Défense
La marine indonésienne très satisfaite des bâtiments réalisés par Ocea

Actualité

La marine indonésienne très satisfaite des bâtiments réalisés par Ocea

Défense

Alors qu’il s’apprête à mettre à l’eau son premier patrouilleur hauturier, le constructeur vendéen Ocea a reçu un satisfecit de la marine indonésienne pour les deux bâtiments hydro-océanographiques livrés en 2015. Réalisés aux Sables d'Olonne, les KRI Rigel et KRI Spica ont connu une activité très soutenue ces derniers mois. Au premier trimestre 2016, ils ont cartographié 5.4 fois plus de surface (jusqu’à 11.000 km² pour un seul navire sur une mission de 30 jours) que l’ensemble des 13 unités hydrographiques opérées en 2013 par la marine indonésienne, qui a donc fait connaître sa satisfaction quant à l’efficacité de ses nouveaux outils. Et permis la diffusion de certaines images recueillies notamment lors des essais des Rigel et Spica au large des côtes françaises.

Des tests au cours desquels le Service Hydrographique et Océanographique de la Marine nationale, partenaire d’Ocea pour ce programme, avait souligné la qualité des données enregistrées, « y compris a vitesse élevée (14 noeuds) et par mauvaise mer (Mer 3 ou 4), grâce à excellente tenue à la mer de la plateforme et  des bruits très réduits », précise le constructeur vendéen.

 

L'épave du croiseur cuirassé Kléber au large de la Bretagne (

L'épave du croiseur cuirassé Kléber au large de la Bretagne (© OCEA)

 

Du type OSV 190 SC-WB, les deux bâtiments indonésiens mesurent 60.1 de long pour 11.5 mètres de large et présentent un tirant d’eau de 3.5 mètres. Réalisés en aluminium, les Rigel et Spica peuvent atteindre la vitesse de 16 nœuds et accueillir 40 marins et scientifiques, les capacités d'hébergement permettant de loger 11 personnes supplémentaires.

Ces navires ont été conçus pour offrir une meilleure connaissance des fonds et des eaux de l’archipel indonésien, qui compte 250 millions d’habitants et pas moins de 17.000 îles. les Rigel et Spica peuvent accomplir différents types de missions : Recherche scientifique côtière et par grands fonds (hydrographie, océanographie, géophysique, halieutique), production de cartes aux normes de l’International Hydrographic Organization (IHO), support aux opérations de guerre des mines ; recherche, sauvetage et récupération jusqu’à 1200 mètres de profondeur, surveillance et souveraineté...

Le choix et la qualification des équipements mis en œuvre par ces bâtiments ont été réalisés via la collaboration entre Ocea et les équipes du SHOM, qui ont en particulier retenu des matériels développés par le Français ECA et le Norvégien Kongsberg.

 

Le ROV H800 du KRI Rigel (

Le ROV H800 du KRI Rigel (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Chaque OSV met en oeuvre quatre échosondeurs (2 MBES + 2SBES), un sondeur de sédiment un ADCP (Acoustic Doppler Current Profiler) et un célérimètre intégrés dans une gondole sous la quille à l’avant du navire ; des moyens géodésiques pour la cartographie des côtes, des véhicules sous-marins Hugin 1000 de Kongsberg (AUV) et H800 d’ECA (ROV) avec bras manipulateur ; une vedette hydrographique de 8 mètres équipée pour les relevés de données le long des côtes par petit et très petits fonds ; des moyens de prélèvement, de stockage et d’analyse de l’eau, des poissons et sédiments. Les bâtiments disposent enfin de salles de contrôle, de gestion et de traitement des données.

 

 

Vedette hydrographique (

Vedette hydrographique (© OCEA)

 

Pour maximiser l’efficacité de ces équipements et la qualité des données recueillies, Ocea optimisé la plateforme. « Pour ces navires, Ocea a beaucoup investi dans la R&D pour la conception de la carène et l’intégration des senseurs afin d’assurer la grande polyvalence opérationnelle demandée et la production de cartes aux normes OHI », explique le chantier, qui a par exemple travaillé sur la tenue à la mer, la réduction des bruits rayonnés et des vibrations, ainsi que la robustesse des bateaux. Des efforts ont également été réalisés pour limiter l’impact environnemental et diminuer significativement les coûts d’exploitation de ces bateaux en aluminium, pour atteindre selon Ocea « environ 40% de moins qu’un équivalent en acier ».

 

 

Le constructeur français rappelle par ailleurs que la réussite de ce programme est également liée à l’accompagnement qu’il a prodigué avec le SHOM auprès de la marine indonésienne, avec la formation des équipages et du personnel scientifique à l’exploitation des navires et de leurs équipements. Puis un soutien pour le maintien en condition opérationnelle. 

Fort de ce succès, Ocea espère bien remporter d’autres contrats de ce type, surtout que le contexte international est favorable. Les tensions géopolitiques et revendications territoriales incitent en effet de nombreux pays à développer leurs moyens hydro-océanographiques pour connaître les limites de leurs territoires maritimes, alors que ces capacités servent aussi à mieux valoriser les ressources des zones économiques exclusives. Enfin, la prolifération du nombre de sous-marins dans le monde impose également une meilleure connaissance des fonds pour mettre en œuvre de tels bâtiments et lutter contre ceux déployés par des marines rivales.

 

 

Ocea, qui peut désormais construire des navires de près de 100 mètres dans son nouveau chantier des Sables, mise également sur les patrouilleurs hauturiers et a, dans cette optique, développé plusieurs modèles d’OPV afin de compléter sa gamme de vedettes et patrouilleurs légers. Le premier du genre, un bâtiment de 58 mètres du type OPV 190 MKII, commandé par une marine d’Afrique de l’ouest, sera mis à flot en fin de semaine.

 

Coque du premier OPV 190 MKII au chantier des Sables (

Coque du premier OPV 190 MKII au chantier des Sables (© OCEA)

OPV 190 MK II (© : OCEA)

OPV 190 MK II (© : OCEA)

OCEA