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La Marine nationale demande le retour à 18 frégates de premier rang

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La Marine nationale demande le retour à 18 frégates de premier rang

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Il sera extrêmement compliqué, pour ne pas dire impossible, de tenir le niveau d’activité opérationnelle de la marine si son format en matière de frégates de premier rang n’est pas relevé. Pour mémoire, l’objectif fixé par le dernier Livre Blanc sur la Défense (2013) est de 15 bâtiments de ce type à l’horizon 2025-2030, soit 40% de moins qu’il y a 10 ans, le format étant jusqu’en 2008 de 24 frégates. Cela, alors que la flotte française n’a jamais été aussi active, maintenant depuis plusieurs années une présence permanente sur cinq théâtres d’opération, plus du double de ce qu’avait prévu le dernier Livre blanc. « Nos contrats opérationnels officiels datent du Livre blanc de 2013 et sont largement dépassés. Le Livre blanc nous demandait ainsi de réaliser deux missions permanentes, la dissuasion et la protection, et d’être déployés sur deux théâtres d’opération – contre cinq dans les faits aujourd’hui… Ensuite, le format de la marine, aux termes du Livre blanc, doit baisser. Nous devrions disposer de quinze frégates en 2030 contre dix-sept aujourd’hui alors que, clairement, depuis 2015, les engagements pour lutter contre le terrorisme et pour faire face au retour des États puissances augmentent. Les courbes se croisent, ce qui doit nous inviter à réfléchir. Enfin, le tempo des opérations, depuis 2015, s’est considérablement accéléré, ce qui entraîne une usure des matériels préoccupante », a expliqué fin juillet, devant les députés de la Commission de la Défense, l’amiral Christophe Prazuck, chef d’état-major de la marine (voir le compte-rendu de cette audition en fin d'article).

 

Un BPC escorté par une FDA et une FREMM (© MARINE NATIONALE)

Un BPC escorté par une FDA et une FREMM (© MARINE NATIONALE)

 

18 frégates, 18 BATSIMAR et 18 Atlantique 2 rénovés

Devant les parlementaires, le patron de la flotte française a affirmé, compte tenu des évolutions constatées sur le plan opérationnel et géostratégique, la nécessité de voir le format des frégates de premier rang augmenter à l’horizon 2030 : « Je vise à cet égard dix-huit frégates de premier rang. Je rappelle que pendant la guerre des Malouines – qui n’était pas, loin s’en faut, un conflit mondial –, quatorze bâtiments britanniques ont été touchés », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il visait également la rénovation de 18 avions de patrouille maritime Atlantique 2, essentiels pour la lutte anti-sous-marine, la protection des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins et les missions de reconnaissance et de renseignement en mer mais aussi pour des opérations terrestres, comme c’est le cas en Afrique et au Proche et Moyen-Orient. « J’ai par ailleurs des besoins de court terme pour tout ce qui est en train de tomber en poussière : nos patrouilleurs outre-mer, nos ravitailleurs et nos Alouette III ». L’amiral Prazuck souhaite notamment la construction de 18 bâtiments de surveillance et d’intervention maritime (BATSMAR), avec un lancement rapide du programme afin de remplacer les vieux patrouilleurs, anciens avisos et frégates de surveillance dont dispose la marine en métropole et outre-mer.

 

Atlantique 2 (© MARINE NATIONALE)

Atlantique 2 (© MARINE NATIONALE)

 

La composition actuelle de la flotte

Pour l’heure, la flotte française aligne donc 17 frégates. Il y a là les frégates de défense aérienne (FDA) Forbin et Chevalier Paul, admises au service actif en 2010 et 2011, les frégates antiaériennes (FAA) Cassard (1988) et Jean-Bart (1991), les nouvelles frégates multi-missions (FREMM) Aquitaine (2015), Provence (2016) et Languedoc (2017) et Auvergne, l’ASA de cette dernière devant être prononcée dans les mois qui viennent. Les FREMM succèdent aux frégates anti-sous-marines (FASM) du type F70 ASM, dont il ne reste, après le retrait du service du Montcalm (1982) cet été, que quatre exemplaires : Le Jean de Vienne (1984), qui doit être désarmé l’an prochain, ainsi que les Primauguet (1986), La Motte-Picquet (1988) et Latouche-Tréville (1990). S’y ajoutent les cinq frégates légères furtives (FLF), pompeusement reclassées en 2008 dans la catégorie des frégates de premier rang pour masquer la réduction drastique de la flotte. Il s’agit des La Fayette (1996), Surcouf et Courbet (1997), de l’Aconit (1999) et du Guépratte (2001).

Pour assurer la succession des dernières F70, qui devraient logiquement prendre leur retraite entre 2020 et 2022, seules deux nouvelles FREMM sont prévues, la Bretagne, qui va prochainement débuter ses essais et sera livrée l’année prochaine, ainsi que la Normandie, que Naval Group achèvera fin 2019. Appelées FREMM DA, deux unités aux capacités antiaériennes renforcées, les futures Alsace et Lorraine, suivront en 2021 et 2022 afin de remplacer les Cassard et Jean Bart.

 

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