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La France fait l'acquisition de son premier drone naval

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La France fait l'acquisition de son premier drone naval

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La Direction Générale de l'Armement a décidé d'acheter à la société autrichienne Schiebel un drone Camcopter S-100. L'acquisition de l'engin, en cours d'expérimentation sur le patrouilleur hauturier L'Adroit, sera effective dans le courant du mois. La Marine nationale devient, ainsi, la première en Europe à disposer d'un drone aérien pouvant être mis en oeuvre pour des missions opérationnelles. A cet effet, la DGA a validé un domaine d'emploi pour le Camcopter S-100 et a délivré une autorisation de vol pour différentes utilisations. En plus de la machine, la DGA a acheté un lot de pièces de rechange pour les opérations d'entretien préventif et les interventions curatives. L'entretien du Camcopter S-100 (hors moteur) sera effectué par le détachement drone du Centre d'expérimentations pratiques et de réception de l'Aéronautique navale (CEPA/10S).

 Appontage du Camcopter S-100 sur L'Adroit  (© : MARINE NATIONALE)
Appontage du Camcopter S-100 sur L'Adroit (© : MARINE NATIONALE)

 L'Adroit  vu par la caméra du Camcopter S-100 (© : MARINE NATIONALE)
L'Adroit vu par la caméra du Camcopter S-100 (© : MARINE NATIONALE)

Préparer le programme SDAM

Initialement, la DGA ne devait pas acquérir le Camcopter déployé sur L'Adroit, un patrouilleur d'expérimentation construit sur fonds propres par DCNS et mis à disposition de la marine durant trois ans, avec des moyens prêtés par différents équipementiers. La solution de l'achat s'est, néanmoins, révélée plus pertinente pour des questions règlementaires et de coûts. Propriété de la DGA, le drone sera mis à disposition de la Marine nationale durant trois ans dans le cadre d'un programme d'expérimentation. L'objectif est d'évaluer l'utilisation, la mise en oeuvre et le maintien en condition opérationnelle (MCO) sur une longue période d'un drone aérien embarqué. Cela permettra notamment de déterminer la charge de travail et les procédures logistiques liées à la mise en oeuvre d'un tel système sur un bâtiment de surface.

 Essais avec le Little Bird, ici en mode piloté  (© : DCNS)
Essais avec le Little Bird, ici en mode piloté (© : DCNS)

Cette campagne de longue durée servira aux travaux préparatoires liés au futur programme de SDAM (Système de Drones tactiques Aériens pour la Marine). Il complètera notamment le contrat signé avec DCNS et Thales sur un prototype de système de décollage et d'appontage/atterrissage verticaux automatiques pour drones à voilure tournante. Après avoir mené des essais à terre aux Etats-Unis avec le Little Bird, un drone de 2 tonnes développé par Boeing, la Démonstration technologique d'un système d'appontage et d'atterrissage pour drones (D2AD) comprendra aussi des essais en mer sur un bâtiment de la Marine nationale. Ce n'est qu'une fois toutes ces expérimentations menées à bien que le choix du futur drone de l'aéronautique navale interviendra et que le programme SDAM sera lancé.

 Le Camcopter S-100 sur L'Adroit  (© : MARINE NATIONALE)
Le Camcopter S-100 sur L'Adroit (© : MARINE NATIONALE)

 Le Camcopter S-100 sur L'Adroit  (© : MARINE NATIONALE)
Le Camcopter S-100 sur L'Adroit (© : MARINE NATIONALE)

Le Camcopter S-100 sur L'Adroit

Il n'est d'ailleurs pas à exclure que les essais D2AD se déroulent sur L'Adroit, qu'on appelle désormais Patrouilleur Hauturier d'Expérimentation (PHE) au sein de la marine. En attendant, l'équipage du bâtiment dispose donc de son Camcopter S-100, qui a été mis aux couleurs de l'aéronautique navale, avec sa cocarde frappée d'une ancre. Affichant un poids à vide de 110 kilos et une masse maximale au décollage de 200 kilos, le drone de Schiebel mesure 3 mètres de long pour 1 mètre de haut, son rotor ayant un diamètre de 3.4 mètres. Capable de voler durant 6 heures environ (sans réservoir supplémentaires et avec une charge utile de 50 kilos), le drone présente une vitesse de croisière de 55 noeuds (environ 100 km/h) et peut atteindre 120 noeuds (environ 220 km/h). Il est actuellement équipé d'un système Agile 2 (Thales) doté de caméras électro-optique et infrarouge, avec retransmission des images en direct sur le bâtiment porteur via une liaison UHF. Il est toutefois envisagé de tester une autre boule optronique, fournie par Wescam. En dehors de cette capacité initiale, l'engin pourra être équipé d'un système d'identification automatique des navires (AIS) ou encore d'un radar, même si ce n'est pas encore prévu. Très utile pour l'identification de cibles et le recueil de renseignements, le Camcopter S-100 a réalisé, ces deux derniers mois, 35 heures de vol à partir de L'Adroit et, d'ici 3 ans, les marins devraient le faire voler un millier d'heures. Côté allonge, le drone a pour le moment été mis en oeuvre à 25 nautiques du PHE, l'objectif étant d'augmenter progressivement cette portée à 60 nautiques.

 L'Adroit  (© : DCNS)
L'Adroit (© : DCNS)

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