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La Marine nationale dit adieu aux ex-Loire et Duguay-Trouin
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La Marine nationale dit adieu aux ex-Loire et Duguay-Trouin

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Histoire Navale

Deux anciens bâtiments de la Marine nationale ont définitivement quitté la France pour terminer dans le chantier de déconstruction Galloo de Gand, en Belgique. Il s’agit de l’ancienne frégate anti-sous-marine Duguay-Trouin et de l’ex-bâtiment de soutien mobile Loire, respectivement désarmés en 1999 et 2009. La première de ces deux vieilles coques a quitté le cimetière marin de Landévennec mardi et la seconde la base navale de Brest hier, tractées par les remorqueurs néerlandais Multratug 3 et Multratug 19.

 

Le Multratug 19 arrivant à Brest le 29 juin (© MICHEL FLOCH)

Le Multratug 19 arrivant à Brest le 29 juin (© MICHEL FLOCH)

Le 29 juin à Landévennec, l'ex-Duguay-Trouin est préparé pour le remorquage (© MER ET MARINE)

Le 29 juin à Landévennec, l'ex-Duguay-Trouin est préparé pour le remorquage (© MER ET MARINE)

 

 

Le 29 juin à Landévennec, l'ex-Duguay-Trouin est préparé pour le remorquage (© MER ET MARINE)

Le 29 juin à Landévennec, l'ex-Duguay-Trouin est préparé pour le remorquage (© MER ET MARINE)

 

 

L'ex-Duguay-Trouin passant une dernière fois devant la base navale de Brest le 30 juin (© CHRISTIAN HERROU)

L'ex-Duguay-Trouin passant une dernière fois devant la base navale de Brest le 30 juin (© CHRISTIAN HERROU)

Le Multratug 3 remorquant l'ex-Duguay-Trouin en sortie de Brest le 30 juin (© MICHEL FLOCH)

Le Multratug 3 remorquant l'ex-Duguay-Trouin en sortie de Brest le 30 juin (© MICHEL FLOCH)

 

 

L'ex-Duguay-Trouin quittant Brest le 30 juin (© MICHEL FLOCH)

L'ex-Duguay-Trouin quittant Brest le 30 juin (© MICHEL FLOCH)

 

L'ex-Loire quittant Brest hier en remorque du Multratug 3 (© MICHEL FLOCH)

L'ex-Loire quittant Brest hier en remorque du Multratug 3 (© MICHEL FLOCH)

 

 

L'ex-Loire quittant Brest hier en remorque du Multratug 3 (© MICHEL FLOCH)

L'ex-Loire quittant Brest hier en remorque du Multratug 3 (© MICHEL FLOCH)

 

Seconde des trois frégates du type F67 construites par l’ancien arsenal de Lorient, le Duguay-Trouin est entré en service en septembre 1975, suivant le Tourville (1974) et précédant le De Grasse (1977), qui furent désarmés plus tardivement (2010 et 2013). Long de 152.7 mètres pour un déplacement de 6100 tonnes en charge, l’ex-D 611 pouvait atteindre 32 nœuds grâce à quatre chaudières entrainant des turbines et en bout de course deux lignes d’arbres pour une puissance de plus de 54.000 cv. Armé par 280 marins, le Duguay-Trouin était spécialisé dans la lutte anti-sous-marine, avec un sonar de coque DUBV 23 et un sonar remorqué DUBV 43 (remplacé entre 94 et 96 sur ses deux sisterships par le système SLASM avec le premier sonar actif à très basse fréquence).

