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La France travaille à réactiver la mission Corymbe en Afrique
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La France travaille à réactiver la mission Corymbe en Afrique

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Pour la première fois depuis 30 ans, la Marine nationale n’assure plus depuis la mi-mars une présence permanente dans le golfe de Guinée. Initiée en 1990, cette mission, connue sous le nom de Corymbe, a été suspendue pour deux raisons, en lien avec la crise du coronavirus. D’abord, la flotte française a dû contracter son activité pour préserver dans la durée ses missions essentielles, achever des déploiements en cours comme celui du groupe aéronaval, et mobiliser des moyens dans le cadre de la lutte contre le Covid-19 (opération Résilience). Le maintien de Corymbe était, de plus, devenu compliqué sur le plan logistique du fait que la pandémie a entrainé des restrictions sur les activités portuaires et aériennes en Afrique, où les ports ne sont pas fermés mais centrés pour l’essentiel sur le traitement des marchandises de première nécessité.

Bientôt un mois après la fin de présence sur zone du dernier bâtiment de la Marine nationale engagé dans cette mission, le patrouilleur (ex-aviso) Lieutenant de Vaisseau Le Hénaff, rentré à Brest le 26 mars, la France souhaite réactiver Corymbe. Mais il lui faut pour cela avoir la garantie de disposer dans le golfe de Guinée de points d’appui portuaires. « Nous sommes en ce moment même en train de discuter avec un pays de la région pour obtenir l’autorisation d’organiser des escales techniques, ce qui nous permettrait de relancer l’opération », a déclaré le 10 avril la ministre des Armées, Florence Parly, à l’occasion d’une audition devant la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées du Sénat.

Le retour de Corymbe, et donc le renforcement de la présence militaire française dans la région, est un enjeu important pour Paris. Du fait notamment que la pandémie pourrait entrainer une dégradation de la situation sécuritaire sur le continent, voire une possible déstabilisation de certains pays. Or, la France compte plus de 60.000 ressortissants en Afrique de l’ouest. Il s’agit donc de disposer de moyens permettant d’intervenir en cas de troubles, pour des missions de protection et d'évacuation. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles l’un des trois porte-hélicoptères amphibies (PHA) de la Marine nationale, le Tonnerre, est conservé en réserve stratégique à Toulon, prêt à partir au besoin pour l’Afrique, alors que ses deux sisterships, le Mistral et le Dixmude, sont engagés dans l’opération Résilience.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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