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La Marine nationale lance une web série pour recruter 3000 jeunes

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La Marine nationale lance une web série pour recruter 3000 jeunes

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Hier, sur le site etremarin.fr, la Marine nationale a lancé « 3 jours en mer », sa première web série. Dans le cadre d'une nouvelle campagne de recrutement annuelle de 3000 personnes, l'objectif est de permettre à tous les jeunes français d'embarquer sur une frégate de la flotte française, de découvrir les métiers de marin et la vie à bord. L'opération est née en octobre 2009, lorsqu'un casting national a été lancé pour offrir « 3 jours en mer » à quatre jeunes filles et garçons et leur faire vivre l'expérience de la marine... en action ! Parmi les 2000 candidatures déposées sur le site etremarin.fr, 4 jeunes ont été retenus. Agés des 18 à 20 ans, Lorris, Stéphanie, Arnaud et Anthony sont partis du 22 au 25 janvier dernier sur la frégate Latouche-Tréville, engagée dans un exercice de chasse au sous-marin. Totalement intégrés dans la vie de l'équipage, ils ont participé à l'entraînement.... Devant l'objectif des caméras.

 (© : MARINE NATIONALE)
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8 épisodes, 4 points de vue

Filmés en permanence, affectés dans des postes-clefs (à la passerelle, au central opérations, sur le pont d'envol, ou au PC machines) et épaulés par quatre parrains, Lorris, Stéphanie, Arnaud et Anthony ont pu découvrir un métier, participer à la mission et vivre l'esprit d'équipage. Le résultat : quatre fois huit épisodes et autant de points de vue sur le quotidien des marins en action. Une aventure diffusée sur etremarin.fr, où les internautes pourront partager le stress, l'excitation... et les surprises des apprentis marins ! La marine espère, ainsi, donner envie aux internautes d'aller plus loin et de s'engager.
Cette année, 3000 postes sont en effet à pourvoir au sein de la flotte. Les candidats ciblés ont entre 17 et 29 ans, avec ou sans diplôme, dans des domaines de compétences très variés. Ils deviendront par exemple plongeur-démineur, mécanicien naval, infirmier, détecteur anti-sous-marin, pilote d'hélicoptère, atomiciens ou cuisinier... ... « A terre, en mer ou dans les airs, ils seront tous militaires et marins. Pour tous également, l'assurance d'une formation, d'un accès rapide à des responsabilités et des passerelles pour évoluer dans un univers hors du commun », assure la Marine nationale.

 (© : MARINE NATIONALE)
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Lorris : « Je vais tenter d'intégrer l'Ecole de Maistrance ... »

Que disent les jeunes ayant embarqué durant trois jours sur le Latouche-Tréville ? L'intérêt de Lorris, étudiant en 1er année de sciences politiques, pour le monde militaire en général, et les navires en particulier, a commencé en petit format. « Plus jeune, je réalisais des maquettes. » Puis, un matin de janvier 2010, ce garçon de 18 ans s'est retrouvé devant un autre modèle à l'échelle 1:1 cette fois. La frégate anti-sous-marine Latouche-Tréville, 139 mètres de long, 14 mètres de large, 4800 tonnes d'acier. « Honnêtement, sur le quai, en levant les yeux vers cet engin, j'étais un peu flippé ! Sans doute plus que les trois autres qui, comme moi ont été filmés pendant leur première expérience à bord d'un navire de guerre. » Puis l'obscurité. Ou, plutôt, une pénombre à peine transpercée par les halos d'écrans radar, d'une table de traçage lumineuse et de moniteurs de contrôle vidéo. Lorris venait d'être affecté dans l'univers à la James Bond du Central Opérations (C.O.). « Ce n'est pas un endroit silencieux, tel qu'on l'imagine. Les gens s'activent, échangent des informations et c'est bien normal : le C.O, c'est le cerveau du bateau, on est à la croisée de tous les métiers du navire puisque c'est là que toutes les données sont collectées et où l'on assiste à la coordination de l'ensemble des opérations. Un lieu d'autant plus intéressant qu'on était en exercice de traque anti-sous-marine.» « J'étais au coeur de l'action ! »

A l'issue de ces 3 jours en mer, Lorris repart avec de nombreux souvenirs. Il a accompli l'un de ses « rêves de gosses » : « monter à bord de l'hélicoptère stationné dans le hangar hélico. » Instant magique.

Au « carré », lieux de convivialité et de détente pour les marins à bord, Lorris s'est senti chez lui. « Adopté. Totalement intégré . » Séduit par les récits des voyages et des missions, il partage l'idée que « ceux qui ont navigué, ont vécu quelque chose d'unique, quelque chose qui les unit et que ceux qui n'ont jamais navigué ont du mal à comprendre.»

