Marine Marchande
La logistique agricole touchée par le Covid-19

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La logistique agricole touchée par le Covid-19

Marine Marchande

Le Covid-19 n’épargne aucune filière logistique. Le trafic conteneurisé devrait être touché mais aussi la filière agricole. Un article d'Hervé Deiss de Ports et Corridors

Le coronavirus devrait avoir des effets sur le monde des transports. Des effets qui sont encore peu perceptibles sur les différentes chaînes logistiques. Lors de la présentation des mesures de relance du GPM du Havre, Baptiste Maurand, président du directoire du GPM Le Havre, a rappelé que dans ce domaine l'impact de ce virus n’est encore que faible. « Nous ne pouvons pas encore dire quels sont les effets du coronavirus sur les choix logistiques. Il faut cependant attendre que la crise soit passée, avec un possible effet de relance pour compenser ce qui n’a pas été expédié ».

Apparu en Chine, ce virus a d’abord un impact sur les approvisionnements. De nombreuses industries chinoises sont touchées et ne produisent pas ou dans une moindre mesure. D’autant plus que ce virus est monté en puissance au moment du Nouvel an chinois en février. Dès lors, les congés en Chine se sont prolongés. Déjà, certaines industries affichent des baisses de production. En Italie, la production de Fiat 500L a été suspendue en raison du manque de pièces en provenance de Chine. Ce phénomène amène dès aujourd’hui les industriels à réduire leur interdépendance à l’industrie chinoise. Il est encore trop tôt pour savoir si le sourcing de nombreuses entreprises va se modifier.

Blocage dans les ports chinois

Si la chaîne logistique des produits manufacturés subit des impacts encore difficiles à mesurer, les marchés agricoles sont pour leur part plus largement impactés. « La crise sanitaire liée au coronavirus accentue les déséquilibres sur les marchés agricoles », alerte Michel Portier, directeur général d’Agritel. Les récents mouvements de prix sur le marché des matières premières agricoles soulèvent en effet des interrogations. « Dans un contexte géopolitique tendu, la crise du coronavirus rappelle l’absolue nécessité d’établir un cadre de gestion pour les entreprises, qu’elles soient acheteuses ou vendeuses », continue Michel Portier.

Suite à la politique très volontariste de la Chine à reconstituer son cheptel décimé de 40 % par la peste porcine ces deux dernières années, les cours du porc se repliaient en ce début d’année. Mais une nouvelle hausse des cours se profile. En effet, avec la propagation du coronavirus, les importations sont désormais bloquées dans les ports et certains flux de marchandises dans l’Empire du milieu sont interdits. La reconstitution du cheptel sera plus lente que souhaitée par les autorités locales, engendrant ainsi de nouvelles importations et une hausse des cours.

A l’inverse, les cours des principales céréales se sont repliés de 5 % suite aux craintes des marchés financiers face à cette crise sanitaire. Déjà, les fonds américains anticipent un ralentissement économique mondial en réduisant leur exposition face à une volatilité croissante sur les marchés agricoles. C’est également le cas pour la poudre de lait qui a perdu 7% depuis le début du mois de janvier avec une crainte de baisse de la demande, notamment chinoise.

 

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