Défense
La FREMM égyptienne prend la mer

Reportage

La FREMM égyptienne prend la mer

Défense

Mercredi matin, les marins égyptiens étaient pour la première fois aux commandes de leur toute nouvelle frégate, la Tahya Misr, livrée la veille par DCNS. Un moment historique pour l’Egypte, qui n’a jamais disposé d’un bâtiment de combat aussi moderne et puissant. Pour le premier appareillage, il y avait donc forcément un peu de tension. Mais, très vite, les réflexes ont pris le dessus et les marins égyptiens, conduits par le commandant Mohammed Nabil, ont parfaitement dompté leur nouveau fleuron, sous l’œil attentif des instructeurs de DCI Navfco. « Ils étaient extrêmement concentrés et on voit l’efficacité de la formation dont ils ont bénéficié. Ils sont très professionnels et ont pris naturellement les commandes du navire », explique l’un des pilotes de Lorient, qui a assisté à de nombreux départs en essais mer de bâtiments vendus à l’export et confie qu’il a rarement vu un équipage  s’en sortir aussi bien.

 

L'équipage du Tahya Misr (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

L'équipage du Tahya Misr (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Tahya Misr quittant Lorient mercredi (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Tahya Misr quittant Lorient mercredi (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Quatre mois pour transformer la frégate et former l’équipage

Une situation d’autant plus remarquable qu’il a fallu former les Egyptiens en un temps record suite au contrat signé le 16 février dernier. « Ce contrat a fait l’objet d’une négociation éclair et c’est le premier du genre en France. Depuis le début du mois de février nous avons repoussé nos limites et relevé de nombreux défis », rappelle Hervé Guillou, président de DCNS, qui également souligné « le travail considérable accompli (par les Egyptiens) afin d’en apprendre le maximum sur ce navire sophistiqué et extrêmement puissant en un minimum de temps ».

 

Lors de la cérémonie de transfert (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Lors de la cérémonie de transfert (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Le Caire souhaitant une frégate opérationnelle dès l’été, la France a proposé, suite aux premières discussions intervenues en septembre 2014, de lui transférer l’une de ses FREMM, en l’occurrence la Normandie, devait  alors être livrée à la Marine nationale. Celle-ci s’est donc reconfigurée pour gérer le décalage de réception de sa seconde frégate multi-missions (réaffectation d’unités entre Toulon et Brest, prolongement d’un an du Montcalm, gestion des ressources humaines inhérentes) et, ainsi, permettre à DCNS de conclure ce nouveau contrat à l’export. La partie française du programme FREMM a également été modifiée avec la Direction Générale de l’Armement, qui va commander une frégate supplémentaire pour compenser le transfert de la Normandie. « Il est rare de voir une marine céder un navire qui avait déjà un équipage, dans des délais aussi courts et tous les partenaires publics et privés déployer autant d’énergie et de volonté pour se réorganiser et faciliter la mise en œuvre d’un contrat à l’export ».

 

Le Tahya Misr au large de Lorient (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Tahya Misr au large de Lorient (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Tahya Misr au large de Lorient (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Tahya Misr au large de Lorient (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Modifications par rapport à la Normandie

DCNS n’a, quant à lui, eu que quatre mois pour adapter l’ex-frégate française Normandie aux besoins égyptiens et former son équipage. Du jamais vu. Techniquement, certains matériels ont été débarqués, comme les deux brouilleurs qui étaient situés de part et d’autre de la mâture, les deux antennes du système de communication par satellite Syracuse III et, bien entendu, les deux lanceurs verticaux Sylver A70 qui avaient été installés sur la Normandie pour lui permettre de mettre en œuvre 16 missiles de croisière naval (MdCN).

 

Le Tahya Misr ne conserve que ses lanceurs pour Aster 15 (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Tahya Misr ne conserve que ses lanceurs pour Aster 15 (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Tahya Misr (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Tahya Misr (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Dans sa nouvelle configuration, la Tahya Misr ne conserve que deux lanceurs Sylver A43 dotés de 16 cellules pour missiles surface-air Aster 15. A terme, l’Egypte pourra renforcer si elle le souhaite cette capacité en récupérant l’espace qui était occupé par les Sylver A70. En dehors de l’armement, l’ensemble des systèmes  de communication et d’information (SIC 21, RIFAN…) de l’ex-Normandie ont été débarqués et remplacés par des systèmes égyptiens.