L'envie d'aller plus loin ? « Je crois que cette aventure m'a mis sérieusement sur la voie. Maintenant, je n'ai que 18 ans, j'ai le temps. Je vais peut-être me réorienter vers les matières scientifiques pour tenter d'intégrer l'Ecole de Maistrance et travailler dans l'aéronautique navale. »

 (© : MARINE NATIONALE)
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Stéphanie : « Un bateau, c'est une petite ville et une grande famille »

Stéphanie, 19 ans, est étudiante en droit. Pour elle, l'appel de la mer ne date pas d'hier. C'est en conduisant que son périple de trois jours à bord d'une frégate anti-sous-marine a commencé ! « C'est en écoutant la radio, que j'ai entendu l'annonce de cette opération, raconte Stéphanie. Et je me suis dit que c'était une chance à saisir, l'occasion de découvrir d'un peu plus près cet univers. Mais, vu de près, c'était au-delà de ce que j'avais imaginé. »

Une fois à bord de la frégate Latouche-Tréville, l'étudiante en droit de 19 ans était à mille nautiques du vieux gréement sur lequel elle avait filmé sa candidature à Saint-Brieuc. Stéphanie s'est retrouvée dans la peau d'un navigateur-timonier. A la passerelle, aux côtés de sa marraine, Stéphanie a appris à calculer la position et la route du navire sur les cartes nautiques, à tenir à jour le journal de bord. Elle a même eu la chance de prendre la barre l'espace de quelques minutes : « Mon meilleur souvenir ! Une chance et une fierté.» raconte-elle.

Certes, découvrir un métier est une chose. Mais l'atmosphère, les usages et les conditions qui le baignent en sont une autre, particulièrement essentielle lorsqu'il s'agit de s'engager pour un métier maritime. Elle a été profondément marquée par « l'esprit de solidarité qui règne entre les marins. Un bateau, c'est une petite ville et une grande famille. Un univers où tous les marins se retrouvant éloignés de leur famille développent un esprit de solidarité formidable.» Autre bonne surprise : « sur le bateau, professionnellement, il n'y a aucune différence de traitement entre les hommes et les femmes. Une femme peut accéder à tous les métiers, même ceux qui sont traditionnellement réservés aux hommes. »

Quant à leurs conditions de vie, et notamment de couchage, Stéphanie a eu « plutôt une bonne surprise. » « J'étais dans le poste des OM féminins (officiers-mariniers) et, outre ses trois lits superposés, ce coin de repos était plus confortable que je ne l'avais imaginé. Il y avait même un coin détente. Les douches étaient bien et il y avait même un espace de rangement. »

Comme tout civil, « terrien » qui plus est, Stéphanie a été un peu déroutée par le rythme de travail. «Dans nos vies quotidiennes, en général on travaille le jour et on dort la nuit. Dans la Marine, le fameux système de quarts est une habitude à laquelle il n'est pas forcément simple de s'adapter au début.»

Son bilan ? « Positif ! » «Je vais d'abord terminer ma licence de droit. Mais en attendant, j'ai rempli un dossier pour intégrer la réserve comme guetteur sémaphorique. » Et elle espère avoir déjà rempli une première mission en participant à la web-série : « être l'ambassadrice de la Marine nationale et permettre à d'autres jeunes de découvrir cet univers. »

 (© : MARINE NATIONALE)
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Arnaud : « Rapidement, des marins sont venus vers nous. Là, mon idée a changé »

D'ordinaire, Arnaud, webdesigner âgé de 20 ans, met des sites Internet à flot, fort de ses talents de graphiste. Bref, rien ne préparait ce jeune seine et marnais à manipuler un Lynx, hélicoptère de lutte anti-sous-marine, au milieu de l'atlantique. Et pourtant, c'est grâce à sa vidéo originale que la Marine l'a choisi pour vivre cette aventure à bord de la frégate Latouche-Tréville : passer trois jours en mer sous l'oeil des caméras et découvrir la vraie vie de marin à bord d'un bâtiment de guerre. Un changement de cap finalement pas si radical que ça pour ce jeune créatif. Car s'il a le look et le bagage d'un designer de sites Internet, ce n'est pas un féru de technologies insensible à toute forme de vie non virtuelle. « Je suis très curieux de nature, explique Arnaud. A priori, tout m'intéresse et, n'ayant pas eu l'expérience de l'armée par le service militaire, ça m'a motivé pour tenter l'expérience des 3 jours en mer. »

