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La Grande-Bretagne propose de réduire sa flotte de sous-marins stratégiques

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La Grande-Bretagne propose de réduire sa flotte de sous-marins stratégiques

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Devant l'Assemblée générale des Nations Unies, à New York, Gordon Brown a annoncé, cette nuit, que la Grande-Bretagne était prête à réduire de quatre à trois le nombre de ses sous-marins nucléaires lanceurs d'engins. Le premier ministre devrait détailler aujourd'hui cette proposition, au cours d'une session spéciale du Conseil de sécurité de l'ONU, consacrée au désarmement. La démarche britannique intervient dans la perspective de la renégociation du traité de non-prolifération. Londres fait donc un pas important pour le désarmement mondial, mais aussi, et peut être surtout, pour ses finances publiques. Le gouvernement estime, en effet, que le renouvellement simultané de la flotte stratégique et la modernisation des actuels missiles balistiques sera trop coûteuse. De l'autre côté de la Manche, différents chiffres circulent, dont certains paraissent fantaisistes. Sur la BBC, le chef du Parti libéral démocrate aurait, ainsi, avancé une facture supérieure à 100 milliards d'euros! Ce montant parait pour le moins excessif, à moins que les missiles soient plaqués or... On peut en tous cas le comparer au coût du renouvellement de la Force océanique stratégique française. Etalé sur 20 ans, ce dernier atteint 24 milliards d'euros pour quatre SNLE, ainsi que le développement et la production du nouveau missile M51. Pour mémoire, en 2007, lorsque la Chambre des communes a approuvé le projet de Tony Blair visant à renouveler la force de dissuasion britannique, le coût global du programme était estimé à 27 milliards d'euros.

Un nouveau SNLE à l'horizon 2024

Même trois fois inférieure à certaines estimation, la facture globale reste néanmoins très lourde, au moment où le pays a déjà les plus grandes difficultés à financer les programmes militaires déjà lancés. Londres souhaitant, néanmoins, rester une puissance nucléaire "indépendente", la réalisation de nouveau sous-marins est impérative. Le premier bâtiment pourrait être mis sur cale en 2017 pour entrer en service en 2024. La nouvelle génération sera amenée à remplacer les HMS Vanguard, Victorious, Vigilant et Vengeance, mis en service entre 1993 et 1999. Ces sous-marins, longs de 149.8 mètres pour un déplacement de 15.850 tonnes en plongée, embarque chacun 16 missiles Trident 2 D-5.
On notera qu'en réduisant sa flotte stratégique à seulement trois SNLE, la Grande-Bretagne prend le risque, en cas d'évènement(s) imprévu(s), de ne pas être en mesure de déployer, en permanence, un bâtiment à la mer. En France, pour assurer la permanence à la mer de la dissuasion nucléaire, le nombre minimum de SNLE a été fixé à quatre, soit au moins un en patrouille, un en entrainement, un en entretien courant et un en grand carénage ou en refonte. Alors que le Terrible n'est pas encore opérationnel, l'accident du Triomphant, immobilisé pendant 7 mois suite à une collision avec le Vanguard (en février), a d'ailleurs démontré la pertinence d'un dispositif à quatre unités. Avec un sous-marin en réparation non programmée et un autre en essais avant livraison, la Marine nationale ne disposait plus que des Vigilant et Téméraire, tous deux en mesure d'assurer la jonction.

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