 

Le Tahya Misr au large de Lorient (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Tahya Misr au large de Lorient (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Longue de 142 mètres pour un déplacement de 6000 tonnes en charge, la FREMM égyptienne demeure équipée d’un radar multifonctions Herakles, d’un sonar de coque UMS 4110, d’un sonar remorqué Captas 4 et d’une suite de guerre électronique comprenant détecteur, intercepteur et lance-leurres (deux NGDS pour contre-mesures antimissile et deux SLAT pour leurres anti-torpille). L’armement sera axé sur 16 Aster 15, 8 missiles antinavire Exocet MM40 Block3, une tourelle de 76mm, deux canons télé-opérés de 20mm (Narwhal) et deux tubes lance-torpilles (MU90). Dans un premier temps, la Tahya Misr pourra en outre mettre en œuvre un hélicoptère Super Seasprite doté pour la lutte anti-sous-marine d’un sonar trempé et de torpilles.

 

Le Tahya Misr (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Tahya Misr (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Plateforme hélicoptère (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Plateforme hélicoptère (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Hangar hélicoptère (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Hangar hélicoptère (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

DCI Navfco mobilise d’importants moyens pour la formation

Concernant la formation de l’équipage, composé d’une centaine de marins, elle est assurée pour la partie technique par DCNS. Les marins égyptiens ont ainsi, ces derniers mois, enchaîné les cours à terre, à quai et sur les simulateurs du groupe naval. Pour la partie opérationnelle, c’est comme d’habitude DCI Navfco qui est à la manoeuvre. La société, créée en 1972 pour assurer le transfert du savoir-faire opérationnel de l’armée française vers des pays alliés, a mobilisé de très gros moyens pour mener à bien le programme égyptien, qui représente pour elle un véritable défi. Ainsi, pour les essais en mer, par moins de 35 instructeurs sont présents sur la frégate. « Au Central Opération, en passerelle et au PC Machine, il y a un instructeur derrière chaque opérateur égyptien. Cela, 24h/24, avec 35 instructeurs en journée et 25 la nuit », explique-t-on chez DCI.

 

 

La passerelle surmontée du radar Herakles (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La passerelle surmontée du radar Herakles (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La passerelle du temps de la Normandie (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La passerelle du temps de la Normandie (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le CO du temps de la Normandie (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le CO du temps de la Normandie (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Malgré les contraintes inédites de ce contrat en matière de calendrier, la prise en main de la Tahya Misr par son équipage semble donc bien se passer. « L’équipage est vraiment très volontaire et a soif d’apprendre. Ils sont particulièrement heureux et fiers de pouvoir disposer d’un tel bâtiment ». Un enthousiasme qui facilite évidemment la période d’apprentissage. Celle-ci bénéficie en outre du fait que l’ex-Normandie avait déjà, avant la décision de la transférer à l’Egypte, effectué ses essais de plateforme et de systèmes. « La période de déverminage et de mise au point des équipements avait déjà été réalisée par DCNS et la marine française. Et c’est dans un ce cas un très gros avantage car c’est autant de temps de gagné aujourd’hui pour ce programme dont les délais sont extrêmement courts », note un officier.

 

Le Tahya Misr au large de Lorient (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Tahya Misr au large de Lorient (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Trois campagnes d’entrainement en mer

En tout, trois campagnes d’essais au large de Lorient sont prévues. La première, qui a donc débuté hier, s’achèvera ce vendredi. Et la frégate repartira dès lundi pour une nouvelle  semaine d’entrainement, à laquelle s’ajoutera une troisième sortie. L’objectif est de former l’équipage à la conduite du bâtiment, qui dispose d’une propulsion CODLOG avec quatre moteurs diesels, une turbine à gaz et deux moteurs électriques de propulsion lui permettant d’évoluer en silence jusqu’à 15/16 nœuds (notamment lors des phases de lutte ASM) et de pouvoir atteindre en basculant sur sa turbine à gaz la vitesse de 27 nœuds. Dans le même temps, les équipes de DCI Navfco initient les marins égyptiens à la mise en œuvre du système d’armes et aux tactiques du combat naval pouvant être employées depuis ce bâtiment. En matière d’armement, il s’agira dans un premier temps de former l’équipage à l’emploi de l’artillerie, articulée autour de la tourelle de 76mm OTO-Melara compact Super Rapido, capable de délivrer 120 coups par minute contre buts aériens, de surface ou terrestres (portée maximale donnée à 17 km).

 

Canon de 76mm sur la plage avant (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Canon de 76mm sur la plage avant (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Les marins égyptiens vont également mettre en œuvre les deux systèmes Narwhal (Nexter) logés sur le toit du hangar. Ces deux canons de 20mm, qui peuvent être opérés depuis le CO, sont notamment destinés à contrer les menaces asymétriques. Ce sera d’ailleurs l’un des domaines de lutte privilégiés dans la formation initiale des marins égyptiens. Quant aux missiles, ils seront livrés ultérieurement et une nouvelle campagne d’entrainement et de qualification est prévue l’année prochaine avec la marine égyptienne pour valider l’ensemble des capacités opérationnelles du bâtiment.

