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La marine n'ambitionne pas d'intégrer une flottille de Caracal

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La marine n'ambitionne pas d'intégrer une flottille de Caracal

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Un mois après l'arrivée à Lanvéoc, en Bretagne, d'un hélicoptère lourd EC 725 Caracal pour pallier à la fin de carrière techniquement difficile des Super Frelon, l'aéronautique navale reste sur ses projets initiaux. « L'objectif est toujours de remplacer l'actuel parc d'hélicoptères par des NH90 », explique un marin. Très apprécié pour ses capacités, son endurance et son double treuil, le Caracal de l'armée de l'Air déployé dans le Finistère doit permettre de compenser les indisponibilités en Super Frelon de la 32F pour les missions de sauvetage hauturier. Contrairement aux autres machines de la marine, comme les Panther, Dauphin ou Lynx, le Super Frelon est en effet le seul à pouvoir intervenir à plus de 150 nautiques des côtes. Mais le vénérable appareil (1970), dont il ne reste que quelques exemplaires encore opérationnels, ne parvient plus à assurer, en permanence, l'alerte opérationnelle. Non que tous les Super Frelon soient forcément cloués au sol pour des problèmes techniques ou des périodes de maintenance, mais la marine doit aussi mobiliser des hélicoptères pour assurer l'entrainement des équipages au sauvetage, une mission parfois périlleuse nécessitant une solide expérience. La 32F ne pouvant plus assurer, en permanence, entrainement et alerte opérationnelle, le ministère de la Défense a fixé pour mission à un Caracal de l'armée de l'Air d'assister la flottille de Super Frelon.

Super Frelon (© : MARINE NATIONALE)
Super Frelon (© : MARINE NATIONALE)

Rationaliser le parc avec un hélicoptère unique

Or, cette solution, provisoire, devrait durer un certain temps en raison des retards accumulés par le programme NH90. Pour mémoire, en 1994, le remplaçant du Super Frelon, puis des Lynx, était sensé être livré à partir de 2002. Quinze ans plus tard, les armées l'attendent toujours et l'aéronautique navale ne touchera son premier appareil, au mieux, que fin 2009, pour une entrée en service opérationnelle l'année suivante. Pendant ce temps, les vénérables Super Frelon jouent donc les prolongations, désormais assistés dans les arrêts de jeu par le Caracal. Face aux difficultés rencontrées et suite à l'annonce, par le ministère de la Défense, d'une commande de cinq EC 725 supplémentaires pour les armées, on pouvait donc se demander si, finalement, la marine ne pourrait pas acquérir ce type d'hélicoptère. Mais, du côté de la Rue Royale, la réponse est sans ambigüité : « La marine n'a pas l'intention de s'équiper d'un micro-parc de Caracal. L'avenir reste le NH90, tel que défini aujourd'hui ». Si les marins semblent avoir une bonne opinion de l'appareil de l'armée de l'Air (également en service dans l'armée de Terre), ils mettent en avant une logique de rationalisation du parc aérien. Afin de réduire les coûts, Super Frelon et Lynx seront remplacés par 27 NH90, dont 13 en version combat (notamment pour la lutte anti-sous-marine) et 14 en configuration transport. Or, dans cette optique, l'acquisition d'un modèle supplémentaire ne ferait que démultiplier les types de machines, les équipes, les compétences, les opérations de maintenance et, in fine, le budget alloué au parc d'hélicoptères.

NH90 (© : MARINE NATIONALE)
NH90 (© : MARINE NATIONALE)

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