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La Jeanne d'Arc et le Georges Leygues interviennent en plein naufrage

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La Jeanne d'Arc et le Georges Leygues interviennent en plein naufrage

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En transit entre la Réunion et Aqaba, le porte-hélicoptères Jeanne d'Arc et la frégate Georges Leygues ont sauvé 31 marins et assisté au naufrage de leur bateau, apparemment bien connu dans la région. Les deux bâtiments français ont rejoint samedi dernier le Sibley, qui avait signalé un feu à bord et une voie d'eau. « Après avoir établi un contact, la Jeanne d'Arc, ordonne au Georges Leygues de rallier à vitesse opérationnelle la zone du sinistre. Le Sibley indique que le feu est sous contrôle, mais que compte tenu d'inquiétudes relatives à la stabilité du navire, une évacuation de l'équipage est envisagée. Une Alouette III de la flottille 22S embarquée à bord de la Jeanne d'Arc arrive sur zone. Quatre canots de sauvetage sont repérés avec des marins à leur bord. Le Georges Leygues est prévu d'arriver sur zone pour effectuer la récupération des naufragés. Arrivé sur zone, le Georges Leygues constate que le Sibley affiche une gîte* de 45°, et embarque de l'eau par l'effet des vagues. Les embarcations de la frégate, Zodiac et embarcation de drome opérationnelle (EDO), vont au contact des quatre canots de sauvetage de type «Bombard» et dénombrent 31 naufragés », explique l'Etat-major des Armées.

Le Sibley en train de sombrer (© EMA)
Le Sibley en train de sombrer (© EMA)

Sibley : Un cargo ou un palangrier suspecté par le passé de pêche illicite ?

Les naufragés, soit un capitaine chilien, 26 Indonésiens, 1 Péruvien, 1 Espagnol et 2 Russes, ont été recueilli dans un premier temps sur la frégate puis transférés sur la Jeanne à son arrivée sur zone. Selon l'EMA, « leur état de santé n'appelle pas d'inquiétude ». Alors que les canots de sauvetage sont récupérés par le Georges Leygues, les deux bâtiments mettent le cap sur Djibouti, pour y débarquer les marins du Sibley. Dans son communiqué, l'EMA parle de ce navire comme d'un « cargo battant pavillon panaméen (...) et transportant du poisson et des céréales, en provenance de Mombasa (Kenya) et se dirigeant vers Penang (Malaisie) ». Or, plus qu'un cargo, ce bateau s'apparente surtout à une unité de pêche, comme en témoignent les équipements stockés sur son pont (un cargo de si petite taille n'embarquerait, en outre, pas un équipage aussi nombreux). Le Sibley ressemble fort au palangrier panaméen du même nom, bien connu dans la région pour avoir été soupçonné, par le passé, de pêche illégale à la légine dans la ZEE française des TAAF. Dans plusieurs rapports officiels, on trouve un palangrier panaméen du nom de Sibley inscrit sur la liste des navires INN (Pêche illicite, non-déclarée et non réglementée). Ce même bateau fait également partie de la « Black List » de Greenpeace en matière de pêche illicite (en date de janvier 2009).
S'il s'agit bien du même navire, il ne pouvait cependant pas s'adonner à la prise illégale de légine au moment de son naufrage, car situé trop au nord des zones de pêche australes. Peut-être, finalement, s'était-il recyclé dans le cargo.

Les naufragés conduits sur la Jeanne (© EMA)
Les naufragés conduits sur la Jeanne (© EMA)

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