 

Le Tahya Misr au large de Lorient (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Tahya Misr au large de Lorient (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Départ pour l’Egypte fin juillet après un passage à Brest

Ce dernier devrait quitter Lorient le 20 juillet afin de rallier Brest et y charger ses munitions de 76 et 20mm. S’en suivra une campagne de tirs au large de la Bretagne avant le grand départ de la Tahya Misr vers l’Egypte. En plus de l’équipage, une dizaine de collaborateurs de DCNS et 25 instructeurs de DCI seront à bord pour poursuivre la formation et accompagner les marins égyptiens. Le transit devrait durer 9 jours et permettre au bâtiment d’arriver vers le 2 août dans la base navale d’Alexandrie. La Tahya Misr, dont le nom signifie « Vive l’Egypte », sera alors prête pour conduire la revue navale allant marquer,  quatre jours plus tard, l’inauguration de la première phase du colossal chantier d’extension du canal de Suez. Un évènement pour lequel est également prévu un défilé aérien auquel participeront les trois premiers Rafale commandés par l’Egypte. Des avions qui, à l’instar de l’ex-FREMM française, seront compte tenu des délais prélevés sur le stock d’avions neufs produits pour l’armée de l’Air.

 

Gowind égyptienne (© : DCNS)

Gowind égyptienne (© : DCNS)

 

Nouveau partenariat stratégique entre Paris et Le Caire

C’est le 16 février dernier que l’Egypte a commandé à la France 24 Rafale, une FREMM et différents lots de missiles, pour une valeur globale de 5.2 milliards d’euros. Ce contrat complète celui engrangé l’an dernier par DCNS, qui a vendu à la marine égyptienne, pour près d’un milliard d’euros, quatre corvettes du type Gowind 2500, dont la tête de série a été mise en chantier à Lorient il y a deux mois en vue d’une livraison en 2017 (voir notre article sur le sujet). Ces commandes symbolisent l’émergence d’un nouveau partenariat stratégique entre la France et l’Egypte. Une nouvelle alliance née de plusieurs facteurs, dont le besoin pour Le Caire de renforcer ses moyens militaires pour contrer la menace croissante des groupes terroristes à ses frontières et dans ses zones d’intérêt. « La France met disposition de l’Egypte ce qu’elle a de meilleur. C’est la reconnaissance du rôle central que joue l’Egypte pour la sécurité de la région. Face au développement sans précédent de la menace terroriste, les forces armées égyptiennes sont un facteur de stabilité incontournable », a souligné mardi, à l’occasion de la livraison de la frégate Tahya Misr, Jean-Yves Le Drian, ministre français de la Défense. La situation ne cesse en effet de s’aggraver, de l’Afrique du nord au Proche et Moyen-Orient. Alors que Daesh tient une bonne partie du territoire syrien et n’a pour le moment pas pu être délogé du nord de l’Irak, les terroristes demeurent très actifs dans la bande sahélienne et profitent de la situation désastreuse en Libye. Dans le même temps, la Tunisie demeure fragile et l’Algérie semble au bord de l’implosion à cause d’un système politique et économique à bout de souffle. L’Egypte apparait donc comme l’un des rares centres de stabilité au sud du bassin méditerranéen. C’est donc un allié essentiel, d’autant qu’il s’agit non seulement d’un verrou stratégique pour la sécurité mais aussi pour l’économie européenne. Car c’est par le canal de Suez que transitent l’essentiel des marchandises importées et exportées avec l’Asie et le Moyen-Orient.

 

Le canal de Suez (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le canal de Suez (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Porte-conteneurs à Suez (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Porte-conteneurs à Suez (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Sécuriser le canal de Suez et ses approches

Il est donc impératif d’assurer la sécurité du canal en lui-même, avec le déploiement de forces terrestres, de moyens aériens et nautiques, mais aussi de ses approches. Ce qui implique une forte présence au sud, en mer Rouge, où la marine égyptienne a été amenée à évoluer jusqu’au détroit de Bab el-Mandeb suite à la guerre civile ayant secoué le Yémen.  La protection du trafic maritime, à laquelle participe également l’Arabie saoudite en mer Rouge, est également une préoccupation à l’ouvert du Canal de Suez côté Méditerranée. Car il y a également, dans ce secteur, un risque d’attaques terroristes. L’Egypte en a fait l’amère expérience en novembre dernier lorsqu’un de ses bâtiments a été pris d’assaut par des embarcations rapides au large de Damiette. Il s’agissait pourtant d’une unité solidement armée puisque le bateau en question était le 6 of October, l’un des cinq anciens patrouilleurs lance-missiles ex-allemands du type 148 (47 mètres de long, vitesse de 36 nœuds). Malgré sa puissance de feu (missiles Exocet, tourelle de 76mm un canon de 40mm), le 6 of October n’a rien pu faire contre l’assaut des terroristes et la marine égyptienne a été contrainte de détruire son bâtiment pour éviter qu’il ne tombe entre les mains des assaillants.

