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La flottille pro-palestinienne prise d'assaut au large de Gaza

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De 9 morts à 19 morts et une trentaine de blessés. C'est le bilan de l'assaut mené hier matin par les forces armées israéliennes sur la flottille internationale partie la veille de Chypre pour gagner la bande de Gaza. L'opération a été menée à la fin de la nuit, alors que les six navires, embarquant du fret humanitaire ainsi que 700 passagers (militants et sympathisants de la cause palestinienne, membres d'ONG, députés de pays européens ou encore journalistes) se trouvaient encore dans les eaux internationales, à 75 nautiques du littoral. Malgré la position d'Israël, qui avait clairement indiqué qu'elle s'opposerait, par la force si nécessaire, au passage de la flottille, les navires, affrétés par l'association Free Gaza, ont voulu rallier Gaza. A leur approche, ils ont été rejoints par des bâtiments israéliens, qui ont lancé de nouveaux avertissements, interdisant l'approche de la côte. Celle-ci fait l'objet d'un blocus destiné, selon Tel Aviv, à empêcher l'entrée dans le territoire palestinien d'armes destinées aux groupes terroristes. Les organisations pro-palestiniennes estiment, quant à elles, que ce blocus aggrave les conditions de vie très difficiles des Gazaouis.
Face au refus des navires de la flottille de rebrousser chemin, l'armée israélienne a décidé de donner l'assaut. « Dans l'obscurité de la nuit, les commandos israéliens sont descendus d'un hélicoptère sur le bateau de passagers turc, le Mavi Marmara. Ils ont commencé à tirer dès que leurs pieds ont touché le pont. Ils ont tiré sur le groupe de civils endormis », a affirmé l'association Free Gaza. Si l'on s'en réfère aux images diffusées par les télévisions, la réalité semble plus nuancée. Sur les vidéos, on voit en effet les commandos israéliens violemment pris à parti dès leur arrivée sur le pont du navire. « Nous avons fait tous les efforts possibles pour éviter cet incident. Les militaires avaient reçu des instructions selon lesquelles il s'agissait d'une opération de police et un maximum de retenue devait être observé. Malheureusement, ils ont été attaqués avec une extrême violence par les gens sur le bateau, avec des barres de fer, des couteaux et des tirs à balles réelles », a expliqué le porte-parole de Benjamin Netanyahu, le premier ministre israélien.

Condamnations dans le monde entier

Du côté des sympathisants de la « flottille de la paix », comme elle s'était baptisée, on dénonce l'intervention meurtrière de l'armée israélienne. A Tel Aviv, on estime en revanche que cette opération constituait une provocation délibérée et qui avait, avant tout, un objectif politique. Escortés par des navires israéliens, les bateaux de la flottille internationale ont été déroutés vers le port d'Ashdod, où les passagers ont été débarqués pour être interrogés. Suite à ce drame, les réactions ont été très nombreuses à travers le monde. La communauté internationale, dans son large ensemble, a condamné l'assaut. Le secrétaire général de l'ONU s'est dit « choqué ». L'Union européenne a réclamé une enquête complète pour déterminer les circonstances du drame et appelé à l'arrêt immédiat du blocus qui empêche l'aide humanitaire de parvenir à Gaza. Les réactions ont, évidemment, été les plus vives dans les pays arabes, où de nombreuses manifestations anti-israéliennes se sont déroulées hier. En Europe, également, des rassemblements se sont déroulés aux abords des ambassades israéliennes, comme celle de Paris. Sur le front diplomatique encore, la tension est montée d'un cran entre la Turquie et Israël. Ankara a averti Tel Aviv des « conséquences irréparables » sur les relations bilatérales entre les deux pays et obtenu que se tienne aujourd'hui une réunion des pays de l'OTAN. Dans la plupart des pays, les ambassadeurs de l'Etat hébreux ont été convoqués pour des explications. Nicolas Sarkozy a condamné « l'usage disproportionné de la force » alors que Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, s'est dit « profondément choqué », estimant que « rien ne saurait justifier l'emploi d'une telle violence ». Les Etats-Unis ont, pour leur part, regretté « les pertes en vies humaines » mais se sont montrés prudents. La Maison Blanche dit vouloir connaître les circonstances exactes de cet évènement. Il en sera évidemment question aujourd'hui lors de la rencontre programmée à Washington entre Barack Obama et Benjamin Netanyahu.