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La France dévoile ses futurs SNLE
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La France dévoile ses futurs SNLE

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Alors que la France célèbrera cet été le 50ème anniversaire de la traversée de longue durée, jusqu’en mer de Norvège, de son premier SNLE, Le Redoutable, la Direction Générale de l’Armement a notifié hier à Naval Group et TechnicAtome un contrat de plusieurs milliards d’euros qui marque le lancement de la phase de réalisation des quatre sous-marins nucléaires lanceurs d’engins de troisième génération (SNLE G). Ce marché fait suite à la validation d’un avant-projet détaillé qui faisait l’objet d’un contrat d’études notifié en 2017. Il s’agit désormais de réaliser la conception générale des futurs SNLE français et les études détaillées de leurs systèmes les plus critiques, avant de passer à partir de 2025 à la conception détaillée et l’industrialisation. Il ne faudra cependant pas attendre jusque-là pour voir débuter la construction de la tête de série, dont la première tôle doit être découpée à Cherbourg fin 2023, en vue d’une livraison à la Marine nationale en 2035. Quant aux approvisionnements long terme, par exemple ceux liés à la chaufferie nucléaire, ils seront lancés dès cette année.

Ce jalon majeur du renouvellement de la composante océanique de la dissuasion nucléaire française sera officiellement lancé ce vendredi 19 février par la ministre des Armées, Florence Parly, à l’occasion d’un déplacement sur le site DGA Techniques Hydrodynamiques de Val-de-Reuil, dans l’Eure. C’est là que la Direction Générale de l’Armement étudie les carènes et propulseurs des bâtiments de la Marine nationale. Elle dispose pour cela d’un bassin de traction de 545 mètres et une cuve à houle, ainsi qu’un grand tunnel hydrodynamique qui sert au design des hélices et à l’étude des phénomènes de cavitation. S’y ajoutent des moyens de simulation numérique, qui ont été largement développés ces dernières années et réduisent sensiblement le nombre d’essais réalisés avec des maquettes.

La DGA assure avec le Commissariat à l’Energie Atomique (CEA) la maîtrise d’ouvrage du programme SNLE 3G, qui fait l’objet d’une maîtrise d’œuvre conjointe entre Naval Group et TechnicAtome. Ce dernier est en charge du réacteur nucléaire qui équipera les sous-marins. Il ne s’agira pas de la chaufferie K22, qui va être développée pour le porte-avions de nouvelle génération (PA-NG) et sera trop grande et puissante, mais d’une nouvelle évolution de la K15, réacteur compact équipant les actuels SNLE et le Charles de Gaulle et dans sa dernière version les sous-marins nucléaires attaque du type Barracuda.

 

SNLE du type Le Triomphant (© : MARINE NATIONALE)

SNLE du type Le Triomphant (© : MARINE NATIONALE) 

 

Succession des Triomphant

Les SNLE 3G sont appelés à remplacer les SNLE de seconde génération, Le Triomphant, Le Téméraire, Le Vigilant et Le Terrible. Respectivement mis en service en 1996, 1999, 2004 et 2010, ces bâtiments de 138 mètres de long pour 12.5 mètres de diamètre et 14.300 tonnes de déplacement en plongée avaient eux-mêmes succédé aux SNLE de première génération, Le Redoutable (1971-1991), Le Terrible (1973-1996), Le Foudroyant (1974-1998), L’Indomptable (1976-2005), Le Tonnant (1980-1999) et L’Inflexible (1985-2008). Par rapport à ces sous-marins de 129 mètres et 8900 tonnes en plongée, les Triomphant ont constitué une avancée technologique considérable, en particulier en matière de discrétion acoustique. Un point vital pour les SNLE, dont la capacité à ne pas

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