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La marine canadienne prévoit une baisse de ses capacités opérationnelles

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La marine canadienne prévoit une baisse de ses capacités opérationnelles

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Le lancement, en 2010, du programme de modernisation Frigate Life Extension (FELEX) des 12 bâtiments du type City aura des conséquences importantes sur les marges de manoeuvre de la marine canadienne : « Nos capacités déclineront au début de la prochaine décennie quand nous entreprendrons les transformations », a expliqué vendredi le vice-amiral Drew Robertson. Cité par la Presse Canadienne, le chef de l'état-major maritime estime que le pays ne pourra plus, dans un proche avenir, compter autant sur sa flotte. Chantier particulièrement lourd, le programme FELEX immobilisera, à tour de rôle, les frégates du type City, entre 2010 et 2017. Ces navires, qui constituent l’ossature de la Royal Canadian Navy, recevront des missiles ESSM RIM-162C, un système de commandement JMCIS, la liaison 16, des systèmes de veille infrarouge Wescam 14 et Sirius, des leurres Nulka et, peut être, des missiles de croisière SLAM. Cette refonte, à laquelle devrait participer le Français DCN, est estimée à 1,7 milliard de dollars canadiens.

Quels navires pour assurer la succession des Tribal ?

Comme ses homologues occidentales, la marine canadienne a vu son format se réduire avec la chute du mur de Berlin et l’effondrement de l’Union Soviétique. Après avoir abandonné le projet de construire 12 sous-marins nucléaires (le type français Rubis était alors en lice), le Canada aura mis 13 ans à renouveler la majeure partie de sa flotte de surface. Livrées par Saint John et Marine Industries, les « Halifax », du nom de la tête de série, sont des frégates de 134 mètres de long pour 4800 tonnes en charge. Commandées en 1983 et 1987, elles ont remplacé, entre 1992 et 1996, les 17 frégates des types Saint Laurent, Restigouche et Annapolis. La succession de l’autre classe de bâtiments de premier rang de la marine canadienne, celle des destroyers lance-missiles du type Tribal, reste problématique. L’un de ces quatre navires trentenaires, le Huron, a été définitivement désarmé l’année dernière et les autres doivent être retirés du service à l’horizon 2010. La solution de remplacement prévue initialement, le Command/control and Area Air Defense Replacement (CADRE) a finalement été abandonnée. Ottawa envisagerait désormais une classe unique pour prendre la suite des Tribal et des City, ces derniers pouvant naviguer, avec la refonte qui se profile, jusqu’en 2030.

Le gouffre des sous-marins

Tiraillée par les économies budgétaires, la marine doit également faire face à la polémique entourant sa sous-marinade. Depuis la signature d’un contrat de location avec la Grande-Bretagne, en 1998, les quatre sous-marins du type Upholder accumulent les retards et les défaillances techniques. La série noire a débuté en octobre 2004 lors de la livraison du Chicoutimi. Durant son transit vers le Canada, l’ex-Upholder de la Royal Navy a été victime d’un incendie mortel. Alors que certains observateurs estimaient que les quatre navires pourraient être purement et simplement retirés du service, le Journal de Montréal affirmait, la semaine dernière, que « Loin d'abandonner le programme des sous- marins, comme certains le croyaient, le gouvernement conservateur de Stephen Harper semble garder le cap. La Défense planifie des dépenses supplémentaires de 400 M $ pour maintenir à flot ses quatre sous-marins encore une vingtaine d'années ». En avril, le gouvernement avait pourtant fait cesser les travaux sur le Chicoutimi, dont le coût des réparations est estimé à 100 millions de dollars. Après la découverte de fissures sur la coque des submersibles, les Cornerbrook et Victoria ont été bloqués à quai en avril 2004 et juin 2005. Seul le Windsor a pu reprendre la mer en février dernier, après une semaine de chantier suite à l'apparition d’une fuite sur une valve d'un circuit d’air. Livrés entre 1990 et 1993, les Upholder n'ont servi que 1 à 4 ans au sein de la Royal Navy, avant d'être désarmés. Les experts estiment que cette longue immobilisation a sans doute eu des conséquences néfastes sur les bâtiments.

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