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La Marine nationale veut doter ses futurs patrouilleurs hauturiers d’un sonar
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La Marine nationale veut doter ses futurs patrouilleurs hauturiers d’un sonar

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A l’instar des anciens avisos du type A69 qu’ils vont remplacer, les futurs patrouilleurs océaniques français devraient être équipés d’un sonar de coque. La menace sous-marine, qui ne fait que s’accroître depuis plusieurs années, pousse en effet la Marine nationale à vouloir conserver cette capacité sur ses futurs patrouilleurs. Cela, bien que le nombre de frégates taillées pour la lutte anti-sous-marine va croître avec, en plus des huit FREMM remplaçant les F70, les cinq FDI qui succèderont aux La Fayette (FREMM et FDI sont ou seront notamment équipées du sonar remorqué à immersion variable Captas-4). Les patrouilleurs doivent comme c’est le cas aujourd’hui intervenir de manière complémentaire aux frégates, avec des moyens certes moins lourds mais contribuant à élargir les capacités de détection et le nombre d’ « acteurs » impliqués dans la chasse au sous-marin adverse ou chargés de l’empêcher d’approcher d’une zone sensible. Des moyens complétés par les aéronefs, avions de patrouille maritime et hélicoptères gréés pour la lutte sous la mer. Et plus généralement, l’intégration d’un sonar sur ces bâtiments leur permettra, à chaque navigation, de pouvoir contribuer à la surveillance sous la surface de l’eau et au recueil de renseignements acoustiques.

Quant au système qui devrait être embarqué par les futurs patrouilleurs, Mer et Marine a appris de sources militaires que le sonar envisagé est le BlueWatcher de Thales, expérimenté depuis 2017 sur la frégate Surcouf. Un équipement développé sur la base du sonar trempé FLASH mis en oeuvre par les hélicoptères Caïman Marine. 

 

Le sonar de coque BlueWatcher (© THALES)

Le sonar de coque BlueWatcher (© THALES)

 

Pour mémoire, dix nouveaux patrouilleurs hauturiers doivent être commandés afin de succéder aux neuf patrouilleurs de haute mer (PHM, ex-avisos), dont il ne restera plus fin 2020 que six exemplaires opérationnels : Premier-maître L’Her, Commandant Blaison et Enseigne de Vaisseau Jacoubet (qui remontera cet été de Toulon) basés à Brest ; Commandant Ducuing, Commandant Birot et Commandant Bouan basés à Toulon. Pour mémoire ont été désarmés en 2018 les Lieutenant de Vaisseau Lavallée et Commandant L’Herminier, puis ce sera le tour cette année du Lieutenant de Vaisseau Le Hénaff. Entrées en flotte entre 1981 et 1984, les unités restantes prendront leur retraite entre 2023 et 2028. Le nouveau programme vise, dans le même temps, à remplacer ensuite les trois patrouilleurs de service public (PSP) basés à Cherbourg, les Flamant, Cormoran et Pluvier, plus récents puisqu’opérationnels depuis 1997.

Appelés Patrouilleurs Océaniques (PO) ou Patrouilleurs Hauturiers Métropole (PHM), les futurs bâtiments n’ont pas encore été commandés et on ne connait donc pas encore leurs caractéristiques techniques précises ni leur design. Le marché devrait être notifié entre 2021 et 2022, afin d’être en ligne avec les objectifs de la loi de programmation militaire, qui prévoit une livraison des deux premiers PO en 2024/2025.

Ces nouveaux bâtiments d’environ 90 mètres et 1500 tonnes de déplacement seront équipés d’un canon de moyen calibre (normalement un 40mm RapidFire), de l’artillerie légère et des semi-rigides d’intervention. Ils pourront accueillir un hélicoptère et mettre en oeuvre un système de drone SDAM (ou SMDM).

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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