Ses premières impressions à bord sont autant d'instantanés qu'Arnaud feuillette mentalement encore aujourd'hui : « l'étroitesse d'une coursive où l'on se croise tout juste à deux, des enfilades de câbles et de tuyauterie et j'avoue, ce que j'ai d'abord cru être une forme de froideur de certains membres d'équipage. Mais j'ai très vite compris qu'en fait j'avais affaire à des gens qui étaient concentrés au maximum sur leurs missions. Et, rapidement, des marins sont venus vers nous. Là, mon idée a changé. » « En fait, ils sont plutôt détendus mais toujours hyper pros. »

Le métier découvert par Arnaud ? « Ponev » : contraction de « Pont d'envol » et jargon de marin pour parler des matelots qui entretiennent, déplacent et sécurisent les avions et hélicoptères sur le pont d'envol à l'arrière du bateau. « Mieux vaut être là qu'à l'avant quand la mer est agitée et que le vent souffle ! » Un lieu toutefois très exposé où la sécurité est le maître-mot. Un environnement où Arnaud a pu constater à quel point son chef, le fameux « chien jaune », veillait à ses hommes. « Quand j'arrivais sur le pont, il me regardait des pieds à la tête pour s'assurer que j'avais bien tout mon équipement : casque, tenue bleue, brassière, lunettes et casque. » De quoi procéder à des manoeuvres bien précises, telles que le « saisinage » « c'est-à-dire la pose de chaînes pour attacher l'hélico au bateau » ou encore la mise des cales sous les roues. Autant de manoeuvres qui ont vite intéressé Arnaud : « concrètes et importantes pour la mission. »

Côté vie quotidienne, Arnaud s'amuse : « Le commandant nous avait prévenus : ce ne serait pas la « croisière s'amuse ». En fait, c'était vraiment pas une croisière mais on s'est bien amusé ! » Revenu à terre, Arnaud n'exclut pas de « faire un bout de chemin un jour avec la Marine nationale », il veut d'abord poursuivre sa formation de web-designer en se tournant vers une école d'effets spéciaux. Même si tous les trucages du monde ne lui feront jamais revivre ces trois jours de réalité instantanée.

 (© : MARINE NATIONALE)
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Anthony : « C'était génial ! Je postule en 2011 »

L'aventure, c'est parfois simple comme un clic. Celle d'Anthony avait débuté dans sa chambre, devant sa webcam. Elle a conduit ce Picard de 20 ans, étudiant en BTS électrotechnique, sur un quai de Brest au pied de la frégate anti-sous-marine Latouche-Tréville, prêt à embarquer pour trois jours inoubliables. « Cette frégate, l'activité tout autour, c'était assez impressionnant et au départ, on se sent un peu perdu. » Un départ que le jeune Anthony a décidé de prendre en enregistrant sa candidature vidéo. Sans trop y croire mais plein d'espoirs. « Au moment de poster ma vidéo sur le site de la Marine, raconte-t-il, je n'y croyais pas du tout ! Mais une chose était claire : si je ne tentais pas le coup, là il était certain que je n'aurais aucune chance. La suite m'a donné raison.»

« Une fois à bord, on nous a présenté nos parrains, avec nos métiers respectifs. Pour moi, ça allait être « matelot Machine ». Et je peux vous dire qu'une fois les amarres larguées au port de Brest, le reste s'est enchaîné très vite.» C'est tout prêt du coeur battant du navire que s'est retrouvé Anthony en découvrant « la propulsion et les différents moteurs ». Il ne s'est pas contenté d'observer mais a mis la main à la pâte « en effectuant des relevés de niveaux d'huile ou de pression et en nettoyant un filtre. Mais attention : le travail ne s'arrête pas là ! On peut être amené à démonter de grosses pièces mécaniques pour réparation ou entretien. On veille à ce que jamais un incident technique ne mette en péril la mission du bateau.»

Sur son carnet de bord d'impressions, sa première nuit en mer : « Côté confort, on m'avait déjà dit que c'était plutôt petit, le coin couchage. Et j'avoue qu'au début, entre le bruit et le tangage du bateau, j'ai eu du mal à fermer l'oeil. Mais je me suis vite « amariné », comme ils disent. En fait, entre les missions, les exercices et les quarts qui s'enchaînent, quand on peut enfin dormir, on dort bien.»

L'étudiant en BTS est conquis. Les rêves d'Anthony n'en sont que plus grands : « Avant cette expérience, j'étais encore un peu sceptique. Mais là, comme je l'ai dit à mes parents en rentrant : c'est gé-nial ! Je postule en 2011, une fois mes études terminées. J'envisage d'intégrer les commandos. Je sais que c'est du haut niveau, mais c'est comme ma candidature aux 3 jours en mer : il faut tenter sa chance, donner le meilleur de soi-même pour y arriver et y croire. »

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