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La Grèce signe une lettre d’intention pour l’acquisition de deux frégates françaises

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La Grèce signe une lettre d’intention pour l’acquisition de deux frégates françaises

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Ce n’est pas encore une commande mais c’est un premier pas vers le possible achat, par la Grèce, de deux frégates du type Belharra, dont les FDI sont la version française. Le 10 octobre, Florence Parly, ministre des Armées, a signé avec son homologue grec Nikos Panagiotopoulos, lors de la venue de ce dernier à Paris, une lettre d’intention portant sur le projet d’acquisition de ces bâtiments.

Les discussions vont maintenant se poursuivre entre Paris et Athènes, en particulier sur les spécifications techniques des frégates, ainsi que les modalités financières. Compte tenu d'une situation budgétaire encore difficile, la Grèce pourrait bénéficier de conditions avantageuses, par exemple bénéficier d’un crédit à l’exportation, en contrepartie duquel les bâtiments seraient probablement réalisés par Naval Group sur son site de Lorient, qui doit impérativement garnir son plan de charge au-delà de 2022.  

La Marine nationale sera le premier client de la nouvelle gamme Belharra, avec cinq premiers exemplaires déjà commandés. La construction de la tête de série débutera à Lorient dans une dizaine de jours en vue d’une livraison en 2023. Les autres suivront au rythme d’une unité tous les 18 mois, la cinquième devant rallier la flotte française d’ici 2030.

Appelées frégates de défense et d’intervention (FDI), ces unités de 121.6 mètres de long pour 17.7 mètres de large afficheront un déplacement de plus de 4400 tonnes en charge. Premier bâtiments de combat français entièrement numériques, ils seront équipés d’un nouveau radar plaques SeaFire, d’un sonar de coque KingKlip Mk2 et d’un sonar remorqué Captas-4 Compact. Pouvant mettre en œuvre un hélicoptère de la classe 10 tonnes et un drone aérien, ainsi que deux grandes embarcations commando, leur armement comprendra 8 missiles antinavire Exocet MM40 Block3c, 16 missiles surface-air Aster 15 et Aster 30, une tourelle de 76mm, deux canons télé-opérés de 20mm et des torpilles MU90.

La Grèce, qui veut moderniser son armée face à la montée en puissance de la Turquie, souhaite pour sa part une version militairement plus musclée, avec l’ajout de deux lanceurs verticaux : un pour 8 missiles de croisière navals (MdCN), l’autre permettant de passer à 24 la dotation en Aster. Le MdCN, qui n'a pas encore été vendu à l'export par la France, faisait pour mémoire partie de l'ancien projet - né à la fin des années 2000 et abandonné suite à la crise financière - de commande grecque pour les frégates du type FREMM. Il ne serait en revanche pas possible, cette fois, de compléter la défense aérienne courte portée avec des lanceurs VL Mica, ce qui était prévu pour les FREMM auparavant envisagées par la Grèce. 

Pour les Belharra/FDI, la configuration double (Aster/MdCN) pour les lanceurs verticaux situés à l'avant a été prévue par Naval Group dès la phase de conception de ses nouvelles frégates, mais elle n’est pour le moment pas retenue, pour des questions budgétaires, par la France. La Marine nationale s’y intéresse cependant et, si le projet grec se concrétise, elle pourrait profiter des développements réalisés pour son homologue hellénique afin de bénéficier des mêmes améliorations pour les FDI. La question des brouilleurs et des lance-leurres devrait également se poser.

Si ce projet se transforme en commande, la première frégate grecque pourrait être livrée en 2024 et la seconde à partir de 2025. 

 

Naval Group (ex-DCNS)