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La France veut réaffirmer sa souveraineté sur l'atoll de Clipperton

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La France veut réaffirmer sa souveraineté sur l'atoll de Clipperton

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L’immense zone économique dont dépend l’atoll français vient d’être ouverte à la pêche. Une façon pour Paris de réaffirmer sa souveraineté sur ce morceau de caillou inhabité, situé aux confins des territoires français du Pacifique, à 1300 km du Mexique et plus de 6000 km de Tahiti. La seule présence de l’îlot assure toutefois à la France une Zone Economique Exclusive (ZEE) de 425.000 km² ! La surveillance d’une telle surface est bien évidemment difficile d’autant que la Marine nationale, basée à Papeete, ne s'y rend qu'une fois par an. Pour l'économie polynésienne, l’ouverture de cette vaste zone très poissonneuse est une bonne nouvelle. Confrontés depuis deux ans à une crise de la pêche hauturière en raison d'un manque de poissons, plusieurs armateurs de Tahiti ont fait savoir qu'ils étaient intéressés par une première campagne exploratoire à Clipperton.

Lutter contre la pêche illégale

Pour le gouvernement, la mise en exploitation de la ZEE de Clipperton, au-delà de l’aspect économique et politique, est aussi une excellente manière de lutter contre le pillage des ressources naturelles de l’atoll. En l’absence de base et de visites régulières de la marine, les pêcheurs d’Amérique du sud viennent y prendre illégalement de grandes quantités de poisson. Ainsi, la dernière campagne de surveillance de la frégate Prairial, en avril dernier, s’est soldée par trois arraisonnements. Parmi eux, on retiendra la visite du senneur mexicain Arkos Chiapas, pris en flagrant délit de pêche illicite le 26 avril avec près de 1000 tonnes de poisson à bord. Le lendemain, c’était au tour du bateau de pêche Salvadorien Montelucia d’être repéré par l’hélicoptère de la frégate. L’équipage reconnaîtra avoir pris dans ses lignes 230 tonnes de poissons. Ces visites en disent long sur l’importance de cette pêche illégale menée en toute impunité quand la frégate n'est pas là. Pour relayer la Marine nationale qui n’a pas les moyens d’assurer une permanence dans les moindres recoins du Pacifique, les chalutiers polynésiens constitueraient un excellent moyen de surveillance autour de l’atoll, comme l’avait été il y a quelques années leurs confrères de la Réunion autour des Kerguelen. En assurant une présence à Clipperton, les autorités françaises espèrent bien faire payer des redevances aux pêcheurs sud-américains. D'ailleurs, quatre licences étrangères ont déjà été demandées.

Histoire d'une île enveloppée de mystère

Pomme de discorde régulière entre la France et le Mexique qui en revendique la souveraineté, Clipperton fut explorée le 2 avril 1711 par les français Martin de Chassairon et Michel du Bocage. Les deux commandants des frégates "La Découverte" et "La Princesse" en dressèrent la première carte et baptisèrent l’atoll "Ile de la Passion". L’origine du nom de Clipperton est en revanche beaucoup plus énigmatique. Elle provient sans doute, par déformation, du naturaliste anglais John Clippington qui aurait débarqué sur l’île quelques années avant Chassairon et du Bocage. L’îlot se révélant riche en phosphate, la France en prend officiellement possession en 1858. Une petite colonie prend en charge l’exploitation de 1897 à 1917. Cette période s’achèvera par l'aventure tristement connue des « oubliés de Clipperton ». L’histoire même de ce bout de caillou est marquée par les tragédies, naufrages et autres légendes, lui valant les surnoms d’île tragique, île de la désolation, île de l’oubli, île mystérieuse ou encore île au trésor.

A voir un excellent site sur l’histoire et la géographie de l’atoll : Clipperton.fr
Ne pas manquer également de site de l'explorateur Jean-Louis Etienne sur l'Expédition Clipperton

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