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La Malaisie devient le premier client export de la corvette Gowind

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La Malaisie devient le premier client export de la corvette Gowind

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DCNS devrait très prochainement officialiser la première vente export pour sa gamme de patrouilleurs et corvettes de la famille Gowind. Comme attendu, c'est la Malaisie qui devient le premier client de cette nouvelle génération de bâtiments. Face aux Allemands et aux Néerlandais, le groupe français s'est imposé avec son partenaire local, Boustead Naval Shipyard, qui a annoncé fin décembre la notification du contrat, d'un montant de 2.1 milliards d'euros. Celui-ci porte sur la réalisation de 6 corvettes, la première devant être livrée en 2017 et les suivantes à un rythme d'une tous les six mois. Réalisées par le chantier malaisien grâce à un transfert de technologie opéré par DCNS, ces corvettes représenteront le haut de gamme de la famille Gowind. Il s'agit du type Gowind Combat, dérivé de la corvette qui avait été étudiée pour la Bulgarie. Longues de 107 mètres pour un déplacement de 2400 tonnes en charge, elles disposeront d'une tourelle de 57mm (on aurait plutôt pensé à du 76mm, calibre déjà en service dans la marine malaisienne), d'un système surface-air (VL Mica ou ESSM) et de torpilles (sans doute MU90). Elles pourront mettre en oeuvre un hélicoptère EC275. L'embarquement de missiles antinavires (la Malaisie emploie des Exocet et Otomat) n'est en revanche pas évoqué, ce qui ne signifie pas que ce ne sera pas le cas (un emplacement pour 8 missiles est prévu derrière la mâture). Quant au système de combat, DCNS aurait livré une rude bataille avec Thales pour placer son CMS.

Gowind Combat  (© : DCNS)
Gowind Combat (© : DCNS)

Une gamme, différents modèles

Les bâtiments malaisiens seront nettement plus gros et puissants que le patrouilleur hauturier L'Adroit. Premier modèle de Gowind, réalisé sur fonds propres par DCNS, cet OPV (Offshore Patrol Vessel) de 87 mètres et 1450 tonnes est mis à la disposition de la Marine nationale pour une période de trois ans. Correspondant à l'entrée de gamme de la famille Gowind, il ne dispose comme armement que d'une artillerie légère, dont un canon de 20mm, et pourra embarquer un hélicoptère de 5 tonnes et un drone.
Lancée en 2006 et totalement revisitée deux ans plus tard, la gamme Gowind se décline en plusieurs versions, plus ou moins grandes et équipées, afin de répondre aux différentes missions pouvant leur être assignées : Surveillance et contrôle des espaces océaniques, lutte contre la piraterie, les trafics illicites et le terrorisme, police des pêches, secours en mer, combat en zone littorale ou en haute mer. Pour se faire, les ingénieurs de DCNS ont imaginé des bâtiments de 87 à 107 mètres, avec un déplacement compris entre 1000 et 2500 tonnes. Conçus pour être robustes et simples à construire, afin de faciliter les programmes en transfert de technologie, ces OPV et corvettes ont été étudiés pour générer des coûts d'exploitation et de maintenance réduits.

L'Adroit  (© : MICHEL FLOCH)
L'Adroit (© : MICHEL FLOCH)

Gowind Control  (© : DCNS)
Gowind Control (© : DCNS)

Gowind Presence  (© : DCNS)
Gowind Presence (© : DCNS)

Gowind Action  (© : DCNS)
Gowind Action (© : DCNS)

Gowind Combat  (© : DCNS)
Gowind Combat (© : DCNS)

Développer des alliances avec des industriels locaux

Les besoins pour ce type de bâtiments est actuellement très important, notamment en Asie, en Afrique, au Moyen-Orient et en Amérique latine. Alors que DCNS a réalisé dans le cadre du projet Hermes L'Adroit, afin de disposer d'une plateforme éprouvée à la mer et pouvoir y apporter d'éventuelles améliorations, le groupe naval développe une stratégie de partenariats afin de mieux vendre son nouveau produit à l'export. Pour le marché africain, DCNS s'est, ainsi, allié au chantier sud-africain Kobus Naval Design (KNB). L'accord, annoncé en septembre dernier, porte sur la promotion, la réalisation et la commercialisation de Gowind, Les deux partenaires visent d'abord le programme BIRO de la marine sud-africaine, qui souhaite se doter de trois OPV. Mais, au-delà de ce marché national, il s'agit aussi de répondre à différents appels d'offres dans la région.
Avec Boustead Naval Shipyard, DCNS mène une politique similaire pour la Malaisie et, plus largement, le sud-est asiatique, une région où le groupe français est déjà présent avec une filiale à Singapour, créée suite à la réalisation en transfert de technologie des frégates Delta. Fort de cette présence régionale, le groupe espère décrocher d'autres marchés en étant plus près de ses prospects, la signature de contrats dans les différents pays passant désormais quasi-systématiquement par des accords avec des industriels locaux. Créé en 1984 comme un arsenal de la marine malaisienne, BNS a été privatisé en 1995 et repris en 2005 par le conglomérat malaisien Boustead Holdings. Le chantier est localisé à Lumut, dans l'Etat de Perak, à l'ouest de la Malaisie. S'étalant sur 46 hecatres, BNS a notamment réalisé en transfert de technologie quatre corvettes de 91 mètres et 1650 tonnes du type allemand Meko A-100 (les deux premières ont été réalisées par Blohm+Voss à Hambourg), mises en service entre 2006 et 2010. Les relations entre Kuala Lampur et les industriels allemands était d'ailleurs historiques, ce qui rend la victoire de DCNS encore plus belle. Pour convaincre, les Français se sont notamment appuyés sur la réussite du programme Scorpène, qui a porté sur la livraison des deux premiers sous-marins malaisiens, en 2009 et 2010, ainsi que la formation de leurs équipages.
En dehors des corvettes, on notera que la Malaisie souhaite aussi acquérir un porte-hélicoptères d'assaut, marché sur lequel DCNS se positionne avec sa gamme de bâtiments de projection et de commandement (BPC).

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