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La France prépare la mise en service d’une nouvelle version du M51

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La dissuasion française poursuit sa modernisation. Dans cette perspective, les sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE) de la Marine nationale vont bientôt disposer d’une nouvelle version du missile balistique M51, équipée des têtes nucléaires océaniques (TNO). La mise en service de ce nouveau tandem doit intervenir en 2016.

Connue sous le nom de M51.2, la nouvelle version du missile est spécialement adaptée à la TNO, plus performante que l’actuelle TN75 et d’une puissance de 100 kilotonnes.

 

SNLE du type Le Triomphant (© : MARINE NATIONALE)

SNLE du type Le Triomphant (© : MARINE NATIONALE)

 

Elle équipera dans un premier temps les SNLE Le Terrible, Le Vigilant et Le Triomphant (ce dernier sortant de refonte cet hiver pour un retour en flotte début 2016) puis Le Téméraire. Dernier utilisateur du M45, ce sous-marin adoptera le M51.2 après sa modernisation qui débutera l'an prochain et durera comme pour Le Vigilant et Le Triomphant une trentaine de mois.

Opérationnel depuis 2010 et l’entrée en service du Terrible, premier SNLE à en être équipé, le M51 va connaitre différentes évolutions. Alors que les successeurs des sous-marins actuels, les futurs SNLE 3G, arriveront à partir de 2030, la France a décidé de conserver des gabarits semblables, tant pour la plateforme que pour les missiles. « Cette décision a été prise parce que le niveau de performance souhaité le permettait et pour ne pas introduire, à l’horizon 2030, des systèmes en complète rupture avec l’existant. Nous sommes ainsi, pour les missiles balistiques, dans une démarche incrémentale visant au remplacement d’un étage tous les 8 à 12 ans ; cela permettra à la fois des gains de performance et le maintien des compétences industrielles de Safran/Herakles », expliquait en avril 2014 Laurent Collet-Billon, Directeur Général de l’Armement.

C’est dans cette perspective que la Direction Générale de l’Armement a procédé, le 30 septembre, à un tir de M51 depuis le centre d’essais de Biscarosse, dans les Landes. Il s’agissait d’un tir de développement lié à la nouvelle version du missile balistique.

 

Tir de M51 depuis Biscarosse (© : DGA)

Tir de M51 depuis Biscarosse (© : DGA)

 

Rien à voir donc avec l’échec du tir de M51 depuis Le Vigilant intervenu en mai 2013, même si tout tir est logiquement l’occasion de fiabiliser différents éléments. On rappellera que l’enquête sur la défaillance intervenue il y a presque deux ans et demi avait conclu à des problèmes de qualité dans la chaîne industrielle. Des mesures correctives ont, depuis, été apportées et le sujet est aujourd’hui clos pour le ministère de la Défense.

Pour mémoire, sept tirs de M51 ont été réalisés à ce jour, dont six avec succès, y compris deux depuis Le Terrible. Long de 138 mètres pour un déplacement de plus de 14.000 tonnes en plongée, ce sous-marin, comme les autres SNLE de la Marine nationale, peut embarquer jusqu’à 16 missiles balistiques. Ceux-ci sont conçus pour lancer des frappes massives ou délivrer un avertissement nucléaire destiné à manifester, en dernier ressort, la détermination de la France à défendre ses intérêts vitaux. Alors que chaque SNLE français possède une puissance de frappe équivalente à plus de 600 fois celle de la bombe d’Hiroshima, la portée estimée du M51 est de 9000 kilomètres. 

Marine nationale