Disp POPIN non abonne!
Défense
La Marine nationale ralliera dès le mois prochain le format des 15 frégates
ABONNÉS

Actualité

La Marine nationale ralliera dès le mois prochain le format des 15 frégates

Défense

Prévu initialement pour être atteint d’ici 2025, la réduction du format du nombre de frégates de la flotte française sera effective dès le mois prochain. La Marine nationale a, en effet, décidé de retirer plus rapidement qu’anticipé deux de ses anciennes unités du type F70. Il s’agit de la frégate anti-sous-marine Primauguet, datant de 1986, et de la frégate antiaérienne Cassard, opérationnelle depuis 1988. Toutes deux effectuent actuellement leur dernière mission, la première en Atlantique nord et la seconde au Moyen-Orient. Elles prendront leur retraite en avril une fois revenues dans leur port base, Brest pour le Primauguet et Toulon pour le Cassard.

 

Le Cassard (© : MARINE NATIONALE - LOIC BERNARDIN)

Le Cassard (© : MARINE NATIONALE - LOIC BERNARDIN)

 

Après ce retrait, la Force d’Action Navale ne comptera plus que 15 frégates. Il s’agit des frégates de défense aérienne Forbin (mise en service en 2010) et Chevalier Paul (2011), de la frégate antiaérienne Jean Bart (1991), des frégates anti-sous-marines La Motte-Picquet (1988) et Latouche-Tréville (1990), des frégates multi-missions Aquitaine (2015), Provence (2016), Languedoc (2017), Auvergne (2018) et Bretagne (2019), ainsi que des cinq frégates du type FLF, les La Fayette (1996), Surcouf (1997), Courbet (1997), Aconit (1999) et Guépratte (2001). S’y ajoute la sixième unité du programme FREMM, la Normandie, qui vient de débuter ses essais et sera livrée cet été à la Marine nationale en vue d’une admission au service actif en 2020. Elle succèdera à Brest à l'une des deux dernières FASM. 

 

 

Le passage anticipé au format des 15 frégates de premier rang découle de la décision de doter les FREMM de deux équipages (mesure qui concerne aussi les trois patrouilleurs de service public basés à Cherbourg). En janvier, le ministère des Armées a acté cette évolution pour une première FREMM en 2019 (ainsi que le PSP Flamant). Ce sera l’Aquitaine, à Brest, qui devrait être suivie du Languedoc, à Toulon. L’idée est d’employer les actuels marins des frégates qui vont être désarmées pour constituer le vivier du second équipage de ces FREMM, sachant que les nouvelles frégates sont mises en œuvre par 105 marins, contre 200 pour les FASM et 250 pour les FAA.

Les huit FREMM doivent adopter ce modèle de double équipage d’ici 2022, les marins se relayant à bord tous les quatre mois. Ce système de double équipage répond à plusieurs objectifs. D’abord, dans un contexte d’activité opérationnelle intense où la marine est très sollicitées depuis plusieurs années, il s’agit de donner de la visibilité aux marins quant à leurs absences et, ainsi, préserver leur vie de famille. Cette nouvelle organisation facilitera également les programmes de formation et d’entrainement. Et, bien sûr, le double équipage permettra d’utiliser pleinement le potentiel des FREMM, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui. Avec à la clé une augmentation des jours de mer disponibles permettant de mieux répondre aux besoins opérationnels et, du moins sur le papier, de compenser la réduction du format de frégates. Seuls bémol à cela, il conviendra de veiller à ce que les bâtiments ne soient pas sur-employés car trop peu nombreux, ce qui engendrerait une usure prématurée des matériels. De plus, même en étant plus disponibles pour naviguer, les bateaux n’ont pas le don d’ubiquité et il faudra voir si le passage à seulement 15 frégates est tenable et suffira pour répondre à des besoins croissants de déploiement sans tirer trop sur les bateaux (voir notre article détaillé sur le doublement des équipages). La réforme annoncée du maintien en condition opérationnelle (MCO) des navires de la flotte française s'inscrit aussi dans cette perspective. 

Alors que certains marins espèrent toujours voir le format des frégates remonter à 18 unités, ce qui était le cas jusque récemment mais ne sera pas envisageable avant la prochaine loi de programmation militaire, on rappellera que ce format était jusqu’à la fin des années 2000 fixé à 24 unités. Puis il a été sensiblement réduit pour des questions budgétaires, alors même que l’activité augmentait pourtant sensiblement, avec en plus des deux missions permanentes de la marine, la dissuasion et la protection, le déploiement sur au moins cinq théâtres d’opérations, au lieu des deux prévus dans le contrat opérationnel issu du livre blanc de 2013.

A titre de comparaison, la Royal Navy dispose de 18 destroyers et frégates de premier rang, la marine italienne en prévoit 21 et l’Allemagne 17.  

Concernant la composition du parc de la marine française, les trois ultimes F70 (Jean Bart, La Motte-Picquet et Latouche-Tréville) devraient tirer leur révérence entre 2020 et, au plus tard, 2022. Le retrait du Jean Bart est par exemple à ce stade prévu au printemps 2021. Le planning exact dépendra de la bonne exécution des deux dernières FREMM, les Alsace et Lorraine, en cours de construction chez Naval Group à Lorient. Elles se différencieront des six premières frégates multi-missions par des capacités de défense aérienne renforcées afin de succéder aux FAA et s’ajouter aux FDA. Leur livraison est aujourd’hui programmée en 2021 et 2022 pour des admissions au service actif l’année suivante.

Quant aux FLF, elles seront pour mémoire remplacées par les cinq futures frégates de défense et d’intervention (FDI), dont la tête de série sera mise en chantier à la fin de l’année en vue d’une livraison en 2023 et, après la longue phase de mise au point inhérente aux prototypes, une admission au service actif d’ici 2026. Ses cinq sisterships doivent être réceptionnés avant 2030. En attendant, trois des cinq FLF vont être rénovées afin de poursuivre jusqu’à l’arrivée des dernières FDI. Ce programme, connu sous le nom de RMV (rénovation à mi-vie), débutera avec le La Fayette, qui sera modernisé en 2021.

 

Marine nationale