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La marine italienne commande un septième PPA

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La marine italienne commande un septième PPA

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Après une commande initiale de six unités en mai dernier, la marine italienne a notifié la construction d’un septième bâtiment du type PPA (Pattugliatore Polivalente d’Altura). Bien que désignés sous le nom de patrouilleurs polyvalents hauturiers, ces navires seront de véritables frégates. D’autant que leur gabarit s’est encore accru ces derniers mois, la longueur passant à 132.5 mètres (contre 126 initialement) pour un déplacement qui excèdera les 4500 tonnes.

Equipements et armement

Armés par un équipage de 171 personnes, ces bâtiments très rapides seront équipés d’une propulsion de type CODAG (Combined diesel and gas) avec une vitesse maximale de 33 nœuds. Bénéficiant d’un design furtif, ils mettront en œuvre un radar multifonctions à quatre faces planes (bandes X/C) dont le développement a été confié à Selex ES, filiale de Finmeccanica qui se chargera également de fournir un système de combat reposant sur une architecture ouverte, mais aussi un système de communication intégré de nouvelle génération, de nouveaux senseurs électro-optiques et une nouvelle conduite de tir. Côté armement, les Italiens annoncent que les PPA pourront notamment mettre en œuvre un système de défense anti-missile balistique développé par MBDA (projet basé sur la famille Aster), un nouveau canon de 76mm conçu par OTO-Melara, un système de détection sous-marine (sonar) produit par WASS et une suite complète de guerre électronique fournie par Elettronica. Alors que deux lanceurs verticaux permettront de loger 16 missiles de type Aster, les futures frégates italiennes sont également conçues pour mettre en œuvre 8 missiles antinavire, une tourelle de 127mm, de l’artillerie légère et probablement des torpilles. Un hangar abritera au moins un hélicoptère de type NH90 et/ou des drones, alors que des embarcations rapides de 11 mètres seront logées sous bossoir au centre des navires ou déployées via une rampe à la poupe.

 

 

Un cockpit faisant appel à la réalité augmentée

Les PPA vont également bénéficier du concept de « cockpit » co-développé par Fincantieri et Selex ES. Ce système permettra une gestion intégrée de la conduite de la plateforme et du système de combat, en recourant notamment à la réalité augmentée. Ces technologies permettront faciliteront la tenue de situation tout en réduisant le personnel de quart.

Des plateformes polyvalentes et modulaires

L’une des grandes originalités de ce programme réside dans la polyvalence et la modularité de la plateforme, qui sera déclinée en plusieurs variantes. Le modèle de base, faiblement équipé ou doté de simples moyens d’autodéfense, servira aux missions classiques de patrouille et d'action de l'Etat en mer, alors que la version « toutes options » fera du PPA une unité de combat de premier rang.

Deux espaces modulaires permettront de gréer les bâtiments pour des missions particulières. A l’arrière, un espace couvert pourra accueillir 5 conteneurs de 20 pieds, alors que 8 autres conteneurs pourront être logés dans la zone centrale. Ces 13 boites constitueront des modules de mission permettant de loger et mettre en œuvre du matériel opérationnel et logistique, un hôpital embarqué ou encore des capacités d’hébergement supplémentaires. Les PPA disposeront en outre d’équipements pour produire de grosses quantités d’eau potable ainsi que des générateurs d’une puissance de 2000 kW conçus pour livrer de l’électricité à terre. Ils seront ainsi à même d’intervenir dans le cadre d’opérations humanitaires, en particulier dans des zones touchées par des catastrophes naturelles.

 

 

Jusqu’à 10 PPA livrables à partir de 2021

Alors que les PPA seront réalisés par les chantiers Fincantieri de Riva Trigoso et Muggiano, le programme comprendra jusqu’à 10 bâtiments, les trois derniers faisant l’objet d’une option. La tête de série doit être livrée en 2021, ses deux premiers sisterships suivant en 2022 et 2023. Deux unités doivent ensuite rejoindre la flotte italienne en 2024, alors que Fincanteri livrera les sixième et septième en 2025 et 2026.

Comme pour les frégates multi-missions (FREMM) franco-italienne, le programme est géré par l’Organisation conjointe de coopération sur l’armement (OCCAR) européenne. Industriellement, il est porté par le consortium Raggruppamento Temporaneo di Impresa (RTI) constitué de Fincantieri (mandataire) et Finmeccanica via Selex ES.

Un bâtiment logistique et un porte-hélicoptères d’assaut

En plus de ces nouvelles frégates, qui complèteront les deux Horizon et dix FREMM italiennes, la Marina militare va faire construire un bâtiment de soutien logistique (JSS), livrable en 2019 pour succéder aux Stromboli et Vesuvio, ainsi qu’un porte-hélicoptères d’assaut (LHD) qui remplacera le Garibaldi en 2022 et a fait l’objet d’un contrat public (1.1 milliard d’euros) signé directement avec le ministère italien de la Défense.

Pour RTI, les commandes fermes engrangées jusqu’ici dans le cadre du nouveau programme de renouvellement de la flotte italienne représentent un total de 5.4 milliards d’euros (3.6 milliards pour Fincantieri et 1.8 pour Finmeccanica). 

Fincantieri marine italienne