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La FREMM Bretagne dans la rade de Brest

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Construite par Naval Group à Lorient et ayant débuté ses essais en mer le 18 octobre, la frégate multi-missions (FREMM) Bretagne était hier à Brest, où elle sera basée à compter de 2018. Cela fait près de 80 ans qu’un bâtiment de combat de la flotte française n’a pas porté le nom de la région qui lui a donné tant de marins. Le dernier en date était le cuirassé Bretagne, lancé en 1913 à l’arsenal de Brest et coulé à Mers el-Kébir en juillet 1940.  

 

L'ancien cuirassé Bretagne, en 1916 (© MARIUS BAR)

 

Alors que l’un des 18 escorteurs rapides réalisés après-guerre s’appelait Le Breton (il a servi de 1957 à 1976), le nom de Bretagne devait initialement être attribué au second sous-marin nucléaire d’attaque du type Rubis (lui-même appelé à l’origine Provence) mais ces bâtiments furent rebaptisés et le second SNA devint Saphir. Le programme des deux porte-avions destinés à remplacer le Clémenceau et le Foch, initié à la fin des années 70, a aussi constitué une occasion manquée puisqu’il avait été envisagé dans un premier temps de les nommer Bretagne et Provence. Finalement, un seul porte-avions sera construit, désigné Richelieu au moment de sa commande début 1986, avant de devenir Charles de Gaulle l’année suivante.

Les nouvelles FREMM perpétuent donc la tradition des bâtiments portant des noms de régions, une pratique qui s’était développée du temps de la marine royale, lorsque les provinces françaises contribuaient directement au financement de certains vaisseaux, auxquels elles donnaient leur nom. Lors du lancement du programme, 17 FREMM devaient être réalisées, ce qui aurait permis à la plupart des régions françaises d’avoir sa frégate. Mais la cible a été progressivement réduite à 8 unités.

 

La FREMM Bretagne hier à Brest (© MICHEL FLOCH)

 

Alors que parallèlement, de nombreuses collectivités régionales ont été fusionnées, la Marine nationale avait tenté, dans un premier temps, de baser ses nouvelles frégates entre Brest et Toulon en fonction de leurs noms de baptême. Mais les imprévus rencontrés par le programme et les impératifs opérationnels ont un peu bousculé les prévisions. Deux fois de suite, la seconde FREMM française, prévue pour s’appeler Normandie, a été vendue à un pays étranger (la première au Maroc et la seconde à l’Egypte). Las, la Provence, qui devait être la troisième FREMM tricolore et la première basée à Toulon, s’est retrouvée en seconde position et a rejoint en 2015 à Brest la tête de série, l’Aquitaine, livrée en 2012 par Naval Group. Toulon a entretemps reçu le Languedoc et l’Auvergne en 2016 et 2017. En revanche, pour la Bretagne, il était évidemment hors de question de positionner un bateau aussi symbolique et attendu en Méditerranée. Le nom a donc été judicieusement réattribué lors de la réorganisation du programme vers un bâtiment à destination de Brest. Idem pour la Normandie, qui après deux occasions ratées verra le jour avec la sixième unité de la série, en cours de construction à Lorient en vue d’une livraison en 2019.

Toulon recevra enfin deux unités aux capacités antiaériennes renforcées (FREMM DA), les Alsace et Lorraine, qui devraient être achevées en 2021 et 2022. Viendra ensuite la série des cinq nouvelles frégates de taille intermédiaire (FTI), dont on ne connait pas encore les noms.

Concernant la Bretagne, qui devrait semble-t-il avoir Rennes pour ville marraine, elle va poursuivre ses essais. Son bref et très discret passage à Brest, qui lui a probablement permis de passer sur les boucles magnétiques installées dans la rade, aura en tous cas permis de la prendre pour la première fois en photo.

Succédant aux frégates anti-sous-marines des types F67 (Tourville) et F70 ASM (Georges Leygues), ainsi qu’aux frégates antiaériennes du type F70 AA (Cassard) pour les Alsace et Lorraine, les FREMM mesurent 142 mètres de long et affichent un déplacement de 6000 tonnes en charge. Les six premiers bâtiments de la série sont conçus pour la mise en œuvre de 16 missiles de croisière navals (MdCN), 16 missiles surface-air Aster 15, 8 missiles antinavire Exocet MM40 Block3, un canon de 76mm, deux canons de 20mm télé-opérés, des torpilles MU90 et un hélicoptère Caïman Marine. Les FREMM DA auront quant à elle un radar Herakles plus puissant, un système de combat adapté à la défense aérienne et embarqueront 32 missiles Aster 30. Toutes seront pourvues de capacités de lutte anti-sous-marines complètes, avec notamment un sonar remorqué Captas 4.

 

Marine nationale Naval Group (ex-DCNS)