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La Marine nationale s’intéresse au MMP pour ses bâtiments de surface
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La Marine nationale s’intéresse au MMP pour ses bâtiments de surface

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L’emploi à partir de la mer du nouveau missile moyenne portée (MMP) , développé par MBDA, n’intéresse pas seulement les commandos de la Marine nationale. Celle-ci, a-t-on appris de source proche du dossier, souhaite également étudier l’opportunité d’un embarquement de ce système sur ses bâtiments de surface. L’objectif est de disposer, à moindres frais, d’un système offrant « un pouvoir d’arrêt » pour neutraliser des menaces asymétriques, à commencer par des embarcations suicides. Des études en ce sens devraient être prochainement conduites. Il s’agit notamment de déterminer comment le système peut être employé de manière simple, sans ajouter sur les bateaux de lanceur spécifique, en tenant compte des mouvements de plateforme.

Successeur des missiles antichar Milan et Javelin, qu’il remplace dans l’armée de Terre française et les forces spéciales depuis 2017, le MMP peut atteindre une cible jusqu'à 4 kilomètres. Il est équipé d’une charge creuse à dispersion d’éclats. Compte tenu de sa compacité et de sa légèreté (15 kilos avec un tube de 1.3 mètre), le MMP s’adapte très facilement aux plateformes de taille très réduite. Son autodirecteur résout de plus les problèmes de stabilité en mer pour la visée de l’objectif, en particulier si le lien filoguidé se rompt.  

 

Lors de la campagne réalisée en octobre à Djibouti (© : MBDA)

Lors de la campagne réalisée en octobre à Djibouti (© : MBDA)

 

En octobre 2018, une première campagne de cette arme en milieu maritime avait été menée avec succès par les forces spéciales françaises. Elle s’était déroulée à Djibouti, des MMP étant notamment tirés depuis un semi-rigide ECUME, la nouvelle embarcation des commandos marine. Les missiles avaient alors détruit les cibles désignées à terre ou en mer. Cette campagne avait permis de démontrer l’intérêt de cette arme pour les commandos, dans le cadre de missions de lutte contre des bateaux hostiles ou encore contre des défenses côtières ou des véhicules blindés, notamment en soutien d’un débarquement de petites unités ou de forces spéciales. De là, il est aussi apparu que le MMP pouvait constituer un intérêt certain pour, dans le même temps, permettre de renforcer l’autoprotection de certains bâtiments de surface contre des menaces asymétriques.

Sur semi-rigide, le MMP peut être embarqué sous forme de poste de tir simple. Mais MBDA a aussi développé pour les bateaux plus gros une tourelle stabilisée comprenant quatre missiles prêts à l’emploi. Ceux-ci sont abrité dans des lanceurs conteneurisés afin d’être protégés contre l’environnement marin. La tourelle pourra être commandée depuis une console dédiée ou via une console multifonction dans le CO ou la passerelle du navire porteur.

 

Lanceur proposé par MBDA (© : MBDA)

Lanceur proposé par MBDA (© : MBDA)

 

Pour des questions budgétaires, la Marine nationale ne devrait pas s’orienter vers cette option, préférant un système basique pouvant à l’instar d’une mitrailleuse manuelle être déployé facilement, avec un servant, lorsque les navires croisent dans des zones sensibles.

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