 

Le Duguay-Trouin en novembre 1985 (© BERNARD PREZELIN)

Le Duguay-Trouin en novembre 1985 (© BERNARD PREZELIN)

Le Duguay-Trouin en novembre 1985 (© BERNARD PREZELIN)

Le Duguay-Trouin en novembre 1985 (© BERNARD PREZELIN)

 

A la même époque, le système Malafon (missile porte-torpille) en place depuis l’origine est débarqué. Comme le Tourville, le Duguay-Trouin était initialement équipé d’une troisième tourelle de 100mm sur le toit de son hangar dimensionné pour accueillir deux hélicoptères Lynx (les F67 furent d’ailleurs les premières frégates françaises dotées dès le départ de cette capacité). Le troisième canon de 100mm fut cependant remplacé dès 1979 par un système surface-air Crotale, dont le De Grasse a bénéficié au neuvage. Le reste de l’armement comprenait six missiles antinavire Exocet MM38, deux tubes pour torpilles L5 et de l’artillerie légère. Victime d’un grave incendie au large de la Bretagne en février 1983, le bâtiment, sauvé par son équipage, nécessita un an et demi de réparation mais garda des stigmates de ce sinistre jusqu’à la fin. Ce qui a participé au choix de le désarmer prématurément en 1999. Le Duguay-Trouin, basé à Brest tout au long de sa carrière, a terminé sa vie opérationnelle comme conserve de l’ancien porte-hélicoptères Jeanne d’Arc lors de la campagne 1998-99, après avoir assuré avec la frégate de surveillance Germinal et le bâtiment de commandement et de ravitaillement Marne la précédente campagne alors que la Jeanne était indisponible en raison de problèmes techniques.

 

 

Le Duguay-Trouin en novembre 1985 (© BERNARD PREZELIN)

Le Duguay-Trouin en novembre 1985 (© BERNARD PREZELIN)

 

Retiré du service en juillet 1999, le Duguay-Trouin a servi pendant de longues années de brise-lames à Lanvéoc-Poulmic, avait rejoint en 2014 Landévennec dans l’attente de sa déconstruction. L’heure est donc venue pour la vieille coque, inactive depuis 20 ans.

Mise en service en juillet 1967 et désarmée en octobre 2009, la Loire était quant à elle la dernière d’une série de cinq unités de soutien logistique, qui a également comporté le Rhône (1964-1977), la Garonne (1965-2003), le Rhin (1964-2002) et la Rance (1966-1997), tous construits à Lorient. Chacun avait une vocation plus spécifique : le Rhin pour le soutien électronique, le Rhône au profit des sous-marins, la Loire des chasseurs de mines et la Garonne pour le service Outre-mer. Ils étaient tous les quatre appelés bâtiments de soutien mobile (BSM). La Rance était quant à elle un bâtiment de soutien santé (BSS) avec un hôpital embarqué.

 

 

Le BSM Loire en février 2008 (© BERNARD PREZELIN)

Le BSM Loire en février 2008 (© BERNARD PREZELIN)

 

Semblable aux Rhin et Rhône, avec sa superstructure sur l’arrière et une petite plateforme hélicoptère pour une Alouette III (la timonerie des Garonne et Rance était déportée sur l’avant), l’ex-Loire mesurait 101.5 mètres de long pour 13.1 mètres de large et affichait un déplacement de près de 2500 tonnes en charge. Capable d’atteindre 16 nœuds, elle était équipée de deux moteurs diesels alimentant unique ligne d’arbres, et disposait pour son autodéfense de trois canons de 40mm et de mitrailleuses. La Loire était également capable de mouiller des mines.  Armée par un équipage de 156 marins, elle pouvait servir de bâtiments de commandement et disposait de capacités de ravitaillement en combustible et matériel, ainsi que différents ateliers permettant de soutenir une flottille de chasseurs de mines. La Loire assurait notamment, pendant la dernière partie de sa carrière, le déploiement d’un groupe de guerre des mines au Moyen-Orient. Ce fut d’ailleurs sa dernière mission, le BSM rentrant à Brest le 16 mai 2009 après un ultime déploiement de 130 jours qui le vit avec les chasseurs de mines Croix du Sud et Verseau œuvrer en mer Rouge, au nord de l’océan Indien et dans le golfe Persique.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.