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La frégate Latouche-Tréville endommagée suite à une fortune de mer
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La frégate Latouche-Tréville endommagée suite à une fortune de mer

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Pas de blessé mais une tête de mât brisée, des dégâts en contrebas et un retour obligé au port. Peu après son départ de Brest, la frégate anti-sous-marine Latouche-Tréville a été victime dans la soirée du 9 janvier d’une fortune de mer au large des côtes bretonnes. Dans des conditions météo très dégradées, avec une houle de 7 mètres et un fort vent, la partie supérieure de la mâture s’est brisée et est tombée sur la superstructure, à bâbord. De sources militaires, il n’y a « aucun blessé » et le bâtiment « conserve la pleine et entière disponibilité de sa propulsion ainsi que des installations de production d’énergie, de sécurité et de navigation ». Mais, alors qu’elle devait semble-t-il participer à un exercice au large de l’Espagne, la frégate a été obligée de faire demi-tour pour regagner Brest, où elle est arrivée dans l’après-midi du vendredi 10 janvier. « Le Latouche-Tréville (est) de retour au port base pour une évaluation des indisponibilités. Un plan d’action sera mis en œuvre au plus tôt pour retrouver sa pleine et entière disponibilité ». Il s’agit de déterminer l’étendue des dégâts, notamment sur les systèmes se trouvant dans la mâture (dont des moyens de communication et de guerre électronique), mais aussi ceux touchés par la chute de la partie supérieure du mât. Les images du bâtiment à son retour à Brest montrent notamment des dommages sur l'une des deux antennes de communication par satellite Syracuse III (celle située à bâbord), partiellement protégée par une bâche bleue. Sur le même côté, le brouilleur ARBB-36 et le système surface-air Simbad ne semblent visuellement pas touchés. Ce qui a en revanche sans doute été le cas du lance-leurres Dagaie, dont la rambarde a été partiellement arrachée. 

 

La tête de mâture du Latouche-Tréville avant l'accident (© MICHEL FLOCH)

La tête de mâture du Latouche-Tréville avant l'accident (© MICHEL FLOCH)

La tête de mâture du Latouche-Tréville au retour du bâtiment à Brest (© MICHEL FLOCH)

La tête de mâture du Latouche-Tréville au retour du bâtiment à Brest (© MICHEL FLOCH)

 

 

Le Latouche-Tréville rentrant dans la base navale de Brest (© MICHEL FLOCH)

Le Latouche-Tréville rentrant dans la base navale de Brest (© MICHEL FLOCH)

 

Septième et dernière frégate anti-sous-marine du type F70 ASM, le Latouche Tréville, mis en service en 1990, est aussi l’une des deux ultimes unités de cette série encore opérationnelles. Egalement basé à Brest, le La Motte-Picquet, entré en flotte en 1988, doit être mis en retraite cette année, le Latouche-Tréville étant prévu pour tirer sa révérence en 2021. Alors que le processus de retrait du LMP est déjà engagé et sans doute difficilement arrêtable maintenant, la réparation du LTT à mois d'un an et demi de sa fin de carrière peut poser question. Tout dépendra de la nature et du coût des travaux, mais aussi des besoins opérationnels, le format de la flotte étant taillé au plus juste alors qu'il reste encore trois FREMM à mettre en service et que la première FDI brestoise, le Ronarc'h, ne sera pas opérationnelle avant 2024. Le bâtiment peut cependant peut-être naviguer encore quelque temps sans l'ensemble de ses équipements, d'autant qu'il ne pourra guère plus servir à partir de l'été 2020, date de retrait du service des derniers hélicoptères Lynx, que de plateforme de surveillance et de "piquet sonar". Les décisions seront prises dans les prochaines semaines, à l'aune de l'évaluation technique et financière des dégâts et de la remise en état de la frégate. 

Long de 139 mètres pour une largeur de 15 mètres et un déplacement de 4000 tonnes en charge, le Latouche-Tréville est armé par un équipage de 240 marins. Spécialisé dans la lutte anti-sous-marine, ce bâtiment dispose pour cette mission d'un sonar de coque DUBV-24C, un sonar remorqué à immersion variable DUBV-43, deux tubes pour torpilles MU90 et un à deux hélicoptères Lynx dotés d'un sonar trempé et de torpilles. Le reste de l'armement comprend jusqu'à 8 missiles antinavire Exocet MM40, un système surface-air Crotale, deux Simbad, une tourelle de 100mm et de l'artillerie légère. 

- Voir notre reportage réalisé àn bord en 2008 lors d'une chasse au sous-marin

 

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