Défense
La FREMM Normandie à la loupe

Reportage

La FREMM Normandie à la loupe

Défense

Seconde unité du programme des frégates multi-missions, la Normandie, dont la livraison à la Marine nationale est prévue dans le courant de l’hiver, a achevé au début de l’été une campagne d’essais de cinq semaines qui l’a conduite jusqu’en Méditerranée. L’occasion pour Mer et Marine d’embarquer sur le nouveau fleuron de la Marine nationale et d’en apprécier les équipements comme la modernité. Nous profitons d’ailleurs de ce reportage pour faire un état des lieux complet des capacités des FREMM, la Normandie étant la première de la série à intégrer l’ensemble des systèmes prévus dans le programme.

Construite par le site DCNS de Lorient, la Normandie a débuté ses essais en mer en octobre 2013, un an après sa mise à flot. Au large des côtes bretonnes, sa propulsion et sa manoeuvrabilité ont d’abord été testées. Puis, au fil des sorties, les tests ont porté sur les senseurs, l’armement et leur fonctionnement avec le système de combat, qui gère l’ensemble de façon intégrée grâce à son cœur informatique, le Combat Management System (CMS).

 

La Normandie (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La Normandie (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La Normandie (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La Normandie (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Les moyens de la DGA et de la Marine nationale mis à contribution

 

La campagne menée depuis Toulon avait pour but de valider les performances du CMS et de progresser dans la mise au point des différentes capacités du bâtiment, notamment la lutte antiaérienne et la lutte anti-sous-marine, mais aussi la guerre électronique ou encore les liaisons de données tactiques.  Les essais ont été réalisés dans le sud et non au large de la Bretagne pour plusieurs raisons. D’abord, il faut pour conduire une telle campagne un centre opérationnel de la Direction Générale de l’Armement, autorité en charge de la gestion des tests. Alors qu’en Atlantique, la DGA ne dispose que de son site des Landes, elle compte dans la région de Toulon plusieurs implantations, avec notamment l’île du Levant et ses outils de trajectographie, ou encore Istres avec ses moyens aériens. Le secteur bénéficie en outre, et c’est fondamental, de la proximité immédiate de la grande base navale de Toulon, à partir de laquelle la Marine nationale apporte son concours avec des bâtiments et aéronefs.

 

La frégate Cassard passant à proximité (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La frégate Cassard passant à proximité (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Pour les besoins des essais de la Normandie, les navires croisant dans la zone ont été mis à contribution, complétant les moyens spécifiques déployés par la DGA, comme des avions Mirage 2000 du Centre d’essais en vol d’Istres effectuant des simulations d’attaque aérienne, ou encore l’emploi de balises destinées à tester les systèmes de guerre électronique. « Nous nous inscrivons dans tous les dispositifs possibles, qu’il s’agisse de la présence de bâtiments de la Marine nationale, qui effectuent par exemple des exercices au large de Toulon, ou bien entendu de la DGA. En fonction des besoins émis par DCNS, celle-ci organise les essais, amène des moyens et assure la sécurité », explique Pierrick Etiemble, responsable des systèmes de combat chez DCNS.

 

La passerelle de la Normandie (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La passerelle de la Normandie (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Quatre ans de tests préalables à Saint-Mandrier

 

Avant d’en arriver là, plus de quatre ans de travaux ont été menés sur le CMS et l’intégration des équipements. Des essais effectués sur une plateforme terrestre, à Saint-Mandrier. Ce matin, en sortant de la rade de Toulon, la Normandie passe justement devant ces installations, juchées au sommet des falaises de la presqu’île varoise. La plateforme d’intégration est implantée au sein du Site d’Expérimentation des Systèmes de Défense Aérienne de la DGA. Très reconnaissable depuis la mer, le SESDA arbore une mâture complète de FREMM, avec un radar Herakles et, derrière lui, le grand mât tout équipé des nouvelles frégates françaises. Un lanceur vertical de missile est également présent. L’ensemble, orienté vers la mer, compte encore des structures et équipements ayant servi pour de précédents programmes. On distingue ainsi le radar de veille air à longue portée S 1850 M (SMART L) des frégates Horizon ou encore un vestige de la réplique du mât du porte-avions Charles de Gaulle, qui trônait en son temps à Saint-Mandrier.

 

Devant Saint-Mandrier (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Devant Saint-Mandrier (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le site du SESDA à Saint-Mandrier (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le site du SESDA à Saint-Mandrier (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le site du SESDA à Saint-Mandrier (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le site du SESDA à Saint-Mandrier (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

« Tous les équipements de la frégate sont d’abord intégrés sur la plateforme terrestre. C’est une étape majeure qui permet de faire en sorte que les interactions entre le CMS, les senseurs et l’armement fonctionnent bien, cela en tenant compte de l’ensemble de la plateforme (au sens bâtiment, ndlr) », explique Hervé Boy, ancien pacha de la frégate Forbin, qui officie aujourd’hui chez DCNS. «  A Saint-Mandrier, nous disposons de l’ensemble des équipements du système de combat, le radar, la guerre électronique et un simulateur de lanceurs de missiles. La plateforme valide les éléments logiciels de chaque équipement. Ils sont ensuite intégrés les uns après les autres au logiciel central. Pour vérifier la bonne intégration du système, nous simulons des attaques, par exemple avec des balises ou des avions. Les anomalies détectées sont alors corrigées  », précise Pierrick Etiemble. Ainsi, avant que la Normandie procède à son premier tir réel de missile, la séquence aura été jouée des milliers de fois sur la plateforme d’intégration. L’objectif est bien entendu de déverminer le système et de le fiabiliser au maximum en amont, de manière à réduire la durée de mise au point à bord de la frégate. Une procédure d’aut

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