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La frégate Normandie sera mise à flot jeudi prochain

C’est le 18 octobre que la troisième frégate multi-missions et seconde FREMM française, la Normandie, sera mise à flot sur le site DCNS de Lorient. Le bâtiment va rejoindre le quai d’armement où sa construction va se poursuivre, en vue d’une livraison en 2014 à la Marine nationale, qui va réceptionner dans les prochaines semaines l’Aquitaine, tête de série du programme FREMM. C’est en octobre 2009 que la construction de la Normandie a débuté à Lorient, où les deux frégates suivantes, la Provence et la Languedoc, sont également en cours de réalisation depuis 2010 et 2011. DCNS achève également, dans son site morbihannais, première FREMM vendue à l’export, en l’occurrence au Maroc. Second bâtiment réalisé après l’Aquitaine, le Mohammed VI doit débuter bientôt ses essais en mer, sa livraison étant programmée l’an prochain.

En tout, DCNS a, pour le moment, vendu 12 FREMM, soit 11 à la Marine nationale et une au Maroc. Destinées à remplacer les frégates des types F67 (Tourville) et F70 ASM (classe Georges Leygues), les 9 premières frégates françaises auront des capacités anti-sous-marines renforcées. Les deux dernières, en revanche, seront dédiées à la défense aérienne et éventuellement la défense anti-missile balistique, avec des moyens radars plus puissants et l’emport de missiles surface-air Aster 30. Les « FREDA », comme on les appelle, doivent remplacer les frégates Cassard et Jean Bart (F70 AA), la dernière étant prévue pour entrer en service en 2022.

 

L'Aquitaine lors de ses premiers essais, en 2011 (© DCNS)

 

 

Des bâtiments très modernes et particulièrement puissants

 

 Ces bâtiments, longs de 142 mètres et affichant un déplacement de 6000 tonnes, se caractériseront par leur automatisation très poussée, qui permet de réduire l’équipage à 108 hommes seulement, mais aussi la puissance des équipements embarqués. L’Aquitaine et ses sisterships disposeront, ainsi, d’un radar multifonctions Herakles, d’un sonar remorqué Captas 4 s’ajoutant au sonar de coque et d’importants moyens de guerre électronique (dont deux brouilleurs), essentiellement fournis par Thales. DCNS, pour sa part, inaugure avec l’Aquitaine un système de combat centralisé de nouvelle génération, le SETIS, que le groupe français présente comme le plus évolué du marché. L’armement, très puissant, offrira aux FREMM une grande polyvalence. Il comprendra notamment, pour la France uniquement, 16 missiles de croisière MdCN (Scalp Naval), dont le premier tir en mer doit, justement, être effectué en 2014 par la Normandie. D’une portée supérieure à 1000 km, cette arme de grande précision développée par MBDA, capable de neutraliser des cibles durcies, offrira à la marine française une nouvelle capacité de frappe contre des objectifs terrestres. Les nouvelles frégates disposeront, par ailleurs, de 8 missiles antinavire Exocet MM40 Block3 et 16 missiles surface-air Aster 15 (MBDA), ainsi que 19 torpilles légères MU90, mise en œuvre depuis le bord ou via l’hélicoptère embarqué, un Caïman Marine (NH90) doté d’un sonar trempé FLASH. L’artillerie, enfin, sera composée d’une tourelle de 76mm OTO-Melara (avec la possibilité d’intégrer une pièce de 127mm) et deux canons télé-opérés Narwhal, des armes automatiques de 20mm spécialement conçues par Nexter pour lutter contre les menaces asymétriques.

 

L'Aquitaine survolée par un NH90 (© MARINE NATIONALE)

 

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