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La France confirme l'intérêt russe pour un BPC du type Mistral

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La France confirme l'intérêt russe pour un BPC du type Mistral

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Hier, le ministère français de la Défense a confirmé l'intérêt de la Russie pour l'acquisition d'au moins un Bâtiment de Projection et de Commandement (BPC) du type Mistral. Cette réaction fait suite aux déclarations, assez surprenantes, du chef d'Etat-major de l'armée russe. Le 26 août, le général Makarov avait révélé, officiellement, la volonté de Moscou d'acheter un BPC, l'objectif étant, à terme, de disposer de quatre à cinq unités de ce type. Cette déclaration était intervenue au cours d'une visite du président Medvedev à Oulan Bator, en Mongolie. Une région comme on le sait « très » maritime et particulièrement atypique pour évoquer un tel sujet... Au moment où se ravivent les tensions entre la Géorgie et l'Abkhazie, certains observateurs en avaient déduit que la France hésitait, pour des raisons politiques et géostratégiques, à donner son feu vert à un tel contrat. Reste que ce dernier serait historique, puisqu'il constituerait le premier achat de gros équipement de guerre étranger depuis la seconde guerre mondiale, qui plus est à un membre de l'OTAN.

« Demande extrêmement générale »

L'Hôtel de Brienne n'a donné aucune précision sur le projet russe, évoquant simplement une « demande extrêmement générale ». Si un accord est conclu, Moscou pourra choisir entre différentes versions du BPC, soit une unité de même type que les Mistral et Tonnerre de la Marine nationale, soit un bateau plus petit, ou plus grand (DCNS propose des versions allant de 14.000 à près de 30.000 tonnes).
Conçus pour la projection de forces et le commandement d'une opération interarmées (amphibie et aéronavale), les BPC français mesurent 199 mètres de long pour un déplacement de 21.500 tonnes en charge. Disposant d'un centre de commandement pouvant accueillir un état-major de 150 personnes, ils sont en mesure d'embarquer 16 hélicoptères lourds, 70 véhicules (dont 13 chars lourds), quatre chalands de débarquement (ou deux engins rapides de type L-CAT ou LCAC), ainsi que 450 hommes de troupe. Le Mistral et le Tonnerre comptent, en outre, d'importantes infrastructures hospitalières, avec 2 blocs opératoires et 69 lits sur une surface de 750 m².

Le BPC 3 français ou russe ?

Conçus par DCNS et coréalisés avec les chantiers de Saint-Nazaire, le Mistral et le Tonnerre ont été livrés en 2006 et 2007. Une troisième unité du même type a été commandée cette année. Réalisée intégralement à Saint-Nazaire (STX France), la coque sera achevée en 2011. On ne sait d'ailleurs pas, pour le moment, si le BPC3 pourrait, éventuellement, être repris par la Russie. Cela permettrait à la marine russe de disposer plus rapidement de son premier navire, sans pour autant handicaper les moyens opérationnels de la Marine nationale. En effet, le troisième BPC devait initialement être commandé après 2014, en même temps que le quatrième et dernier navire de la série. Mais, au titre du plan de relance de l'Economie, la commande a été anticipée, afin de soutenir l'activité des chantiers de Saint-Nazaire. Les BPC 3 et 4 sont prévus pour remplacer les transports de chalands de débarquement Foudre et Siroco, mis en service en 1990 et 1998. Il s'agit donc de TCD récents et performants, qui n'ont pas forcément besoin d'être remplacés tout de suite. De plus, pour des raisons de logique industrielle et économique, le bon sens voudrait que la notification du BPC 3 entraine celle du 4ème de la série l'an prochain. Livrer ce bateau à la fin des années 2010, avec tant de décalage par rapport aux trois premiers serait, en effet, une véritable ineptie. Qui plus est, la France a, sans doute, beaucoup plus de chances de vendre un lot de deux TCD plutôt que la seule Foudre. Si les souhaits russes correspondent aux caractéristiques générales du BPC 3, il n'est donc potentiellement pas à exclure que le bateau actuellement en construction sur les bords de Loire parte à l'export. Dans ce cas, la Marine nationale pourrait se contenter, pour quelques années encore, de ces deux TCD. Le ministère de la Défense réaliserait, quant à lui, l'économie d'une construction neuve au moment où les déficits atteignent des niveaux record.
Mais l'Etat sera peut être, dans le même temps, contraint de notifier rapidement le BPC 4 pour éviter le naufrage de Saint-Nazaire, où l'on manque cruellement de commandes. Relancés en mai grâce au BPC 3, les ateliers d'usinage de STX cesseront, en effet, de tourner dès le mois de décembre, si aucun nouveau contrat n'est engrangé d'ici là.

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