Croisières et Voyages
La France devient le quatrième marché européen de la croisière

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La France devient le quatrième marché européen de la croisière

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Pour tous les professionnels qui se mobilisent depuis de longues années pour promouvoir la croisière dans l’Hexagone, l’évènement est historique. Pour la première fois, en 2013, plus d’un demi-million de Français, 522.000 pour être exact, ont effectué une croisière maritime. Cela représente une nouvelle hausse de 9%, similaire à celle déjà enregistrée entre 2011 et 2012. Elle permet à la France de devenir le quatrième marché européen de la croisière et, avec l’Allemagne, le plus dynamique du continent.

Le marché français, qui bénéficie depuis plusieurs années d’une croissance soutenue, a supplanté l’Espagne à la quatrième place, les graves difficultés économiques rencontrées dans la péninsule ibérique ayant entrainé deux chutes consécutives de 18% du nombre de passagers espagnols en 2012 et 2013.

 

 

Après l'Horizon, ici à Toulon, CDF va exploiter un second navire (© JEAN-LOUIS VENNE)

Après l'Horizon, ici à Toulon, CDF va exploiter un second navire (© JEAN-LOUIS VENNE)

 

 

Les trois leaders totalisent 86% du marché tricolore

 

 

Bien que moins dégradée, la situation économique en France n’est, pour autant, pas fameuse, avec un impact toujours négatif sur l’industrie du tourisme. Malgré tout, le secteur de la croisière, dont le taux de pénétration est encore très bas, poursuit sa croissance, porté par le dynamisme de ses trois leaders : Costa, MSC et Croisières de France, qui à eux seuls totalisent 86% du marché français, complété par l’offre très variée d’autres opérateurs, comme Royal Caribbean, la Compagnie du Ponant, Hurtigruten, Star Clippers ou encore Louis Cruises. L’augmentation du nombre de départs depuis les ports tricolores a, bien entendu, contribué à attirer 40.000 passagers supplémentaires en 2013. Concernant les destinations, la Méditerranée reste la région la plus prisée (69%), devant les Caraïbes (14%) et l’Europe du nord (9%). « Avec plus d’un demi million de passagers et une croissance continue de 9% en 2013, le marché français de la croisière est  devenu le 4ème marché européen. L’ensemble des acteurs de la croisière est très satisfait de ces résultats obtenus dans un environnement économique difficile. Ils ouvrent un horizon dégagé pour le développement dynamique du marché français dans les années à venir », estime Georges Azouze, président de CLIA France, association regroupant les compagnies et les ports travaillant sur le secteur de la croisière.

 

 

Paquebot de MSC à Marseille  (© VINCENT GROIZELEAU)

Paquebot de MSC à Marseille  (© VINCENT GROIZELEAU)

 

 

Progression remarquable de Marseille

 

 

2013 a, par ailleurs, vu la consécration de Marseille comme premier port français du secteur. Le cap du million de croisiéristes a été pour la première fois dépassé (1.19 million), une hausse de 33% par rapport à 2012 qui permet à la cité phocéenne de se placer désormais comme le sixième port méditerranéen pour cette activité, Marseille gagnant en un an trois places. Et cette tendance va se poursuivre puisque Marseille attend cette année 513 escales de navires de croisière, contre 454 en 2013, pour un trafic qui devrait culminer à 1.35 million de passagers. Le port va de nouveau bénéficier d’un renforcement de la présence de Costa, MSC et CDF, porté par la mise en service de nouvelles infrastructures. Ainsi, le nouveau Terminal croisière B de 16.000 m², inauguré en avril prochain, permettra désormais au port de Marseille d'accueillir simultanément six navires en tête de ligne au môle Léon Gourret. Quant au nouveau terminal de la Joliette, dédié aux navires haut de gamme (de moins de 200 mètres) et inauguré au printemps dernier, sa localisation au cœur d’un centre-ville métamorphosé par de nouveaux grands équipements culturels, touristiques et commerciaux, va accroître la présence des petits navires, notamment sur le segment du luxe, avec 40 escales prévues en 2014.

 

 

Paquebot de Costa au Havre (© JACQUES THYEBAUT)

Paquebot de Costa au Havre (© JACQUES THYEBAUT)

 

 

Les autres ports en pointe

 

 

Il n’y a cependant pas que Marseille qui bénéficie des retombées de la croisière et s’efforce d’attirer de plus en plus de paquebots. D’autres ports français bénéficient de la croissance de cette industrie. C’est le cas par exemple d’Ajaccio, mais aussi de Toulon, qui pourrait égaler ou dépasser cette année son record réalisé en 2012, avec 130 escales générant 340.000 passagers. Au Havre, également, les visites de paquebots vont augmenter, avec pour 2014 quelques 122 escales prévues, soit 250.000 passagers attendus. Et des dizaines de milliers d’autres croisiéristes vont embarquer ou transiter dans d’autres ports, comme Calais, Rouen, Cherbourg, Brest ou encore Bordeaux, sans oublier la façade méditerranéenne.

