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La marine fait sa démonstration de force au large de Hyères

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La marine fait sa démonstration de force au large de Hyères

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Un porte-avions, un bâtiment de projection, un sous-marin, un ravitailleur, deux frégates, un aviso, de nombreux aéronefs et un groupe de plongeurs démineurs... C'est mardi, au large de Hyères, que s'est déroulée la Journée de Présentation Marine, manifestation annuelle de la flotte française. « À travers des démonstrations dynamiques, l'objectif est de présenter les missions et les moyens de la Marine. Une journée en forme de tribune pour présenter aux personnalités institutionnelles ou aux invités les enjeux d'une marine moderne et l'importance de la maîtrise des espaces aéromaritimes dont l'étendue s'élève à 70% de notre fameuse planète bleue », explique la Marine nationale, qui précise que 30 de ses bâtiments, armés par 6000 marins, naviguent en permanence sur tous les océans du globe.
Cette année, le porte-avions Charles de Gaulle, le bâtiment de projection et de commandement Mistral, le bâtiment de commandement et de ravitaillement Marne, le sous-marin nucléaire d'attaque Perle, la frégate de défense aérienne Forbin, la frégate de lutte anti-sous-marine Jean de Vienne, l'aviso Commandant Bouan et un groupe de plongeurs démineurs étaient présents. L'aéronautique navale a, de son côté, participé avec des avions Rafale Marine, Super Etendard Modernisés, Hawkeye et Atlantique 2, ainsi que des hélicoptères Lynx et Dauphin.

JPM : Le Charles de Gaulle (© MARINE NATIONALE)
JPM : Le Charles de Gaulle (© MARINE NATIONALE)

JPM : Rafale, SEM et Hawkeye du Charles de Gaulle (© MARINE NATIONALE)
JPM : Rafale, SEM et Hawkeye du Charles de Gaulle (© MARINE NATIONALE)

La JPM comprenait différents tableaux dynamiques, reprenant les interventions opérationnelles auxquelles les marins sont entraînés et confrontés. Les invités ont, ainsi, pu apprécier les capacités de la flotte en matière de projection de puissance. Assurée par le porte-avions et son groupe aérien embarqué, celle-ci garantit une supériorité aérienne depuis la mer et sur la terre, en appui des troupes au sol. « C'est un élément important de la protection des intérêts nationaux à travers le monde et qui participe également à la dissuasion nucléaire dans sa composante aéroportée. Le porte-avions est une véritable base aérienne mobile, qui permet en particulier de s'affranchir des délais et contraintes diplomatiques que représente l'implantation d'une base dans un pays riverain de la zone d'intervention ».

JPM : Le Forbin et la Marine (© MARINE NATIONALE)
JPM : Le Forbin et la Marine (© MARINE NATIONALE)

Cet outil, unique, ne peut être efficace que s'il dispose des moyens logistiques à même de lui permettre de rester loin de sa base et dans la durée. Bien que le porte-avions soit doté d'une propulsion nucléaire, qui lui confère une autonomie très importante, il doit en effet se ravitailler régulièrement en carburant aviation et en munitions pour alimenter son groupe aérien, sans oublier les pièces de rechange et les vivres pour le personnel. Il convient, également, de ravitailler les bâtiments qui l'accompagnent, à commencer par ses frégates d'escorte. La Marine dispose, par conséquent, d'une flotte de quatre ravitailleurs, dont la Marne, qui a fait une démonstration de ravitaillement à la mer avec la frégate Forbin, notamment via un transfert de charge lourde par un hélicoptère Dauphin.

JPM : Transfert de charge lourde par un Dauphin (© MARINE NATIONALE)
JPM : Transfert de charge lourde par un Dauphin (© MARINE NATIONALE)

Différentes unités assurent la protection de la force contre tous les types de menaces. « En lutte au dessus de la surface, la menace est constituée par des bâtiments de surface équipés de missiles et par des aéronefs capables de conduire des assauts à la mer, mais également par des batteries de missiles installées à terre si la zone d'opération se trouve proche des côtes », note la marine. En dehors de son groupe aérien embarqué et de ses moyens d'autodéfense, le porte-avions (comme un BPC) peut compter, pour la lutte antiaérienne, sur des frégates spécialisées. C'est le cas des bâtiments du type F70 AA et des Horizon, dont le Forbin est le premier exemplaire. Mettant en oeuvre des missiles à lancement vertical Aster, cette dernière peut, grâce à la puissance de ses radars et de son système de combat, suivre des centaines de pistes et engager simultanément plusieurs cibles. Elle offre, à l'heure actuelle, la meilleure parade contre les attaques d'aéronefs et de missiles antinavires.

