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La France propose des frégates ou corvettes à la Grèce

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Comme évoqué récemment par différents media, les discussions ont repris entre la France et la Grèce concernant l’acquisition de nouveaux bâtiments militaires. Un projet vieux de plus de 10 ans, qui a été contrarié par les déboires financiers d’Athènes.

On se souvient qu’en 2008, Naval Group (alors DCNS) avait conclu avec le chantier grec Elefsis un accord de coopération dans le cadre du projet d’achat pour la marine hellénique de six frégates de la famille FREMM. Ces bâtiments étaient voisins de leurs homologues français, avec néanmoins des capacités de défense aérienne renforcées (missiles Aster 30 et VL Mica), Paris laissant également ouverte la possibilité de vendre à la Grèce des missiles de croisière.

 

Le modèle FREMM proposé à la Grèce en 2008  (© NAVAL GROUP)

 

Le projet n’a cependant pas vu le jour en raison de la très grave crise financière qui plongé le pays dans une situation extrêmement difficile. En 2013, Paris et Athènes avaient travaillé sur une alternative, portant sur la location de deux FREMM qui auraient été prélevées sur le stock des bâtiments alors en construction à Lorient pour la Marine nationale. Mais ce pis-aller ne s’est pas non plus concrétisé, les contraintes budgétaires étant encore trop fortes pour la Grèce.

Alors que le pays vient de nouveau d’être autorisé à emprunter sur les marchés financiers, la question de la modernisation de la marine hellénique émerge donc de nouveau. Cela alors que son éternelle rivale, la flotte turque, renforce significativement ses moyens, tant dans le domaine des bâtiments de surface que dans celui des sous-marins.

Semblant s’inscrire dans le cadre d’un accord d’Etat à Etat plutôt que dans celui d’un futur appel d’offres international, les discussions entre Paris et Athènes en sont encore à un stade préliminaire. Il convient donc d’être prudent.

 

Frégate du type FTI  (© NAVAL GROUP)

 

On notera cependant que la vente de FREMM n’est plus au goût du jour. La France propose en effet d’autres modèles de bâtiments à la Grèce, avec deux solutions possibles : soit des frégates de 4000 tonnes de la gamme Belhrarra (dont les futures FTI françaises sont issues), soit des corvettes de 2500 tonnes de la famille Gowind. La cible envisagée est pour le moment de deux unités, avec une option pour deux autres.

Dans les deux cas, il s’agirait d’une solution moins onéreuse que des frégates lourdes du type FREMM, donc plus en ligne avec les ressources que pourrait mobiliser la marine grecque. Les Gowind, solidement équipées dans tous les domaines de lutte, notamment la chasse aux sous-marins, parait comme le compromis le plus raisonnable pour commencer à moderniser la flotte et relancer l'industrie navale locale sans plomber les finances grecques, encore fragiles. Mais il est aussi vrai que les FTI peuvent être tentantes, en particulier pour la défense aérienne. 

La marine hellénique aligne actuellement 13 frégates, soit 4 unités de 3200 tpc du type Meko 200 HN mises en service entre 1992 et 1998, ainsi que 9 anciens bâtiments néerlandais de 3600 tpc du type Kortenaer, datant de 1979/1983 et cédés par les Pays-Bas entre 1994 et 2004. C’est sur ces derniers que le besoin de remplacement est le plus urgent.

 

Le Limnos, frégate grecque du type Kortenaer  (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

Naval Group (ex-DCNS)