montoir mardi, il a été sortir de l’eau et installé sur un ber en vue de son chargement ce jeudi sur un cargo. Ce dernier va le convoyer jusqu’à Dakar, au Sénégal, où Le Vanneau sera basé. Il y retrouvera L’Aigrette, tête de série des RP10, réalisée à Nort-sur-Erdre, testée à Toulon et mise en service au printemps 2018 dans le port sénégalais, l’un des points d’appui africains de la flotte française. Egalement produits par Merré, Le Goéland et Le Puffin ont quant à eux été mis en service à Toulon, alors que Le Macareux, sorti de chez CIB, est à poste dans la base navale de Brest. Les deux premiers RP 10 destinés à celle de Cherbourg, Le Gravelot et La Mouette, ont été livrés par CMN fin 2019 et sont maintenant eux-aussi opérationnels. Ils ont notamment participé aux récentes manœuvres du Suffren, le premier des six nouveaux sous-marins nucléaires d’attaque français construits à la pointe du Cotentin par Naval Group.

 

Le Suffren fin avril lors de sa première sortie du port de Cherbourg, assisté notamment par les deux RP 10 réalisés par CMN (© : MARINE NATIONALE)

Le Suffren fin avril lors de sa première sortie du port de Cherbourg, assisté notamment par les deux RP 10 réalisés par CMN (© : MARINE NATIONALE)

L'Aigrette (© : JEAN-CLAUDE BELLONNE)

L'Aigrette (© : JEAN-CLAUDE BELLONNE)

 

Après la tranche ferme des sept premiers RP 10, dont le contrat a été notifié fin 2016 au groupement formé pour cette occasion par BMA (mandataire) et CMN, le programme a attaqué la première des trois tranches optionnelles. Elle porte sur huit remorqueurs-pousseurs livrables en 2020/2021. Le premier, L’Océanite, est en cours de construction à Cherbourg et aura Toulon pour port d’attache. Merré doit en sortir cinq autres : Le Chevalier pour Brest, Le Fou pour Cherbourg, Le Gygis et Le Noddi pour Papeete, ainsi que Le Pétrel et l’Albatros pour Nouméa. CIB se charge pour sa part d’une autre unité brestoise, Le Pingouin (situé dans l’ordre de la série en 10ème position, entre Le Chevalier et Le Fou) qui sera mis à l’eau en octobre.

Malgré la crise sanitaire, le planning est globalement respecté. « Il n’y a pour le moment pas ou peu d’impact et nous faisons tout pour que cela continue, en espérant que nous ne serons pas trahis par les approvisionnements, qui restent une question difficile actuellement pour les industriels. La période du Covid-19 a évidemment créé des perturbations dans le planning mais nous nous sommes évertués à maintenir l’activité dans nos chantiers car il n’y a rien de plus dur que de relancer une machine qui s’est arrêtée », explique à Mer et Marine un dirigeant de BMA.

Le groupe, qui travaille aussi, en ce moment, sur la livraison du nouveau bac commandé par le département la Seine-Maritime (baptisé à Saint-Nazaire la semaine dernière et qui doit être réceptionné en juillet) et l’achèvement du chalutier Kraken, réalisé chez CIB et qui vient d’être mis à l’eau, attend de nouveaux contrats, même si le coronavirus a retardé ou mis en suspens certains projets. « Le début de l’année, avec le Covid, a été compliqué et a mis fin à certaines décisions, mais nous avons toujours des fers au feu ».

En attendant, les bateaux gris assurent une belle charge de travail au groupe, tant chez Merré dans la région nantaise, où BMA emploie une petite cinquantaine de salariés, qu’à Brest où CIB va voir ses effectifs monter à 20/25 personnes suite au regain d’activité lié justement aux commandes militaires. Le site breton se chargera notamment des huit nouvelles vedettes de soutien à la plongée (VSP) de la Marine nationale, dont les superstructures en aluminium lui seront fournies par Merré (CIB réalisant la coque en acier et l’intégration de l’ensemble). Ces bateaux de 26.5 mètres doivent être livrés entre la fin 2021 et 2025, la construction de la tête de série allant débuter cet automne.

Et puis il y a bien sûr la poursuite du programme RP 10, avec encore deux tranches optionnelles à confirmer, chacune portant sur sept bateaux. La première de ces tranches complémentaires devrait être affermie d’ici l’année prochaine en vue de la livraison des 16 à 22èmes remorqueurs-pousseurs entre 2021 et 2022. Sur cette tranche, deux RP 10 seront destinés à Djibouti (La Guifette et Le Courlis), deux autres à Fort-de-France (Le Pélican et L’Huîtrier), un à Toulon (La Sterne) et deux à Brest (l’Avocette et Le Guillemot). La répartition industrielle de ces bateaux entre Merré, CIB et CMN n’est pas encore connue puisqu’elle dépendra du plan de charge des chantiers à cette échéance.

Enfin, la dernière tranche optionnelle du programme est attendue vers 2022, avec sept RP10 supplémentaires livrables normalement d’ici la fin 2023. La Macreuse est destinée à la base navale de Cherbourg, Le Paille-en-Queue et Le Tournepierre à La Réunion, Le Bécasseau à Toulon, La Barge à Brest, le Labbe à Cherbourg et le 29ème et dernier RP 10, qui s’appellera Le Crabier, à Mayotte.

 

Le Goéland juste avant sa mise à l'eau chez CMN, à Cherbourg, en mai 2019 (© : AVOTRIMAGE)

Le Goéland juste avant sa mise à l'eau chez CMN, à Cherbourg, en mai 2019 (© : AVOTRIMAGE)

 

Conçu sur le modèle SEEM 12-800ST, un design développé par les bureaux d’études de Merré, les RP 10 sont des bateaux de 11.95 mètres de long pour 5.1 mètres de large affichant une capacité de traction comme de poussée de 10 tonnes. Leur coque est en acier et la superstructure en aluminium. Ils sont armés par quatre marins et peuvent atteindre la vitesse de 8 nœuds, avec deux moteurs diesels Volvo D13 (2 x 294 kW) et deux hélices en tuyère. Ils disposent d’un rostre réglable sur deux positions, afin de pouvoir assister non seulement les bâtiments de surface, mais aussi les sous-marins, dans leurs manœuvres d’accostage, d’appareillage et de chenalage.

 

Le Macareux, réalisé par CIB, lors de sa mise à l'eau à Brest en mars 2019 (© : MICHEL FLOCH)

Le Macareux, réalisé par CIB, lors de sa mise à l'eau à Brest en mars 2019 (© : MICHEL FLOCH)

 

Les RP 10 succèdent notamment à la série des vieux PS 4, dont 23 exemplaires étaient encore en service dans la Marine nationale fin 2019.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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