JPM : Atlantique 2 avec un missile AM39 Exocet (© MARINE NATIONALE)
JPM : Atlantique 2 avec un missile AM39 Exocet (© MARINE NATIONALE)

Dans le domaine de la lutte antisurface, outre l'artillerie, toutes les frégates de la Marine nationale disposent de missiles antinavire Exocet (MM38, MM40 Block2 et bientôt MM40 Block3). Ces armes, du type Fire and Forget, sont conçues pour percer les défenses de bâtiments militaires adverses et les désemparer. Une version tirée depuis sous-marin, le SM39, est également en service, ainsi qu'une version air-mer, l'AM39, dont sont dotés les SEM (et bientôt Rafale) du porte-avions, ainsi que les avions de patrouille maritime Atlantique 2.

Le SNA Perle (© JEAN-LOUIS VENNE)
Le SNA Perle (© JEAN-LOUIS VENNE)

Ces avions de patrouille maritime sont également spécialisés dans la lutte anti-sous-marine. Ils peuvent mouiller des barrages de bouées acoustiques pour traquer des sous-marins et mettre en oeuvre des torpilles. « La défense anti-sous-marine de la force est fondamentale puisqu'on estime qu'il y a actuellement plus de 500 sous-marins dans le monde. Cette menace est le plus souvent diffuse et difficile à localiser. Elle prend de plus en plus d'importance. Il est donc nécessaire de disposer de nombreux moyens de lutte, qu'ils soient de surface, aériens ou sous-marins ». Outre les ATL2, la marine peut compter sur ses frégates spécialisées, comme le Jean de Vienne (type F70 ASM). Dotée d'un sonar remorqué, ce bâtiment met en oeuvre un hélicoptère Lynx, qui va prendre des stations sonar (en immergeant à la meilleure profondeur un sonar) afin de pister un sous-marin ennemi. Une fois détecté, identifié et localisé, l'intrus peut être engagé par l'hélicoptère au moyen de torpilles.
La lutte ASM est également l'affaire des sous-marins nucléaires d'attaque (SNA), comme la Perle. Faisant partie des six SNA de la classe Rubis, ce bâtiment est également conçu pour attaquer des navires et effectuer des missions de renseignement.

JPM : Pétardage d'une mine par les plongeurs démineurs (© MARINE NATIONALE)
JPM : Pétardage d'une mine par les plongeurs démineurs (© MARINE NATIONALE)

Au cours de la JPM, la Marine nationale a également présenté l'une des ses grandes forces : la guerre des mines. Dans ce domaine, la flotte française dispose d'une expertise et d'une efficacité mondialement reconnues. Il s'agit d'un domaine de lutte stratégique dans la mesure où la seule présence de quelques mines bon marché peut paralyser une voie d'accès maritime vitale, comme un détroit ou des ports. « La France dispose de chasseurs de mines dont la mission en temps de paix est d'assurer le libre accès des ports militaires essentiellement au profit des sous-marins nucléaires lanceurs d'engins et du porte-avions. En temps de crise, ils participent à l'ouverture des voies de communication maritime au profit des bâtiments militaires comme civils. Mais leurs missions ne sont pas que militaires, puisqu'ils contribuent également à l'action de l'Etat en mer. Ils peuvent par exemple être employés en recherche d'épave ou en soutien lors de catastrophes naturelles ».

JPM : Interception d'une embarcation par le commando Hubert (© MARINE NATIONALE)
JPM : Interception d'une embarcation par le commando Hubert (© MARINE NATIONALE)

Enfin, durant la JPM, les invités ont pu découvrir les missions qui relèvent de l'action de l'Etat en mer. En effet, parallèlement aux missions de défense, la Marine nationale conduit en permanence des missions dites de « sauvegarde maritime », aussi multiples et variées. « Face à la multiplication des activités illicites en mer et des risques traditionnels liés aux activités maritimes, les missions de sauvegarde visent à assurer la protection et la sécurité des approches maritimes de notre territoire national ». Concrètement, les marins assurent des missions de sauvetage, de lutte contre les trafics illicites, la piraterie, le terrorisme, sans oublier la protection de l'environnement et des ressources naturelles.

JPM : Arraisonnement de narcotrafiquants (© MARINE NATIONALE)
JPM : Arraisonnement de narcotrafiquants (© MARINE NATIONALE)

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