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La FTL, « enjeu stratégique » pour DCNS

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La FTL, « enjeu stratégique » pour DCNS

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Au lendemain de l'annonce de la signature du contrat des Futures Torpilles Lourdes, on se félicitait hier, chez DCNS, d'avoir décroché un « marché majeur », attendu depuis de longs mois. « C'est un contrat important en volume mais c'est aussi un enjeu stratégique pour l'entreprise car les torpilles sont un domaine extrêmement pointu et complexe. Les industriels capables d'en produire se comptent sur les doigts d'une main », souligne Bernard Planchais, directeur général délégué du groupe naval de défense. D'un montant de 420 millions d'euros (350 M€ HT), le programme FTL porte sur la livraison d'une petite centaine d'armes. Quant au coût du programme, très élevé, il tient au fait que DCNS ne livrera pas des torpilles sur étagère. « Le programme, ce n'est pas simplement des torpilles. C'est aussi le développement et l'intégration à bord des SNA actuels, des SNLE et des futurs SNA du type Barracuda. Le contrat prévoit également la maintenance pour une période de six ans », précise Bernard Planchais. Outre le maintien en condition opérationnelle (MCO), la production de plusieurs prototypes et torpilles d'entrainement, DCNS devra donc intégrer l'arme sur trois types de sous-marins différents. Ce sera notamment le cas des sous-marins nucléaires lanceurs d'engins et des sous-marins nucléaires d'attaque, actuellement dotés de la torpille lourde F17 Mod2. Concernant les SNA du type Rubis, on notera au passage que si les programmes Barracuda et FTL n'avaient pas tant glissé, l'Etat aurait peut être pu faire l'économie d'une intégration fort onéreuse sur une classe de bâtiments en fin de vie. Initialement, l'admission au service du premier Barracuda (le Suffren) était en effet prévue en 2012 (la livraison d'interviendra finalement qu'en 2017). Commandées plus tardivement que prévues, les FTL seront, quant à elles, livrées entre 2015 et 2021. Par rapport aux Black Shark, vendues à l'export, le tir des FTL se distinguera par la présence d'un refouloir pneumatique expulsant la torpille hors du tube, un système typiquement français.

 La FTL sera intégrée sur les SNA du type Rubis (©  MARINE NATIONALE)
La FTL sera intégrée sur les SNA du type Rubis (© MARINE NATIONALE)

D'une longueur de 6 mètres pour un diamètre de 533 mm et un poids de 1.5 tonne, la FTL affichera des performances nettement supérieures à son aînée. Capable de plonger aux alentours de 1000 mètres, elle dépassera 50 noeuds et pourra atteindre une cible à 50 kilomètres. « C'est une torpille de nouvelle génération avec des performances extrêmement intéressantes. Elle sera capable de neutraliser tous les types de navires existants ».
Outre l'aspect technologique, la FTL est aussi un enjeu commercial. DCNS apportera en effet ce contrat au pot des trois sociétés communes dont la création a été annoncée le 30 novembre dernier avec Thales et l'Italien WASS, filiale de Finmeccanica. Désireux de fusionner leurs activités de systèmes d'armes sous-marines, les trois industriels vont créer trois Joint Ventures spécialisées dans le développement et le marketing (51 % Finmeccanica et 49 % DCNS), la fabrication, le support et la réalisation de la tranche énergie (51 % DCNS et 49 % Finmeccanica) et, enfin, les têtes acoustiques (51 % Thales et à 49 % Finmeccanica). « Nous avons engagé les discussions pour les JV dans lesquelles nous sommes présents avec WASS. Cela avance correctement et devrait aboutir à la fin de l'année », explique Bernard Planchais.
La FTL assurera 50% de la charge de l'établissement DCNS de Saint-Tropez, qui sera versé à la JV fabrication. Le site travaille également à la production de la nouvelle torpille légère MU90, développée avec WASS et déjà vendue à plus de 1000 exemplaires.

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