 

 

Paquebot de Royal Caribbean dans les Caraïbes (© RCI)

Paquebot de Royal Caribbean dans les Caraïbes (© RCI)

 

 

Nouveau record mondial et européen

 

 

La France n’est pas le seul pays où la croisière continue de progresser. La tendance est générale puisqu’à l’échelle mondiale, le secteur a encore établi un nouveau record en 2013, avec 21.3 millions de passagers (20.9 millions en 2012) pour les membres de CLIA, qui s’attend à 400.000 passagers de plus cette année. Regroupant 62 compagnies alignant 420 navires, soit une capacité de 467.000 lits, l’association estime qu’à l’échelle du globe, la croisière injecte 100 milliards de dollars dans l’économie,  emploie 775.000 personnes et paye quelques 32.5 milliards de dollars de taxes.

Si le marché américain reste le plus important du monde, avec environ 13 millions de passagers, l’Europe connait une croissance remarquable, soit 43% de mieux entre 2008 et 2013, malgré la crise économique. L’an dernier, un nouveau record a été établi, 6.357 millions d’Européens choisissant de partir en croisière. Toujours leader, le marché britannique (1.72 million de passagers, +1% entre 2012 et 2013) est progressivement rattrapé par l’Allemagne, qui a atteint l’an dernier 1.68 million de passagers (+9%), soit plus de 600.000 Allemands supplémentaires en quatre ans. Vient ensuite l’Italie (869.000), qui après une année 2012 difficile, a rebondi en 2013 (+4%). Comme on l’a vu, le marché espagnol, touché de plein fouet par la crise, a de nouveau chuté de 18% (475.000 passagers), alors qu’il culminait à 703.000 passagers en 2011. La France en profite donc pour prendre la quatrième place avec ses 520.000 passagers (+9%). A noter que le seul autre grand marché européen à baisser est la Scandinavie (289.000 passagers, -11%), pour des raisons non pas économiques mais de déploiement des paquebots.

 

 

Paquebot en construction à Saint-Nazaire (© VINCENT GROIZELEAU)

Paquebot en construction à Saint-Nazaire (© VINCENT GROIZELEAU)

 

 

327.000 emplois et 37.9 milliards d’euros de retombées économiques

 

 

Au global, le marché européen, qui s’était tassé en 2012 (+1%), s’est redynamisé l’an dernier, avec une augmentation de 4%, qui n’atteint toutefois pas le niveau de croissance enregistré au cours des années précédentes. Il n’empêche, dans une industrie du tourisme malmenée depuis 2008, la croisière fait mieux que résister : « Les chiffres impressionnants du marché de la croisière européen montrent clairement la tendance de forte croissance d’une industrie qui génère déjà 327.000 emplois et 37.9 milliards d’euros de retombées économiques annuelles. Plus de six millions d’Européens ont choisi de réserver une croisière pour leurs vacances en 2013 et la tendance à long terme montre une croissance toujours en hausse qui prouve la résilience de l’industrie malgré le ralentissement économique. L’économie toujours fragile en Europe présente encore des difficultés, mais nous pensons que l’industrie de la croisière va continuer à croître en 2014 », affirme Pierfrancesco Vago, président de CLIA Europe.

 

 

Paquebot de Princess Cruises en rade de Brest (© MICHEL FLOCH)

Paquebot de Princess Cruises en rade de Brest (© MICHEL FLOCH)

 

 

Le coût du combustible et des prix trop bas

 

 

Pour les compagnies de croisière, l’enjeu actuel consiste donc à consolider la croissance d’un secteur qui dispose encore, à priori, d’un potentiel d’augmentation considérable. Mais il y a aussi de réels défis, notamment d’un point de vue économique, avec des armateurs qui ont lancé des investissements considérables ces dernières années dans le renouvellement et le développement de la flotte. Et ce n’est pas fini puisque 25 navires de croisière (pour 67.670 lits) doivent encore être livrés d’ici 2017, pour un coût global estimé à plus de 16 milliards de dollars.

Or, si la crise n’a pas obéré la hausse du nombre de passagers, elle a en revanche eu pour conséquence de faire baisser les prix des croisières, ce qui a rendu ce mode de vacances plus attractif. L’envers de la médaille est que les revenus ont baissé, du fait de tarifs globalement plus bas, mais aussi d’une contraction dans un certain nombre de cas des ventes à bord. Ce qui est logique puisqu’un passager avec un pouvoir d’achat moindre ne dépense pas autant. La tension tarifaire, extrêmement forte en 2012, a été aggravée par la mise en service de nouveaux navires, qu’il a fallu remplir. Par chance, les livraisons sont moins nombreuses en 2013 et 2014, ce qui permet au marché de mieux respirer et aux tarifs de remonter légèrement, même s’ils restent trop bas selon les patrons des plus grandes compagnies, qui se sont exprimés sur le sujet cette semaine à l’occasion de la Convention annuelle de Miami.  

L’autre point délicat du moment concerne l’augmentation des coûts d’exploitation avec la hausse prévisible du prix du pétrole. Mais aussi en raison des nouvelles règlementations imposant aux navires d’utiliser des carburants désulfurés. Une contrainte valable en Amérique du nord, mais aussi en Europe du nord à compter du 1er janvier 2015. Ces nouvelles normes obligent les armateurs à recourir à des carburants nettement plus chers ou à investir lourdement pour équiper leurs bateaux de systèmes de lavage de fumées. Il conviendra de voir si les régions concernées verront une baisse du nombre de paquebots fréquentant leurs eaux. Avec le risque, si tel est le cas, que le report éventuel de navires sur les autres zones, comme la Méditerranée, y provoque une hausse de capacité trop importante et, de là, une nouvelle guerre des prix. 

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