Histoire Navale
La goélette Belle Poule en pleine rénovation

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La goélette Belle Poule en pleine rénovation

Cinq mois. C'est ce qu'il faut pour rénover entièrement le navire-école la Belle Poule. L'opération a commencé dans l'ancienne base sous-marine allemande, au fond du port militaire.

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Au premier coup d'oeil, elle fait peine à voir. Elle, si fringante habituellement, sur les mers, toutes voiles dehors, ou dans les ports. Posée en cale sèche dans l'ancienne base sous-marine allemande, démâtée, le pont éventré, la salle des machines vidée, avec juste quelques tuyaux qui pendent dans le vide, la goélette Belle-Poule est en pleine rénovation. Depuis début janvier, deux sociétés implantées à Brest opèrent : le  Chantier du Guip et Navtis. Une dizaine de personnes pour la première, une quinzaine (pas toutes sur place) pour la seconde. Et une coopération de tous les instants, chacun apportant ses compétences propres. Elles avaient déjà oeuvré ensemble, il y a deux ans, sur la Recouvrance. Navtis s'occupe surtout du moteur principal, du groupe électrogène et de la confection de gasoil, selon Gwénaël Gouriou, responsable du projet naval : « Cela représente à peu près 5.000 heures de travail sur cet arrêt technique ».

400 plaques de cuivre sur la coque

Bruno Potin, du service Soutien de la flotte à la Marine nationale, détaille la coque. « Elle est équipée de 400 plaques de cuivre, d'une épaisseur d'un millimètre. Elles ont été posées en 2000. Elles ne seront remplacées qu'en 2030. Cela protège le bois des xylophages marins qui perforent les coques. C'est la solution qu'avaient trouvée nos anciens ». Le cuivre a viré au vert-de-gris depuis longtemps... « En France, ce type de construction ne se trouve que sur les goélettes de la Marine nationale... » Parmi les difficultés, il y a celle de trouver des arbres exceptionnels. « Il y a encore des arbres plantés par Colbert (au XVIIe siècle), très longs. C'est important pour les pièces courbes de 10 m de long, sans un noeud, magnifiques, cintrés. Mais l'économie du bois fait que ces bois exceptionnels sont transformés pour faire des tonneaux ! C'est donc une bagarre continue pour en trouver », regrette Yann Mauffret, du Chantier du Guip.

« Créer un pôle de compétence brestois »

Côté positif, il insiste sur le fait que ce genre de chantier exceptionnel « permet de continuer à apprendre et de créer un pôle d'excellence brestois, qui peut se vendre à l'extérieur et promouvoir la place de Brest à l'international ». Et puis il y a, de façon plus immédiate, le plaisir de s'exprimer sur un voilier remarquable. Construite, en 1932 en Normandie par les chantiers navals de Fécamp ? comme sa jumelle, l'Étoile ?, la  Belle-Poule est une réplique des goélettes paimpolaises qui s'en allaient pêcher la morue au large de l'Islande, jusqu'à cette époque. Longue de 37,50 m sur 7,40 m de large, elle dispose habituellement de 450 m² de voilure. Elle sert aujourd'hui de navire-école pour les officiers mariniers et les élèves d'écoles d'équipage de la Marine. Le public peut la visiter à l'occasion. Il faudra attendre, pour cela, qu'elle soit à nouveau belle : la livraison est prévue pour le 28 mai. La prochaine révision de cette ampleur est prévue pour dans une vingtaine d'années...


Un article de la rédaction du Télégramme

 

La Belle Poule (© MICHEL FLOCH)

La Belle Poule (© MICHEL FLOCH)

 

 

 

 

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