 

Le patrouilleur 6 of October (© : COLLECTION FLOTTES DE COMBAT)

Le patrouilleur 6 of October (© : COLLECTION FLOTTES DE COMBAT)

 

Répondre à la menace terroriste et renforcer l’influence égyptienne dans la région

Face aux menaces asymétriques ou  à celles, plus conventionnelles, des troupes de Daesh, l’Egypte a donc décidé de rénover son appareil militaire, qu’il s’agisse de ses forces aériennes ou de sa flotte. Et c’est aussi l’occasion, bien entendu, de réaffirmer sur le plan diplomatique sa puissance et son influence vis-à-vis des pays voisins. Ainsi, avec son nouveau bâtiment amiral, la marine égyptienne va disposer de la plus grande unité de combat de la région. « C’est l’une des frégates les plus modernes au monde. Elle permettra à la marine égyptienne d’effectuer un important saut qualitatif et va constituer un appui puissant au niveau stratégique. Nous assistons à une véritable modernisation de la marine égyptienne qui avec ses nouvelles unités sera capable de faire face à toutes les menaces, aériennes, sous-marines ou de surface », a déclaré mardi le général Sedki Sobhy, ministre égyptien de la Défense, qui a souhaité un renforcement de la coopération militaire avec la France. Une volonté à laquelle a volontiers répondu Jean-Yves Le Drian, évoquant le renforcement du partenariat entre les forces armées des deux pays, avec des exercices bilatéraux, un projet de présence permanente d’un coopérant à l’état-major de la marine à Alexandrie, ou encore la décision de renforcer la représentation française au Caire avec la nomination d’un attaché d’armement.

 

Le général Sobhy serrant la main de Jean-Yves Le Drian (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le général Sobhy serrant la main de Jean-Yves Le Drian (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Le choix français plutôt qu’américain

Cette nouvelle alliance est également, au-delà de la possibilité d’accéder à des matériels de pointe, l’occasion pour Le Caire de diversifier ses sources d’approvisionnement en matériels militaires. Le choix français s’est, ainsi, clairement opéré au détriment des Etats-Unis. Cela pour une raison très simple : l’acquisition d’équipements tricolores est un gage de souveraineté et d’indépendance pour les pays acheteurs, ce qui n’est pas toujours le cas avec les Américains. Ainsi, quand les Emiratis ont souhaité l’an dernier bombarder des positions terroristes en Libye, Washington ne les a pas autorisés à utiliser leurs F-16, obligeant à mener les raids (via l’Egypte) avec des Mirage 2000. Une situation qui explique aussi l’engouement actuel pour le Rafale et, de manière plus globale, les succès que les industriels français remportent depuis un moment à l’export.

 

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

DCNS veut se développer localement

Comme pour Dassault avec le Rafale, DCNS débute là une relation de long terme avec l’Egypte. Outre la FREMM, le programme des quatre Gowind est fondamental puisqu’il comporte un important volet lié au transfert de technologie, les chantiers d’Alexandrie allant réaliser au moins trois corvettes. Il faudra ensuite assurer la maintenance et le soutien logistique des nouveaux bâtiments. A ce titre, un contrat de six ans a d’ores et déjà été signé entre DCNS et l’Egypte pour assurer le maintien en condition opérationnelle de la Tahya Misr. C’est d’ailleurs la première fois que le groupe naval vend le MCO dès le neuvage d’un bâtiment. Pour mener à bien ce contrat et assurer le soutien technique lié à la réalisation des Gowind, DCNS va s’implanter en Egypte. « DCNS souhaite engager un partenariat à long terme avec la marine égyptienne et les chantiers navals égyptiens, et nous souhaitons investir à Alexandrie afin de développer les compétences et les installations industrielles », affirme Hervé Guillou. Une présence et une coopération locales qui permettront au groupe de fortifier ses liens avec les Egyptiens et d’être on ne peut mieux placé pour saisir de nouvelles opportunités.

