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La FOST prépare l'arrivée des premiers sous-mariniers féminins
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La FOST prépare l'arrivée des premiers sous-mariniers féminins

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La Force océanique stratégique (FOST) fête cette année ses 45 ans de fonctionnement. Les équipages des sous-marins nucléaires basés à l'Ile-Longue, près de Brest, accueilleront en cette fin d'année ou début 2018 les toutes premières femmes à bord.

C'est le dernier bastion non mixte de la Marine nationale. Cette expérimentation concerne les sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE) et pas encore les sous-marins d'attaque plus exigus de Toulon. Depuis 1972, les équipages rouges et bleus des sous-marins qui portent l'arme atomique de dissuasion sont composés exclusivement d'hommes pour des missions au contexte et à la durée très spécifiques. Démarrées autour de 60 jours, ces missions sans escale et sans retours à la surface programmés se sont étirées à 70 jours et atteignent 80, voire 90 jours pour les plus exigeantes d'entre elles. Alors que la féminisation a fait son chemin à bord des navires de surface, le sujet a mis du temps à progresser au sein de la Marine nationale française. Si les mentalités ont globalement évolué et que les femmes ont parfaitement pris leur place dans la Marine, des réticences perdurent sur le sujet et pas seulement sur les enjeux pratiques de la féminisation des sous-marins. L'enfermement et la promiscuité restent des paramètres déterminants, autant de la part des « vieux de la vieille » qui connaissent sur le bout des doigts le métier et ses contraintes que de celle des épouses et conjointes de marins peu enclines à voir débarquer dans la « grosse boîte » des rivales potentielles. Du côté des sous-mariniers, la question fait encore débat. Si la jeune génération voit globalement cette expérimentation d'un bon oeil, les plus anciens sont plus perplexes quant aux spécificités et à la durée de la mission. Les plus récalcitrants opposent à l'évolution indéniable des moeurs et des mentalités, l'implacable réalité de cette mission en milieu confiné, à l'extrême promiscuité pendant plus de deux mois. Le patron des forces sous-marines à Brest, Louis-Michel Guillaume, marche, quant à lui, sur des oeufs.

Quelques candidates

La sélection et la préparation des candidates sont essentielles pour mener à bien cette première immersion. « Moins d'une demi-douzaine de femmes officiers sont actuellement en phase de sélection », confirme l'amiral Guillaume. Parmi elles, un médecin, des spécialistes de l'atome (la propulsion est nucléaire) et des officiers spécialisés dans la marche du bateau. Toutes doivent passer un ensemble de formations et de tests d'aptitudes concentrés autour du fonctionnement du sous-marin et de ses nombreux systèmes de sécurité. « Ces jeunes officiers ont déjà été formées dans un milieu masculin. Elles savent à quoi s'attendre. L'enjeu consiste à les intégrer au mieux aux équipages et au fonctionnement du bateau ».

Carrières à adapter

À plus long terme, d'autres enjeux tels que la fidélisation dans les forces sous-marines et la permanence de cette carrière courte (entre 15 et 25 ans) seront à résoudre auprès des futures « sous-marinières ». Les périodes de grossesse interrompront nécessairement des carrières qui jusqu'à présent étaient parfaitement linéaires. « Il va falloir s'adapter », reconnaît l'amiral Guillaume qui se dit malgré tout « confiant dans l'expérimentation ».

Les trois premières

Trois pionnières (réunies dans le même poste à trois) devraient embarquer en fin d'année ou au début de 2018 pour cette expérience menée pendant une mission classique de 70 jours. Les autres enchaîneront au cours des patrouilles suivantes.

 


Un article de la rédaction du Télégramme

 

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