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La France engage contre Daech un groupe aéronaval particulièrement puissant

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La France engage contre Daech un groupe aéronaval particulièrement puissant

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Un porte-avions embarquant 32 aéronefs, jusqu’à 7 frégates mobilisées pendant le déploiement, ainsi qu’un sous-marin nucléaire d’attaque et un bâtiment de commandement et de ravitaillement… C’est un groupe aéronaval particulièrement puissant que la France s’apprête à engager contre Daech. Le Charles de Gaulle et une partie de son escorte appareillent ce mercredi matin de Toulon pour rejoindre la Méditerranée orientale. C’est là que la Marine nationale devrait débuter ses frappes, au plus près des positions du groupe terroriste. En s’installant au large des côtes syriennes, le Charles de Gaulle va permettre de réduire considérablement la distance aux objectifs par rapport aux avions de l’armée de l’Air basés en Jordanie (6 Mirage 2000) et surtout aux Emirats Arabes Unis (6 Rafale). Une solution concernant le survol des espaces aériens situés entre les eaux internationales et les territoires contrôlés par Daech semble en effet avoir été trouvée.

 

Le Charles de Gaulle (© : MARINE NATIONALE)

Le Charles de Gaulle (© : MARINE NATIONALE)

 

26 avions de combat supplémentaires

L’arrivée prochaine du Charles de Gaulle dans le secteur va décupler les capacités d’intervention de la France. Car le bâtiment dispose d’un groupe aérien embarqué très puissant, fort de 26 avions de combat, soit 18 Rafale Marine (au lieu de 16 initialement prévus) et 8 Super Etendard Modernisés (SEM), ainsi que deux avions de guet aérien Hawkeye. S’y ajoutent quatre hélicoptères : deux Dauphin Pedro et une Alouette III, ainsi qu’un Super Puma de l’armée de l’Air, qui pourra notamment servir en cas d’opération de récupération d’un pilote en milieu hostile.

Puissance de feu décuplée grâce à la proximité géographique

Avec le groupe aérien embarqué (GAE) du Charles de Gaulle, la France va donc plus que tripler le nombre de ses avions de combat engagés contre Daech (38 au lieu de 12). Mais le renforcement de la force de frappe sera en fait bien supérieure puisque, compte tenu de la proximité du théâtre d’opération, les appareils de l’aéronautique navale seront en mesure de réaliser plusieurs sorties par jour et, ainsi, d’assurer la permanence d’une puissance de feu contre Daech. Un vrai atout pour accroître la pression sur les djihadistes et saisir toute opportunité de leur porter des coups.

 

Le pont d'envol du Charles de Gaulle (© : MARINE NATIONALE)

Le pont d'envol du Charles de Gaulle (© : MARINE NATIONALE)

 

L’aéronavale mobilisée à plein

En cas de nécessité, il sera encore possible de renforcer le GAE, le Charles de Gaulle étant conçu pour mettre en œuvre plus de 30 avions de combat. Toutefois, l’aéronautique navale, sévèrement touchée par les réductions de format depuis 15 ans, et qui n’a pas encore totalement achevé sa transition SEM/Rafale, fournit en réalité l’essentiel de ses avions disponibles actuellement. Ce qui n’est d’ailleurs pas sans poser la question d’un éventuel renforcement du futur parc de Rafale Marine, qui plafonnera à une quarantaine d’exemplaire seulement.

Trois frégates étrangères intègreront le GAN

Côté escorte, le porte-avions français sera très solidement encadré. Il quittera aujourd’hui Toulon en compagnie de la frégate de défense aérienne Chevalier Paul, ainsi que de la frégate anti-sous-marine La Motte-Picquet, basée à Brest et qui a rallié la grande base varoise de la Marine nationale. Il en est de même pour la frégate belge Léopold I, intégrée au GAN français et qui va également appareiller avec le Charles de Gaulle. Deux autres frégates étrangères, une britannique et, normalement, une australienne, viendront renforcer le groupe aéronaval en cours de mission.

 

FREMM (© : MICHEL FLOCH)

FREMM (© : MICHEL FLOCH)

 

La Marine nationale va déployer ses deux FREMM

Et ce n’est pas fini puisque la France a aussi décidé d’engager, pour la première fois, ses nouvelles frégates multi-missions (FREMM). Les deux bâtiments de ce type dont dispose actuellement la Marine nationale, les Aquitaine et Provence, sont basés à Brest. Elles rallieront toutes les deux le GAN pendant l’hiver. Ces bâtiments flambant neufs ne seront malheureusement pas équipés du nouveau missile de croisière naval (MdCN), dont les premiers lots n’ont pas encore été livrés. Mais, aux côtés des autres unités, elles permettront d’offrir une protection complète au porte-avions, de contribuer à la surveillance et la maîtrise d’un vaste espace aéromaritime tout en recueillant de précieux renseignements.

SNA, bâtiment de ravitaillement et patrouille maritime

Enfin, le GAN comprend un sous-marin nucléaire d’attaque ainsi que le bâtiment de commandement et de ravitaillement Marne, qui assurera le soutien logistique (vivres, munitions, pièces détachées, carburant…) des unités de combat. La flotte sera par ailleurs couverte par, au moins, un avion de patrouille maritime Atlantique 2. On rappellera d’ailleurs  qu’un appareil de ce type est déjà engagé depuis 15 mois en Irak et en Syrie pour effectuer des missions de renseignement et de reconnaissance.

Renforcer la coalition internationale

Le groupe aéronaval français sera lourdement armé et très international, ce qui est aussi une manière de montrer que le combat contre le terrorisme fédère de nombreuses nations. Alors que l’axe Paris-Washington s’est clairement renforcé, la France veut aussi compter sur la Russie, qu’elle souhaite voir rejoindre la coalition contre Daech. Un appel que Moscou semble entendre, l’armée russe ayant à son tour frappé Raqqa hier matin, après un second raid de l’aviation française. Une nouvelle entente qui, justement, offre l’opportunité de positionner le Charles de Gaulle directement en Méditerranée et non, comme cela avait été le cas l’hiver dernier, au nord du Golfe Persique.

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