 

Le Tahya Misr à Lorient (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Tahya Misr à Lorient (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Une partie de la flotte égyptienne reste à renouveler

Car la modernisation de la marine égyptienne se poursuivra dans les prochaines années. Les Gowind devraient permettre de remplacer les deux vieilles frégates ex-américaines du type Knox, mises en service en 1973 et 1974. Mais il faudra ensuite songer à la succession des  quatre O.H. Perry, datant de 1981 et 1982. Idem pour les deux Jianghu I d’origine chinoise (1984 et 1985) ou encore les deux ex-corvettes espagnoles du type Descubierta (1984). Le programme Gowind, qui pourra comprendre jusqu’à six bâtiments (deux sont en option) permettra de combler une partie des besoins futurs mais ne sera pas suffisant. Alors que l’Egypte envisageait l’an dernier de commander une seconde FREMM, des opportunités seront aussi à saisir dans le domaine des patrouilleurs, la flotte égyptienne dans ce domaine étant également vieillissante.   

Ci dessous le reportage photo de la cérémonie de livraison de la Tahya Misr mardi et sa première sortie en mer sous pavillon égyptien le lendemain. La rédaction de Mer et Marine en profite pour remercier la station de pilotage de Lorient qui nous a permis de suivre le bâtiment après son appareillage.

 

Cérémonie de transfert (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Cérémonie de transfert (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Cérémonie de transfert (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Cérémonie de transfert (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Cérémonie de transfert (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Cérémonie de transfert (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Cérémonie de transfert (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Cérémonie de transfert (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Cérémonie de transfert (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Cérémonie de transfert (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Cérémonie de transfert (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Cérémonie de transfert (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Cérémonie de transfert (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Cérémonie de transfert (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Cérémonie de transfert (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Cérémonie de transfert (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Cérémonie de transfert (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Cérémonie de transfert (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Cérémonie de transfert (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Cérémonie de transfert (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Cérémonie de transfert (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Cérémonie de transfert (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Cérémonie de transfert (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Cérémonie de transfert (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Cérémonie de transfert (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Cérémonie de transfert (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Cérémonie de transfert (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Cérémonie de transfert (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Cérémonie de transfert (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Cérémonie de transfert (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Cérémonie de transfert (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Cérémonie de transfert (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Cérémonie de transfert (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Cérémonie de transfert (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Tahya Misr mercredi matin (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Tahya Misr mercredi matin (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Départ de Lorient mercredi matin (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Départ de Lorient mercredi matin (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Départ de Lorient mercredi matin (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Départ de Lorient mercredi matin (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Départ de Lorient mercredi matin (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Départ de Lorient mercredi matin (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Départ de Lorient mercredi matin (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Départ de Lorient mercredi matin (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Départ de Lorient mercredi matin (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Départ de Lorient mercredi matin (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Départ de Lorient mercredi matin (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Départ de Lorient mercredi matin (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Départ de Lorient mercredi matin (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Départ de Lorient mercredi matin (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Départ de Lorient mercredi matin (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Départ de Lorient mercredi matin (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Départ de Lorient mercredi matin (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Départ de Lorient mercredi matin (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Départ de Lorient mercredi matin (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Départ de Lorient mercredi matin (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Départ de Lorient mercredi matin (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Départ de Lorient mercredi matin (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Les remorqueurs lâchent la frégate (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Les remorqueurs lâchent la frégate (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Tahya Misr au large de Lorient (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Tahya Misr au large de Lorient (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Tahya Misr au large de Lorient (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Tahya Misr au large de Lorient (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Tahya Misr au large de Lorient (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Tahya Misr au large de Lorient (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Tahya Misr au large de Lorient (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Tahya Misr au large de Lorient (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Tahya Misr au large de Lorient (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Tahya Misr au large de Lorient (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Tahya Misr au large de Lorient (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Tahya Misr au large de Lorient (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Tahya Misr au large de Lorient (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Tahya Misr au large de Lorient (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Le Tahya Misr au large de Lorient (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Tahya Misr au large de Lorient (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Tahya Misr au large de Lorient (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Tahya Misr au large de Lorient (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Tahya Misr au large de Lorient (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Tahya Misr au large de Lorient (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Tahya Misr au large de Lorient (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Tahya Misr au large de Lorient (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Tahya Misr au large de Lorient (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Tahya Misr au large de Lorient (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Tahya Misr au large de Lorient (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Tahya Misr au large de Lorient (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Tahya Misr au large de Lorient (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Tahya Misr au large de Lorient (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Tahya Misr au large de Lorient (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Tahya Misr au large de Lorient (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Tahya Misr au large de Lorient (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Tahya Misr au large de Lorient (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

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