Défense
La marine française expérimente la dronisation d’une ancienne frégate

Actualité

La marine française expérimente la dronisation d’une ancienne frégate

Défense

La plupart d’entre vous l’ont compris hier, cet article était un poisson d’avril ! Merci pour tous vos messages de félicitations depuis le site et les réseaux sociaux. Et bravo à Jean-Louis Venne pour le montage photo parfaitement réalisé! 

C’est une grosse surprise mais peut-être, en cette période de disette budgétaire, la réponse à la nécessaire augmentation des moyens de la Marine nationale pour assurer la protection des espaces maritimes français. Après huit mois de travaux menés en toute discrétion à Brest, dans une forme couverte habituellement réservée aux sous-marins, l’ancienne frégate Tourville, désarmée en 2010, a repris la mer. Mais elle ne ressemble plus à ce qu’elle était autrefois. Le bâtiment a, en effet, été amputé de sa partie centrale, soit 45 mètres en moins, ramenant sa longueur à seulement 108 mètres. Et, surtout, la plateforme a été dronisée, afin de pouvoir effectuer des patrouilles hauturières de manière autonome.

 

La frégate Tourville à la fin des années 2000 (© : 

La frégate Tourville à la fin des années 2000 (© : MARINE NATIONALE)

 

Un projet expérimental, financé dans le cadre d’un plan d’études amont de la DGA et piloté industriellement par DCNS, qui a été mené à moindres frais compte tenu des contraintes budgétaires du ministère de la Défense. L’ancienne propulsion de la frégate, en particulier les chaudières qui se trouvaient dans la partie centrale, a été débarquée. La coque a ensuite été remotorisée à minima, avec deux moteurs diesels puisés dans les stocks de la marine. Les tourelles de 100mm, qui ne sont plus opérationnelles, ont été conservées pour des questions de stabilité. Un lanceur Crotale (lui aussi en stock) a, en revanche, été remis en place, afin d'évaluer les capacités d’autodéfense surface-air d'un tel USV (Unmanned Surface Vehicle). Quant aux installations aéronautiques (hangar, plateforme, système de manutention), elles ont été adaptées pour expérimenter l’emploi de drones aériens à voilure tournante. Le Tourville va donc devenir un drone porte-drones, à l’image de ce qui est développé dans le domaine de la guerre des mines avec le programme européen MMCM NG. Enfin, l’état-major souhaite tester l’emploi d’un sonar remorqué, le renforcement des moyens de détection sous-marine étant l’une des priorités du moment.   

Pour le reste, le chantier de transformation a principalement porté sur les automatismes, le système de contrôle à distance et les moyens de communication.

Compte tenu de l’âge de la coque (1975) et de sa remise en état assez sommaire, l’ex-Tourville a seulement vocation à mener cette expérimentation au cours des deux prochaines années. En revanche, si l’expérience est concluante, la Marine nationale envisage de transformer les frégates du type F70 les plus récentes (Primauguet, La Motte-Picquet, Latouche-Tréville, Cassard, Jean Bart), au fil de leur remplacement par les nouvelles FREMM. Entrées en service entre 1986 et 1991, les FASM et FAA encore opérationnelles disposent en effet d’un meilleur potentiel structurel et peuvent être plus facilement transformées et dronisées qu’un bâtiment désarmé depuis plusieurs années.  

On notera enfin que les Britanniques pourraient s’associer à un futur programme. La Royal Navy réfléchit en effet à un concept similaire pour ses frégates du type 23. 

Marine Nationale | Toute l’actualité de la marine française