Défense
La frégate Forbin face à la menace sous-marine

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La frégate Forbin face à la menace sous-marine

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Le dernier né des bâtiments de combat français poursuit son déploiement en océan Indien. En compagnie du porte-avions USS Dwight D. Eisenhower, le Forbin a pu mener une série d'exercices en lien direct avec sa mission principale : la défense aérienne. Mais la coopération avec le groupe aéronaval américain fut également l'occasion, le 8 juin, de tester les capacités de la frégate de défense aérienne en matière de lutte anti-sous-marine. Bien que d'abord conçue pour traiter les menaces au dessus de la surface, le bâtiment dispose, en effet, de moyens lui permettant de faire face à une attaque de sous-marin. Le Forbin est notamment doté d'un sonar de coque 4110 CL, un système de lutte anti-torpille SLAT (composé notamment d'hydrophones remorqués) et des torpilles légères MU90. « Grâce au SLAT, l'équipage est capable de détecter et d'analyser les bruits émis par une torpille. Une fois celle-ci reconnue et sa route calculée, on peut déterminer très rapidement une solution à adopter. Sur ce point le Forbin bénéficie de moyens d'autoprotection efficaces : des lanceurs situés de part et d'autre de la frégate ; des leurres destinés à déjouer l'attaque adverse... Au delà et si malgré les leurres et le système de brouillage, la torpille n'est pas déviée, des torpilles légères MU90 peuvent être déployées. Le système de direction, situé au CO permet de la guider », explique la Marine nationale.

Torpilles MU90 (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)
Torpilles MU90 (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

La torpille franco-italienne MU90, récemment entrée en service, est considérée comme la meilleure de sa catégorie. Longue de 2.96 mètres pour un calibre de 324 mm et un poids de 295 kilos, elle est tirée au moyen de deux tubes ou via un hélicoptère. D'une portée d'environ 15 kilomètres, la MU90 dépasse la vitesse de 50 noeuds et peut plonger à 1000 mètres.
Cette arme, qui équipe progressivement les frégates anti-sous-marines du type F70 ASM, sera également embarquée sur les futures frégates multi-missions (FREMM) de la classe Aquitaine et les avions de patrouille maritime.
On notera que, si le Forbin dispose de solides équipements en matière de défense ASM, ce navire ne peut se substituer à une véritable frégate anti-sous-marine. Il lui manque notamment un sonar remorqué, principal moyen de détection de ces navires spécialisés dans la chasse aux sous-marins.
Livrée par DCNS l'an dernier, la FDA achève actuellement sa traversée de longue durée (TLD) et sa période de vérification des caractéristiques militaires (VCM), préalables à son admission au service actif. Un bâtiment identique, le Chevalier Paul, subira le même processus dans les prochains mois.

Marine nationale