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La Marine nationale rachète deux tourelles de 76mm au Canada

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La Marine nationale rachète deux tourelles de 76mm au Canada

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Avec le désarmement en 2017 de l’Athabaskan, dernier de ses trois destroyers du type Tribal, la marine canadienne n’avait plus l’utilité de ses canons de 76mm. L’artillerie principale de ses autres bâtiments de combat est en effet différente, avec du 57mm sur les frégates de la classe City et un calibre supérieur prévu pour les futures unités du programme Canadian Surface Combatant (CSC) basées sur les T26 britanniques dotées d’une pièce de 127mm.

 

Un ancien destroyer canadien du type Tribal, ici l'Algonquin désarmé en 2015 (© : 

Un ancien destroyer canadien du type Tribal, ici l'Algonquin désarmé en 2015 (© : US NAVY)

 

La marine française, en revanche, équipe ses nouvelles frégates de tourelles de 76mm. Et elle a profité du fait que son homologue canadienne avait encore des pièces de ce calibre en bon état pour en racheter deux à des fins de formation. Certes, il ne s’agit pas du modèle moderne de l’italien Leonardo (OTO-Melara) présent sur les FDA, FREMM et bientôt FDI. Les tourelles acquises au Canada sont d’ancienne génération avec notamment des consoles de tir analogiques. Mais cela est suffisant pour la mission qu’elles sont appelées à remplir.

Elles ont été ramenées en France en décembre dernier par le bâtiment de soutien et d’assistance métropolitain (BSAM) Rhône, qui dans le cadre de son déploiement de longue durée est passé par le Canada.  

 

Embarquement au Canada de l'une des deux tourelles par le Rhône en novembre 2018 (© : 

Embarquement au Canada de l'une des deux tourelles par le Rhône en novembre 2018 (© : MARINE NATIONALE)

 

Débarquées à Brest, les deux anciennes tourelles de 76mm canadiennes, toujours en état de tirer (mais ne le feront pas en France) ont été convoyées à Saint-Mandrier, près de Toulon, afin d’être installées au Pôle Ecole Méditerranée et plus précisément au sein de l’École des Systèmes de Combat et Opérations aéromaritimes (ESCO). Cette école est la seule au sein de la Marine nationale à former les marins dans les trois grands domaines des opérations aéromaritimes : lutte au-dessus de la surface, lutte sous la mer et systèmes d’information et de communication. Les principes de la formation reposent sur la confrontation des élèves à des situations qu’ils rencontreront en mer. Les élèves doivent donc apprendre à réaliser de manière autonome les opérations de maintenance et de mise en œuvre des procédures opérationnelles réelles sur le matériel qu’ils rencontreront à bord des bâtiments de la flotte.

 

Installation de l'une des deux tourelles au PEM de Saint-Mandrier (© : 

Installation de l'une des deux tourelles au PEM de Saint-Mandrier (© : MARINE NATIONALE)

 

Dans ce cadre, les tourelles serviront à la formation et non pas aux entraînements. La première est destinée à l’instruction, tandis que la seconde sert de stock de pièces de rechanges pour l’entretien de la première. La tourelle dédiée à la formation est aujourd’hui « décoquillée » pour permettre un accès aisé lors des périodes de formation. Entre l’ancienne et la nouvelle génération, la partie mécanique du 76mm n’a pratiquement pas évolué, c’est pourquoi les tourelles canadiennes seront intégrées dans la formation des mécaniciens d’armes mais également pour l’adaptation de marins, déjà dans les forces, à l’emploi des 76mm. Ceux-ci succèdent pour mémoire aux anciennes tourelles françaises de 100mm qui ne sont plus opérationnelles que sur les dernières frégates du type F70, les La Fayette ainsi que les patrouilleurs (ex-avisos) du type A69.

 

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