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La Marine nationale développe les formations en mécatronique navale

L’arrivée d’une nouvelle génération de bâtiments fortement automatisés et intégrant des technologies toujours plus complexes pousse la Marine nationale à faire évoluer la formation de ses équipages afin de disposer des compétences nécessaires à la mise en œuvre de ces plateformes. 

C’est dans cette perspective qu’a notamment été créée l’an dernier, en partenariat avec l’Education nationale, une mention complémentaire « mécatronique navale ». Deux lycées professionnels varois, Cisson (Toulon) et Paul Langevin (La Seyne-sur-Mer) proposent cette formation en alternance avec l’Ecole des Systèmes, des Technologies et Logistique Navals (ESTLN), appartenant au Pôle des Ecoles Méditerranée (PEM) de la marine.

Débutée en septembre 2016, la première session de formation à la mécatronique navale vient de s’achever, une première promotion de 26 élèves recevant leur diplôme au cours d’une cérémonie qui s’est déroulée le 7 juillet à Toulon.

 

La première promotion lors de la cérémonie du 7 juillet au PEM (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

 

La mécatronique, c’est pour mémoire la combinaison de la mécanique, de l'électronique, des automatismes et de l'informatique. Une synergie très présente sur les nouveaux navires civils comme militaires, qui présentent la particularité d’être de plus en plus automatisés et dont les différents systèmes sont truffés d’électronique, y compris des équipements autrefois purement mécaniques, par exemple au niveau de la propulsion.

Les marins doivent évidemment s’adapter à cette évolution sensible qui constitue une petite révolution dans la conduite comme la maintenance et les capacités opérationnelles de la flotte. Et les besoins s’accélèrent avec l’arrivée croissante de nouvelles unités, qu’il s’agisse des frégates multi-missions, bientôt des sous-marins nucléaires d’attaque du type Barracuda ou encore de nouveaux patrouilleurs et bâtiments multi-missions.

Pour développer les compétences requises au sein de son personnel, la Marine nationale s’appuie sur ses écoles, y compris en formation continue, mais aussi sur l’enseignement professionnel avec l’Education nationale. La mention « mécatronique navale » s’adresse ainsi à des élèves issus de la filière professionnelle ou technologique et qui ont déjà obtenu leur bac pro. Ils peuvent dès lors suivre la formation complémentaire, d’une durée d’un an. Réalisée en alternance, elle comprend 18 semaines en lycée professionnel, où sont abordées les notions théoriques des trois grands domaines de la mécatronique (électricité, mécanique et réseaux) avec en complément des mises en pratiques. Une seconde phase, également de 18 semaines, se déroule au PEM, où les notions théoriques vues au lycée sont exploitées au travers de mises en situations pratiques sur des installations industrielles génériques mais également spécifiques au monde maritime en général, et du monde de la marine nationale en particulier. C’est la période de formation en milieu professionnel (PFMP).

 

(© MARINE NATIONALE)

 

Les candidats qui ont validé les trois épreuves certificatives, à la fin de l’année scolaire, sont lauréats d’une mention complémentaire option mécatronique navale, diplôme de niveau IV adossé à celui du Bac Professionnel. L’objectif est évidemment qu’à l’issue, les élèves rejoignent la Marine nationale. Dans cette perspective, en fonction de leurs résultats et à l’issue d’un entretien en CIRFA (Centre d'information et de recrutement des forces armées), deux possibilités leur sont proposées : soit un contrat initial de maistrancier (officier-marinier), avec un engagement de 10 ans, soit la filière des quartiers-maîtres et matelots de la flotte (4 ans). Après quelques semaines de formation militaire, ils sont affectés sur un bâtiment de nouvelle génération (surface ou sous-marin), sur un poste à dominante mécanique ou électrotechnique. On notera qu’au bout de 12 à 18 mois de mise en pratique, la formation est validée au niveau de Brevet d’Aptitude Technique (BAT). Les élèves, à l’issue de leur formation, disposent donc à la fois d’un diplôme de l’Education nationale mais aussi d’un diplôme militaire.

Avec l’augmentation progressive du nombre de bâtiments de nouvelle génération au sein de la flotte française, le nombre d’élèves suivant la mention complémentaire mécatronique va être amené à augmenter. « Il s’agit de répondre à un besoin qui s’inscrit dans la durée et de consolider la montée en puissance de cette formation. Nous allons passer de 26 élèves pour la première session qui vient de s’achever à 38 à la rentrée prochaine, notre objectif étant d’atteindre 48 élèves pour la promotion 2019/2020 », explique-t-on au PEM.

Ce développement sera mené en partenariat avec l’Education nationale, mais aussi la Région Provence Alpes Côte d’Azur, cette collectivité étant compétente pour les lycées. Il s’agit aussi de travailler au niveau de la filière navale toute entière, les problématiques de formation aux nouvelles technologies présentes sur les bateaux concernant aussi bien le civil que le militaire, la construction comme l’exploitation et la maintenance. « Le développement de la filière navale est un objectif régional et la création de nouvelles formations s’inscrit aussi au sein d’une concertation avec les industriels civils. Les compétences que nous développons aujourd’hui sont en effet les emplois de demain et cela ne concerne pas uniquement la marine ».

En Bretagne, c’est d’ailleurs avec un industriel, en l’occurrence Naval Group (ex-DCNS), qu’un partenariat avec l’Education nationale a été noué afin de mettre en place une formation en mécatronique navale aux lycées Vauban et Dupuy de Lôme. Une autre formation existe aussi à La Rochelle avec le lycée Rompsay.

Cette nouvelle filière de formation sera donc amenée à se développer et devrait, dans les prochaines années, être complétée par la mise en place d’un BTS.

On notera enfin qu’en dehors de la mécatronique navale, un autre partenariat voit le jour entre la marine et l’Education nationale. Il s’agit d’une nouvelle formation de niveau BTS, qui débutera en septembre et s’articule autour d’un cycle de deux années scolaires avec des phases alternant formation au sein du lycée partenaire (le lycée polyvalent Rouvière à Toulon) et modules de formation au PEM et à l’Ecole de Navigation Sous-Marine et Bâtiments à Propulsion Nucléaire (ENSM-BPN). L’objectif est notamment de susciter des vocations à servir au sein de la filière énergie nucléaire et opérations sous-marine.  

 

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